Conversions : politique ou religion ?

 

En Israël, le thème des conversions fait régulièrement la Une de la presse locale. Des rabbins annulent les conversions d’autres rabbins, des députés proposent des lois visant à alléger le processus de ou, au contraire, à le rendre plus strict et sélectif.

Évidemment, les maux qui frappent Israël n’épargnent pas les juifs de la Diaspora et le débat sur les conversions est aussi bien présent en France et dans le reste du monde. On critique généralement un processus beaucoup trop long et théorique ainsi qu’un manque de chaleur de la part des communautés.

Dans beaucoup de communautés juives de France ainsi que dans la plupart des communautés ultra-orthodoxes, le converti est regardé d’un mauvais œil. On le suspect de s’être converti pour épouser un(e) tel(le) ou pour une multitude d’autres raisons qui prouveraient le manque de motivation du candidat.

Au niveau de l’actualité, le cas le plus explosif des dernières années est sans doute celui de l’annulation des conversions. Dans une première partie, j’exposerai les récents faits, dans une seconde partie je me contenterai d’un rapide exposé halakhique et dans une troisième partie je m’intéresserai aux véritables motivations de certains rabbins.

I) les faits

https://i0.wp.com/lh5.ggpht.com/_qiWKiNDhPTU/S2VO6KZLjuI/AAAAAAAA4tU/90tBUAxUXA4/F081129MF01.JPG?resize=190%2C286En Mai 2008, un tribunal rabbinique local, sous la présidence du Rav Avraham Sherman, est appelé à trancher dans une affaire de divorce. L’épouse a été convertie quelques années plutôt par le Rav Hayim Druckman, qui présidait la cour de conversion du rabbinat israélien depuis une décennie.

Interrogeant l’épouse sur son niveau de pratique ainsi que sur sa conversion, le Rav Sherman décide que celle-ci n’a point besoin de guetpuisque sa conversion n’est pas valable et que son mariage religieux n’a aucune valeur. De plus, le Rav Sherman et ses collègues décident d’invalider toutes les conversions faites par le Rav Druckman depuis 1999 (on parle ici de milliers de conversions) ! Le tout sans prendre conseil auprès du Grand Rabbin d’Israël, président de tous les tribunaux rabbiniques de l’état. Leur argument : le Rav Druckman est un dayan (juge) hérétique, puisqu’il converti de façon interdite, et donc invalide.

Rav Druckman

Cette histoire fit un scandale monumental en Israël et une grande partie du publique considéra que la raison principale de l’annulation des conversions du Rav Sherman était plus idéologique que religieuse, le Rav Sherman étant haredi(ultra-orthodoxe) tandis que le Rav Druckman est un sioniste-religieux.

On peut également imaginé le traumatisme des convertis et de leurs proches, souvent marié(e)s et pères/mères de famille, dont le statut religieux est mis en cause si brutalement et sans vérification.

Après un long débat très mouvementé, le Grand Rabbin d’Israël, Rav Shlomo Amar, trancha en faveur du Rav Druckman et se mit à dos le public ultra-orthodoxe.

Depuis, le débat n’a de cesse : peut-on annuler une conversion ? Quelles sont les conversions « légitimes » ? Qui reconnaît telle ou telle conversion ?

II) Ce qu’en dit la Loi

Disons le clairement, suspecter un converti, c’est transgresser un commandement positif : et vous aimerez l’étranger (le converti), car étranger vous étiez en terre d’Egypte (Deut. 10,19). Maimonide fait d’ailleurs remarquer que la Torah nous ordonne de respecter ses parents, non pas de les aimer, mais pour le converti elle va plus loin !

On pourrait discuter des heures entières des critères faisant du converti un « bon » converti, les autorités rabbiniques médiévales et contemporaines sont loin de faire l’unanimité sur la question.

Par exemple, de nombreuses autorités, à commencer par Maimonide considèrent qu’une conversion intéressée (en vue de mariage, par exemple) est une conversion valide, bien que suspecte (Hilkhot Issouré Biya, 13,14 cf. également responsa 132). En se basant sur cette avis, le Rav Yossef Messas va même jusqu’à considérer que la conversion d’un conjoint non-juif pourrait entrainer le renforcement du conjoint juif (shout mayim hayim, y »d, 108,1). D’autres autorités, comme le Rav Moché Fenstein (iguerot moshé, y »d III, 106, rejette cet avis. Le débat n’a d’ailleurs rien de nouveau et puise sa source dans le Talmud de Jérusalem :

המתגייר לשם אהבה וכן איש מפני אישה וכן אישה מפני איש וכן גירי שולחן מלכים וכן גירי אריות וכן גירי מרדכי ואסתר אין מקבלין אותן. רב אמר: « הלכה – גרים הן, ואין דוחין אותן כדרך שדוחין את

הגרים תחילה, אבל מקבלין אותן וצריכין קירוב פנים שמא גיירו לשם

Celui qui se convertit par amour d’une autre personne ou pour être proche du roi, ou par crainte ainsi que les convertis de l’époque de Mardoché et Esther, ils ne sont pas acceptés. Rav dit : « La loi est : ils sont convertis et on ne cherche pas à les dissuader, comme on dissuade les autres candidats. On les accepte et se rapproche d’eux afin qu’ils ne retournent pas à leurs anciennes habitudes ».

 

(T.J, Kidushin 65)

Comme le dit l’Ecclésiaste, rien de nouveau sous le soleil !

Selon le premier avis, le candidat motivé par un intérêt extérieur ne serait être accepté alors que selon Rav il est non seulement accepté mais sa conversion est également facilité. Un débat deux fois millénaire…

Une autre des grandes questions de ce débat brulant est : un converti ne prenant pas complètement sur lui le joug des mitsvot est-il considéré comme juif ?

Le Talmud (Bekhorot 30b) statue de façon claire que « le non-juif venant accepter la Torah à l’exception d’un commandement – on ne l’accepte pas ». Cependant, la guemara ne statue pas quel est la loi à l’égard de celui qui s’est converti dans l’ignorance de certaines lois et qui par la suite refuse de les accepter. Maimonide et le Shoulhan Aroukh (y »d268, 2) statuent tout deux qu’on apprend au candidat à la conversion « les bases de la foi ainsi que quelques lois difficiles et quelques lois faciles […] et on n’en fait pas trop, et on ne rentre pas dans les détails ».

Selon ces autorités majeures, cela suffit totalement à faire du candidat un juif, peut importe ce qu’il se passera par la suite. Suivant cet avis, le Rav Ouziel, premier grand rabbin séfarade d’Israël, considère qu’un converti peu vigilant dans la pratique des mitsvot est tout de même juif.

[Je me permet une parenthèse pour souligner que même l’affirmation précitée du Talmud, selon laquelle « le non-juif venant accepter la Torah à l’exception d’un commandement – on ne l’accepte pas », prête à débat. Ainsi, le Vaad Haalakhadu mouvement Conservative considère que cette phrase n’est point une affirmation mais une interrogation : « le non-juif venant accepter la Torah à l’exception d’un commandement – ne l’accepterons-nous pas ?! » (cf. le lienhttp://www.responsafortoday.com/engsums/3_5.htm ).A mon sens, cet avis tient très mal dans le texte et frise la malhonnêteté intellectuelle.]

Au vu de ce que nous venons de ramener, il semble donc que nul ne peut affirmer détenir la vérité absolue puisque le sujet fait débat depuis la nuit des temps.

Soulignons tout de même qu’on ne peut annuler une conversion. Un converti reste juif pour l’éternité, quelles que soit ses opinions religieuses. Pour pouvoir invalider les conversions, le Rav Sherman à disqualifier Druckman. Par cette habile manœuvre, il rendait le rabbin inapte à convertir et ses conversions étaient donc nul dès leurs commencement.

III)

Comme je l’ai expliqué plus haut, le plus choquant dans cette affaire semble être le mélange mortel d’ et idéologie. Ainsi, le camp haredi a soutenu Sherman sans équivoque tandis que le camp sioniste religieux s’est placé du coté de Druckman. Tous les rabbins sionistes religieux clament haut et fort qu’on ne peut annuler une conversion tandis que les rabbins haredi soutiennent le contraire.

Et pourtant… En 1972, un frère et une sœur se présentèrent devant les tribunaux rabbiniques israélien afin d’annuler leur titre de mamzerim (enfants nés de l’union d’une femme mariée et d’un amant, ils ne peuvent se marier qu’avec d’autresmamzerim). Le Rav Goren, à cette époque grand rabbin d’Israël, prend le cas en main et annule leur mamzerout. Pour cela, il prouve que le mari légitime de leur mère n’était pas marié avec elle puisqu’il s’agissait d’un converti ne pratiquant rien et ne connaissant rien. Ainsi, la mère des enfants n’était pas mariée religieusement à cet homme et son union avec un second homme n’avait rien d’interdit.

Cette affaire fit un scandale monstrueux et déchira le public religieux. Le Rav Elyashiv démissionna de son poste de dayan afin de ne plus être sous l’autorité du Rav Goren. Les rabbins haredis accusèrent le Rav Goren de blasphème en argumentant qu’on ne peut annuler une conversion tandis que la plupart des rabbins sionistes religieux se rangèrent du coté du Rav Goren (à quelques exceptions prêt).

35 ans plus tard, le scandale ressurgit, à l’envers ! Mais ou sont donc toutes ses voix du public haredi qui clamèrent qu’on ne peut annuler les conversions ? Ou sont les disciples du Rav Goren qui pensaient qu’une telle annulation était possible ?

On peut évidemment trouver des différences entre les cas et il ne serait pas impossible de soutenir que l’annulation du Rav Goren était légitime tandis que celle du Rav Sherman ne l’était pas (ou l’inverse), mais un brin d’honnêteté intellectuelle devrait pousser les deux partis à regarder en arrière et à s’interroger sur la légitimité d’une telle manœuvre.

Malheureusement, comme l’écrivais récemment un journaliste de Yediot Aharonot,l’israélien à tendance à oublier que le judaïsme est une religion et non un parti politique.

Le politique cherche à détruire le parti adverse, coute que coute, alors que le religieux devrait être troublé par tous les interdits oubliés dans cette histoire : l’amour du prochain, l’interdit de faire honte en public, l’interdit d’annuler les décisions d’un autre tribunal, le respect des sages et par dessus tout : l’amour du prosélyte.

Je conclue avec les mots du Rav Lichtenstein shlit »a:

Combien de haine, d’animosité et de démonisation laisse transparaitre cet épouvantable verdict (du Rav Sherman). Le comité des conversions (Rav Druckman et ses collègues) est composé de craignant-Dieu, d’érudits et de juges qui se sont dévoués corps et âmes pour la Torah. Aucun ne peut les écarter négligemment et les jeter à la rue ! Un point doit être clair : Il ne faut pas tolérer ce genre d’attitude. Ou a t-on vu que quelqu’un se basant sur l’opinion minoritaire est un hérétique ?! Malheur aux oreilles qui entendent de telles choses et malheur à la cour qui s’est exprimée de la sorte !

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19 thoughts on “Conversions : politique ou religion ?

  1. bonjour
    j’ai lu votre article sur les conversions en israel qui est très intéressant
    je suis juste étonnée par la façon dont le rabbin sherman a décidé d’annuler toutes les conversions du rabbin druckman !
    Si j’ai bien compris , c’est parti de l’histoire d’un couple qui divorçait
    la femme ne respectait plus toutes les mitsvots ?
    juste à cause d’une femme qui ne respecte pas toutes les mitsvots il décide d’annuler toutes les autres conversions ?
    Un rabbin ne peut pas se tromper ?
    Comment peux t’on être sûre qu’une personne va respecter toutes les mitsvots ?

    Est ce le cas pour tous les autres divorces en israel ?
    Chaque fois qu’un converti divorce de son conjoint et s’il ne respecte pas tous les mitsvots , le rabbin sherman décide t’il aussi d’annuler les conversions d’un autre rabbin ?

    Et ce rabbin sherman est t’il aussi blanc comme neige ?
    Que se passerait t’il si on découvrait que parmis les personnes qu’il a converti certaines ne respectent plus les mitsvots , va t’on aussi annuler toutes ses conversions ?

    dans ce cas il y a pas de mal de juifs qui peuvent trembler !!!!

    c’est très étonnant , surprenant !

  2. les décisions du rav haredi sont aussi très simplistes !

    mais cela devient de plus en plus dur pour un rabbin de prendre la décision d’accepter de convertir une personne !
    Si en plus on peut facilement la discréditer ………….

  3. J’ai bien aime ce post.

    La question plus generale qui en ressort, celle du rapport entre la religion et la politique en Israel, est reellement un des problemes les plus serieux que nous ayons a notre epoque. Ni l’une ni
    l’autre n’en ressortent grandies …

  4. En lisant votre réponse à mon commentaire , je suis donc encore plus interloquée.
    Est ce donc principalement des problèmes de politiques qui ont amené ce rabbin haredi à prendre une tel décision ?
    A t’il argumenté ?
    Si je comprends bien il se base pas sur la halakha alors …………..

  5. Ces affaires autour d’annulations de conversions révèlent plusieus points importants.

    Premier point, pour paraphraser une chanson bien connue « reprendre c’est voler ». Comment peut-on annuler desz conversions et infliger des souffrances morales à des centaines de personnes dont leurs
    enfants nés entre temps? Cette attitude n’est humainement pas correcte.

    Second point, cet article et ce qu’il soulève renvoit à un problème plus global. Quelle « politique » mener vis à vis des conversions, notamment celles issus des mariages dits « mixtesé? Comment
    donner envie aux enfants issus d’une mère non juive de se convertir. Et là, force est de constater que le mépris, au mieux l’indifférence, dont sont l’objet ces enfants est révoltant à mes yeux. A
    ne pas avoir su les entrainer vers et avec nous, voilà comment on perd des « juifs de coeur » dont à terme leurs enfants et petits-enfants n’auront plus d’identité juive. Lorsqu’un juif se fait
    agresser par un antisémite on ne lui demande pas si sa mère est juive que je sache? Lorsqu’un juif vibre corps et âme pour Israël et pour le peuple juif lorsqu’il est attaqué, va t-on lui demander
    si sa mère est juive auquel cas il n’aurait pas le droit de se sentir juif?

    Donc, la Halakha étant ce qu’elle est, c’est aux communautés religieuses de se rendre plus attractives et chaleureuses vis-à-vis de ces personnes et de les ramener vers une conversion (je serais
    tentée de parler de confirmation pour les enfants issus de mariages mixtes élévés dans une identité juive).

    Ensuite, on évoque dans l’article des conversions annulées en raison d’un manque de pratique de Mitzvot. Je ne savais pas que le juif moyen suit toutes les Mitzvot c’est une nouvelle information!
    (ironique bien sûr).

    N’affirme t-on dans la pensée juive que plus on fait plus on comprend et plus on aura envie de faire? Pour une personne convertie, pourquoi ne pas lui donner le temps afin qu’elle poursuive son
    évolution personnelle dans la pratique des mitzvot? Pour donner un exemple personnel, en ce qui me concerne née de mère juive, j’ai fait mon premier Kippour à 25 ans, mon premier Chabbat à 27 et à
    33 ans suis chomret chabbat depuis 3 années. Alors en voyant toutes les années d’évolution interne et spitituelle que ça me prend, vraiment je ne comprends pas comment on peut demander à des
    convertis de tout pratiquer en un temps record?

    Par ailleurs, vu les problèmes d’assimilation, de mariages mixtes et descendances juives perdues, il me semble urgent d’adopter une vue globale, d’apprécier à sa juste mesure l’ampleur du problème
    et d’adopter une vision et des actions cohérentes et efficaces, non pas pour faire fuir des personnes souhaitant se convertir (de père juif ou d’aucun parents juifs), mais pour les intégrer parmi
    nous.

  6. Merci pour ces éclaircissements. Oui à l’occasion si vous avez des références précises sur l’attitude à adopter vis-à-vis de la conversion, ça serait un très intéressant éclairage sur ce point
    fondamental. Repenser ce point de façon cohérente et avec une vue sur le long terme permettrait par ricochet de trouver des solutions pour bon nombres d’enfants issus de mariages mixtes. Le Grand
    Rabbin de France a évoqué sans détours tous ces problèmes lors de la dernière convention du Crif.

    Shabbat Shalom à l’administrateur ainsi qu’à tous les lecteurs.

  7. Bonjour,

    Je suis Juif pratiquant depuis ma conversion au Rabbinat de Jerusalem il y a 21 ans. Un sujet me preoccupe: le postulat suivant lequel la majorite des convertis ne respecteraient pas les mitsvot.
    Ce postulat ne correspond pas a ma connaissance de dizaines de convertis, ressort frequemment comme un fait avere, y compris dans la bouche de gens de valeurs, mais des qu on demande des sources,
    on debouche sur le neant. Et il sert de base a bien des articles, hostiles ou favorables aux gerim. Ce n est pas ce que vous ecrivez, mais comme vous vous interessez au sujet, je suis curieux de
    savoir si vous avez eu acces a des statistiques scientifiques, fiables, sur la non pratique des mitsvot par la majorite des convertis (pour ce qui est quantifiable: Chabbat, Cacherout, Fetes,
    Synagogue, ecole des enfants…). J espere que de telles statistiques existent, car sinon le Motsi Chem Ra general sur le Tsibur des gerim est abominable. Merci, Cordial Shalom,
    Yaakov ben Avraham Avinu

  8. Je réagis à votre dernière ligne Gabriel : vous écrivez « les guerim sont juifs à 100% et c’est irrébersible »…

    Et pourtant …
    Lors du passage au mikvé le converti (ou la convertie) lit un contrat où il/elle s’engage à respecter toutes les mitsvot et plus particulièrement le Shabbos, la Kasherous, les yamim tovim, la nidda
    et l’étude de la Torah.
    Et plus loin dans cette déclaration il est écrit que s’il s’avère que le/la converti(e) ne respecte pas les commandements (notamment les cinq précités) alors la conversion pourra être révisée et
    annulée par le Beit Din.
    (je le sais je suis une convertie et j’en suis fière !)

    Esther bat Avraham Avinou

  9. bonjour
    j’ai lu votre article sur les conversions en israel qui est très intéressant
    je suis juste étonnée par la façon dont le rabbin sherman a décidé d’annuler toutes les conversions du rabbin druckman !
    Si j’ai bien compris , c’est parti de l’histoire d’un couple qui divorçait
    la femme ne respectait plus toutes les mitsvots ?
    juste à cause d’une femme qui ne respecte pas toutes les mitsvots il décide d’annuler toutes les autres conversions ?
    Un rabbin ne peut pas se tromper ?
    Comment peux t’on être sûre qu’une personne va respecter toutes les mitsvots ?

    Est ce le cas pour tous les autres divorces en israel ?
    Chaque fois qu’un converti divorce de son conjoint et s’il ne respecte pas tous les mitsvots , le rabbin sherman décide t’il aussi d’annuler les conversions d’un autre rabbin ?

    Et ce rabbin sherman est t’il aussi blanc comme neige ?
    Que se passerait t’il si on découvrait que parmis les personnes qu’il a converti certaines ne respectent plus les mitsvots , va t’on aussi annuler toutes ses conversions ?

    dans ce cas il y a pas de mal de juifs qui peuvent trembler !!!!

    c’est très étonnant , surprenant !

  10. les décisions du rav haredi sont aussi très simplistes !

    mais cela devient de plus en plus dur pour un rabbin de prendre la décision d’accepter de convertir une personne !
    Si en plus on peut facilement la discréditer ………….

  11. J’ai bien aime ce post.

    La question plus generale qui en ressort, celle du rapport entre la religion et la politique en Israel, est reellement un des problemes les plus serieux que nous ayons a notre epoque. Ni l’une ni
    l’autre n’en ressortent grandies …

  12. En lisant votre réponse à mon commentaire , je suis donc encore plus interloquée.
    Est ce donc principalement des problèmes de politiques qui ont amené ce rabbin haredi à prendre une tel décision ?
    A t’il argumenté ?
    Si je comprends bien il se base pas sur la halakha alors …………..

  13. Ces affaires autour d’annulations de conversions révèlent plusieus points importants.

    Premier point, pour paraphraser une chanson bien connue « reprendre c’est voler ». Comment peut-on annuler desz conversions et infliger des souffrances morales à des centaines de personnes dont leurs
    enfants nés entre temps? Cette attitude n’est humainement pas correcte.

    Second point, cet article et ce qu’il soulève renvoit à un problème plus global. Quelle « politique » mener vis à vis des conversions, notamment celles issus des mariages dits « mixtesé? Comment
    donner envie aux enfants issus d’une mère non juive de se convertir. Et là, force est de constater que le mépris, au mieux l’indifférence, dont sont l’objet ces enfants est révoltant à mes yeux. A
    ne pas avoir su les entrainer vers et avec nous, voilà comment on perd des « juifs de coeur » dont à terme leurs enfants et petits-enfants n’auront plus d’identité juive. Lorsqu’un juif se fait
    agresser par un antisémite on ne lui demande pas si sa mère est juive que je sache? Lorsqu’un juif vibre corps et âme pour Israël et pour le peuple juif lorsqu’il est attaqué, va t-on lui demander
    si sa mère est juive auquel cas il n’aurait pas le droit de se sentir juif?

    Donc, la Halakha étant ce qu’elle est, c’est aux communautés religieuses de se rendre plus attractives et chaleureuses vis-à-vis de ces personnes et de les ramener vers une conversion (je serais
    tentée de parler de confirmation pour les enfants issus de mariages mixtes élévés dans une identité juive).

    Ensuite, on évoque dans l’article des conversions annulées en raison d’un manque de pratique de Mitzvot. Je ne savais pas que le juif moyen suit toutes les Mitzvot c’est une nouvelle information!
    (ironique bien sûr).

    N’affirme t-on dans la pensée juive que plus on fait plus on comprend et plus on aura envie de faire? Pour une personne convertie, pourquoi ne pas lui donner le temps afin qu’elle poursuive son
    évolution personnelle dans la pratique des mitzvot? Pour donner un exemple personnel, en ce qui me concerne née de mère juive, j’ai fait mon premier Kippour à 25 ans, mon premier Chabbat à 27 et à
    33 ans suis chomret chabbat depuis 3 années. Alors en voyant toutes les années d’évolution interne et spitituelle que ça me prend, vraiment je ne comprends pas comment on peut demander à des
    convertis de tout pratiquer en un temps record?

    Par ailleurs, vu les problèmes d’assimilation, de mariages mixtes et descendances juives perdues, il me semble urgent d’adopter une vue globale, d’apprécier à sa juste mesure l’ampleur du problème
    et d’adopter une vision et des actions cohérentes et efficaces, non pas pour faire fuir des personnes souhaitant se convertir (de père juif ou d’aucun parents juifs), mais pour les intégrer parmi
    nous.

  14. Merci pour ces éclaircissements. Oui à l’occasion si vous avez des références précises sur l’attitude à adopter vis-à-vis de la conversion, ça serait un très intéressant éclairage sur ce point
    fondamental. Repenser ce point de façon cohérente et avec une vue sur le long terme permettrait par ricochet de trouver des solutions pour bon nombres d’enfants issus de mariages mixtes. Le Grand
    Rabbin de France a évoqué sans détours tous ces problèmes lors de la dernière convention du Crif.

    Shabbat Shalom à l’administrateur ainsi qu’à tous les lecteurs.

  15. Bonjour,

    Je suis Juif pratiquant depuis ma conversion au Rabbinat de Jerusalem il y a 21 ans. Un sujet me preoccupe: le postulat suivant lequel la majorite des convertis ne respecteraient pas les mitsvot.
    Ce postulat ne correspond pas a ma connaissance de dizaines de convertis, ressort frequemment comme un fait avere, y compris dans la bouche de gens de valeurs, mais des qu on demande des sources,
    on debouche sur le neant. Et il sert de base a bien des articles, hostiles ou favorables aux gerim. Ce n est pas ce que vous ecrivez, mais comme vous vous interessez au sujet, je suis curieux de
    savoir si vous avez eu acces a des statistiques scientifiques, fiables, sur la non pratique des mitsvot par la majorite des convertis (pour ce qui est quantifiable: Chabbat, Cacherout, Fetes,
    Synagogue, ecole des enfants…). J espere que de telles statistiques existent, car sinon le Motsi Chem Ra general sur le Tsibur des gerim est abominable. Merci, Cordial Shalom,
    Yaakov ben Avraham Avinu

  16. Je réagis à votre dernière ligne Gabriel : vous écrivez « les guerim sont juifs à 100% et c’est irrébersible »…

    Et pourtant …
    Lors du passage au mikvé le converti (ou la convertie) lit un contrat où il/elle s’engage à respecter toutes les mitsvot et plus particulièrement le Shabbos, la Kasherous, les yamim tovim, la nidda
    et l’étude de la Torah.
    Et plus loin dans cette déclaration il est écrit que s’il s’avère que le/la converti(e) ne respecte pas les commandements (notamment les cinq précités) alors la conversion pourra être révisée et
    annulée par le Beit Din.
    (je le sais je suis une convertie et j’en suis fière !)

    Esther bat Avraham Avinou

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