Petit guide du mariage féministe orthodoxe

Introduction

Je n’ai pas l’habitude d’écrire des articles publics traitant de ma vie privée et c’est pour cela que dans cet article, l’accent sera mis sur le contenu et non sur les personnes. Cependant, l’un des adages du est « le personnel est politique ». Autrement dit, même un évènement se produisant dans la sphère privée a une influence à l’échelle collective. A fortiori quand il s’agit d’un , évènement « politique » par excellence. C’est donc d’un commun accord avec Chen (lisez ‘Hen, חן), ma chère moitié, que nous avons décidé de rendre public et d’expliquer les changements que nous avons fait lors de la cérémonie de notre . Ce billet se veut être une invitation à une réflexion renouvelée sur le sens du juif et sur les possibilités halakhiques et/ou symboliques pour un plus égalitaire qui respecte cependant l’esprit et la lettre du juif.

Mais tout d’abord, pourquoi changer ?

Après tout, le principe talmudique fixe que « Tout celui qui change est en position inférieure »[1], il est donc de notre devoir d’expliquer les raisons du changement. Ces raisons se séparent en deux catégories :

  1. Changer pour éviter des effets secondaires indésirables. L’exemple le plus marquant, sur lequel je reviendrai plus loin, est celui des agounot. Avec l’émancipation et la perte de l’autorité rabbinique sur les communautés, les moyens traditionnels ne suffisent plus à stopper l’effrayante inflation de femmes se voyant refuser le guet. Des changements prémaritaux pourraient nous permettre d’éviter des problèmes post-mariage.
  2. Changer pour adapter la cérémonie aux mœurs contemporaines. Ces changements sont moins importants que les précédents, mais malgré tout je pense qu’ils ne sont pas à négliger. Si la Torah ne change pas selon les époques et les désirs individuels, elle peut toutefois garder sa vitalité et son intérêt de génération en génération grâce à sa tradition dynamique qui permet un renouveau permanent. Ainsi, la majorité des coutumes se sont instaurées au cours des siècles et témoignent des besoins des époques différentes.

Voilà les principales motivations qui nous ont poussés à vouloir une cérémonie religieuse mais aussi significative et morale. Je rajoute encore une raison personnelle : ces dernières années, via le blog, j’ai été plusieurs fois contacté par des femmes ou hommes s’étant retrouvés pris au piège par leur mariage. Le summum fut bien sur l’année dernière, lors du fameux scandale du guet à Paris. Après avoir entendu de vive voix, le témoignage de la femme en question, je m’étais juré que mon mariage éviterait d’avance tout problème de ce genre ou ne serait pas.

La cérémonie et ses innovations possibles

Avant le mariage

Trouver le bon rabbin. Ce n’est pas toujours chose facile car tout rabbin n’accepte pas forcément tout changement, même si ce dernier est autorisé. Inversement, un rabbin acceptant tous les changements n’est pas forcément le rabbin que vous souhaitez à votre mariage. Dans notre cas, nous voulions un rabbin orthodoxe, acceptant les changements que nous proposions et si possible séfarade. Nous avons eu la chance de connaître la personne idéale pour nous.

Signer un accord prénuptial

L’accord prénuptial est un contrat civil (et non religieux) qui impose des sanctions monétaires à l’un des époux si, en cas de demande de divorce, l’une des parties refuse de donner ou de recevoir le guet. Les accords prénuptiaux varient d’un pays à l’autre, selon la juridiction civile qui y est en place. Il faut signaler que les premiers accords prénuptiaux ont été mis en place par le Rav Shalom Messas au Maroc dans les années 1950. Des accords prénuptiaux sont aujourd’hui reconnus par le Grand Rabbinat d’Israël ainsi que par les principales organisations rabbiniques orthodoxes américaines (RCA, OU ou encore IRF).

Malgré tout, le conservatisme étant parfois plus fort que le bon sens, certains rabbins refusent encore le principe d’accords prénuptiaux. Le rabbinat français, par exemple, n’en fait jamais mention. Il est donc important de savoir que l’accord prénuptial (appelé contrat de mariage en droit civil français) étant un contrat civil, il peut être signé avant le mariage devant notaire. Autrement dit, si le rabbin ne se soucie pas vraiment du problème des femmes agounot, inutile de l’en informer.

Pourquoi le signer ? Tout simplement car si tout le monde le faisait, les cas de femmes en attente de guet seraient bien inférieurs.

Pour plus d’informations sur les accords pré-nuptiaux juifs, voir http://www.theprenup.org/.

La Houppa

La Ketouba : C’est le contrat instauré par les sages et par lequel le mari s’engage à pourvoir aux besoins de son épouse et à payer une somme importante en cas de divorce. Certains rajoutent un engagement de la part de la femme également, nous avons préféré l’écrire dans les règles de la tradition marocaine.

Les témoins : Les témoins sont ceux qui rendent le mariage valide. Ils doivent donc répondre impérativement aux règles fixés par la . Par contre, rien n’oblige à ce que les témoins soient choisis uniquement par le mari. Dans notre cas, nous avons choisi chacun un témoin, le mien fut mon ami et co-auteur de ce blog, Emmanuel Bloch, qui me fit l’honneur de répondre positivement à cette invitation (et de venir avec toute sa famille des États-Unis jusqu’en Israël !).

Les témoins féminins : La tradition orthodoxe n’autorise que les témoins hommes. Mon épouse et moi-même souhaitions malgré tout avoir des témoins femmes. Nous avons donc décidé d’écrire tout simplement deux Ketoubot, l’une signée par des femmes et l’autre par des hommes. D’un point de vue orthodoxe, seule la ketouba masculine possède une validité halakhique et la seconde ketouba ne rajoute ou n’enlève rien. Certains trouveront donc cette double ketouba inutile, ce à quoi je répondrai que la symbolique n’est pas à négliger et qu’elle peut, elle aussi, apporter un changement bénéfique. Quoi qu’il en soit, à nos yeux, nos ami(e)s étaient tous et toutes nos témoins.

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Noémie Benchimol signe notre Ketouba. (Crédit photo: Hila Shiloni)

Le « tnay bekidoushin » : C’était, à mes yeux, le changement le plus important. Le tnay est tout simplement une condition rajoutée au mariage. Le mariage se fait « à condition » de respecter les clauses mentionnées et ce mariage peut être annulé si les clauses ne sont pas respectées.

Le tnay est clairement un élément polémique au sein de l’orthodoxie. Pour résumer dans les grandes lignes, la quasi-totalité des décisionnaires ashkénazes s’y sont opposés alors qu’une grande partie des décisionnaires séfarades l’ont soutenu (c’est au début du 20e siècle que le débat sur le tnay prend de l’ampleur). Mais le tnay est la seule solution respectant à la fois la halakha et la morale basique. Avec un tnay, il est impossible de laisser une femme agouna. C’était un point essentiel pour nous deux.

Sous conseil rabbinique, nous avons choisi le tnay nous paraissant le plus efficace. Ce tnay a été rédigé par le Rav Noam Zohar et prévoit l’annulation du mariage en cas d’abandon, de disparation, de folie, etc.

Le tnay est disponible en ligne ici (p. 28).

 

Notre tnay en ligne. 

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Emmanuel Bloch signe le « tnay » avant de signer la Ketouba. (crédit photo: Hila Shiloni)

 

La remise des bagues. La bague que l’homme donne à sa femme signe l’acte de kinyan qui rend la femme interdite à tout homme autre que son époux. Le tnay précité permet d’éviter que cet acte à sens unique ne se retourne tragiquement contre la femme.

Cependant, ma femme souhaitait elle aussi me remettre une bague pour signifier la réciprocité de notre union. Cette bague n’ayant pas valeur de kinyan, on peut donc la remettre en l’accompagnant d’une phrase symbolique ou d’un verset. Les grands classiques sont généralement les versets tirés du Cantique des Cantiques :

  • אני לדודי ודודי לי, « Je suis à mon amant et mon amant est mien » (CdC 6 :3)
  • שמני כחותם על ליבך, כחותם על זרועך, «Mets moi comme un sceau sur ton cœur, comme une marque sur ton bras » (CdC 8 :6)

Dans notre cas, nous avons choisi les vers d’un poème du Yaavetz (R. Yaakov Abensour, Fès, 18e siècle) :

בּוֹא יָבוֹא נָא יְדִיד נַפְשִׁי    יָנוּחַ יִשְׁקוֹט בִּמְעוֹנִי

 עוֹד יִלָּוֶה אֵלַי אִישִׁי        חוֹתָם עַל לֵב יְשִׂימֵנִי

שְׂמֹאלוֹ תַחַת לְרֹאשִׁי      וִימִינוֹ תְּחַבְּקֵנִי

Qu’il vienne l’amant de mon âme,  Se reposer dans ma demeure

Mon époux m’accompagnera         Me placera comme un sceau sur son cœur

Sa gauche contre ma tête               Et sa droite m’étreignant.

  • Shééhiyanou. Après la remise des bagues, il est d’usage que le marié s’enveloppe d’un nouveau Talit et récite la bénédiction de shé-éhiyanou. Cette bénédiction doit être récitée pour tout évènement heureux comme l’acquisition d’un nouvel habit ou la vue d’une personne chère après une absence de plus de un mois.[2] Par conséquent, la mariée est forcément obligée de la réciter à un moment ou un autre, pour ses habits neufs et ses proches venus la réjouir. Rien n’empêche les deux mariés de réciter la bénédiction tour à tour ou ensemble sous la Houppa (nous avons opté pour cette deuxième option).
  • La lecture de la Ketouba, qui décrit les engagements de l’époux envers sa femme, n’est pas obligatoire. La coutume séfarade est de la lire dans son intégralité alors que beaucoup d’ashkénazes sautent certains passages et la traduisent parfois en hébreu moderne (au lieu de l’araméen). Quoi qu’il en soit, une femme peut la lire sans souci. Certains couples signant un accord prénuptial profitent de ce moment-là pour mentionner l’accord et encourager ainsi l’assistance à ne pas se marier sans accord. Nous avons préféré laisser l’honneur à mon cher grand-père.

Les sheva brachot. Les shiva brachot sont les sept bénédictions récitées à la fin de la Houppa, puis durant les sept jours qui suivent le mariage. Les opinions rabbiniques sont partagées en ce qui concerne la possibilité pour une femme de réciter une de ces bénédictions.

L’avis majoritaire aujourd’hui est qu’il est difficile d’autoriser la récitation des 6 premières bénédictions lors de la Houppa mais qu’il est plus facile d’autoriser la récitation de la dernière bénédiction. En ce qui concerne les bénédictions durant la semaine qui suit le mariage, je ne vois aucun argument sérieux l’interdisant, si ce n’est les rabbins y voyant un manque de « pudeur » (qui me semble ne pas être un argument ayant du poids pour des gens ne voyant pas un manque de pudeur à manger à une table mixte).

Cependant, le fait étant peu habituel en France nous avons eu l’idée de rajouter six prières personnelles, inspirées des sources juives, qui ont été récitées par nos mères et grand-mères.

Voir plus bas pour le détail des prières rajoutées.

  • Le verre pour Jérusalem. La coutume est de briser un verre à la fin de la Houppa, en rajoutant le verset « Si je t’oublie Jérusalem, que ma droite m’oublie. Que ma langue se colle à mon palais si je ne te mentionne pas, si je ne t’élève pas au-dessus de toutes mes joies ».

Cette coutume vient rappeler la destruction du Temple et l’impossibilité d’une joie parfaite en l’absence d’une Jérusalem céleste et terrestre reconstruite.

Notons premièrement que, comme il s’agit d’une coutume, les changements sont facilement autorisés. Le verre peut être cassé par les deux ou l’un des deux mariés (je déconseille toutefois de tenter de casser un verre avec des talons hauts…). De même, le verset peut être récité par le couple ou par l’un des deux mariés. Une variante qui commence à apparaitre consiste à séparer les rôles : la mariée récite le verset et le marié casse le verre.

Personnellement, j’étais dérangé par le manque de reconnaissance qu’exprime cette cérémonie pour la Jérusalem déjà reconstruite physiquement. Cependant, je voulais également exprimer le manque spirituel de la Jérusalem d’en bas. Nous avons donc eu l’idée de rajouter quelques versets tirés des prophéties de Yeshayahou, Le premier, comme remerciement pour le retour des exilés qui se déroule sous nos yeux et le second comme marque d’espoir en une totale reconstruction physique et spirituelle de Jérusalem. Nous les avons repartis entre nous ainsi :

La mariée : « Lève les yeux alentour et regarde : tous, ils se rassemblent et viennent vers toi. Par ma vie – oracle du Seigneur –, tous, ils seront comme une parure que tu revêtiras, autour de toi, comme la ceinture d’une jeune mariée » (Is. 49 :18).

Le marié : « Je rendrai tes juges tels que jadis, tes conseillers comme autrefois. Alors on t’appellera « Ville de justice », « Cité fidèle ».   (Is. 1 :26)

 « Si je t’oublie Jérusalem, que ma droite m’oublie. Que ma langue se colle à mon palais si je ne te mentionne pas, si je ne t’élève pas au-dessus de toutes mes joies »

 

 

Annexe : six prières féminines (rédigées par G. Abensour)

 

Première bénédiction

Cette première bénédiction se fonde sur un vers de R. Shlomo Ibn Gabriol (Espagne, 11e siècle) et remercie Dieu pour l’ensemble de la création.

הַשָּׁמַיִם מְסַפְּרִים כְּבוֹדוֹ, וְגַם הָאָרֶץ מָלְאָה חַסְדּוֹ, רְאוּ כִּי כָל אֵלֶּה עָשְׂתָה יָדוֹ, כִּי הוּא הַצּוּר תָמִים פָּעֳלוֹ (ר’ שלמה אבן גבירול). ברוך שחלק מכבודו לבשר ודם.

Les cieux comptent sa gloire, la terre est emplie de sa bonté. Voyez, tout cela il l’a fait, car il est le rocher et son action est parfaite (Ibn Gabriol). Béni soit celui qui a partagé sa gloire avec l’humain.

Deuxième bénédiction

Cette prière se fonde sur un poème de R. David Bouzaglo (20e siècle), appelant l’humain à œuvrer pour la paix.

נֵזֶר הַיְּצִירָה אֱנוֹשׁ נוֹצָר כְּמֶלֶךְ רַק לִבְנוֹת צִיָּה לִנְטֹעַ יְשִׁימוֹן, זֹאת עֲשׂוּ אֵפוֹא, קִרְאוּ לָכֶם שָׁלוֹם (ר’ דוד בוזגלו). ברוך אתה אדון השלום.

Couronne de la création, l’humain, créé tel un roi pour construire, faire fleurir la désolation. C’est donc pour cela qu’il faut réclamer la Paix. (R. David Bouzaglo). Béni soit le Seigneur de la Paix.

Troisième bénédiction

La troisième bénédiction se fonde sur une prière écrit par le Noam Elimele’h, l’un des grands maîtres de la Hassidout :

יהי רצון מלפניך שֶׁנִּרְאֶה כָּל אֶחָד מַעֲלַת חֲבֵרֵינוּ וְלא חֶסְרונָם, וְשֶׁנְּדַבֵּר כָּל אֶחָד אֶת חֲבֵרו בַּדֶּרֶךְ הַיָּשָׁר וְהָרָצוּי לְפָנֶיךָ, וּתְחַזֵּק הִתְקַשְּׁרוּתֵנוּ בְּאַהֲבָה אֵלֶיךָ, כַּאֲשֶׁר גָּלוּי וְיָדוּעַ לְפָנֶיךָ. שֶׁיְּהֵא הַכּל נַחַת רוּחַ אֵלֶיךָ. (תפילת רבי אלימלך מליז’נסק).

Qu’il soit ta volonté que nous puissions voir chacun les qualités de nos proches et non leurs manques. Que nous puissions parler de notre prochain d’une façon qui t’est droite, et puisse tu renforcer nos liens d’amour avec toi, comme tout est dévoilé de devant toi. Et que tout soit un apaisement envers toi.

Quatrième bénédiction

La quatrième prière se fonde sur la prophétie de Zacharie et sur un vers de R. Yaakov Abensour. Elle remercie Dieu pour le retour des exilés sur la terre d’Israël.

ברוך אתה האל הנאמן המקיים הבטחתו, ככתוב: עֹד יֵשְׁבוּ זְקֵנִים וּזְקֵנוֹת בִּרְחֹבוֹת יְרוּשָׁלָ‍ִם וְאִישׁ מִשְׁעַנְתּוֹ בְּיָדוֹ מֵרֹב יָמִים וּרְחֹבוֹת הָעִיר יִמָּלְאוּ יְלָדִים וִילָדוֹת מְשַׂחֲקִים בִּרְחֹבֹתֶיהָ (זכריה ח:ה). ישמח הר ציון בקיבוץ המוניו, ירונו יחדיו ברבי ששוניו. ברוך מנחם ציון ובונה ירושלים.

Béni sois tu Dieu de confiance, qui réalise sa promesse. Comme il est dit: « Il y aura de nouveau des vieillards et des femmes âgées assis sur les places de Jérusalem, chacun son bâton à la main, à cause du grand nombre de leurs jours. Les places de la ville seront remplies de jeunes garçons et de jeunes filles jouant sur ses places. » (Zacharie 8:5). Le Mont Sion se réjouira de la venue de ses foules, ils jubileront ensemble de nombreuses joies. Beni soit le consolateur de Sion et le constructeur de Jérusalem.

Cinquième bénédiction

La cinquième bénédiction se base sur vers de R. Yéhouda Halévy qui vante le miracle de l’amour.

הוֹמֶה לִבִּי עֵת אֶזְכְּרָה אַהְבָה מִקֶדֶם נוֹצְרָה, לָשׁוֹן לֹא תוּכַל סַפְּרָהּ, כִּיקֹד גֶּחָלִים בּוֹעֲרָה (ריה »ל). ברוך משמח  חתן וכלה.

Mon cœur bat lorsque je me souviens de l’amour, créé au commencement. La langue ne peut le conter car il brûle comme la braise (R. Yehouda Halevy). Béni soit celui qui réjouit le marié et la mariée.

Sixième bénédiction

La sixième bénédiction fut rédigée par Rav Amram Gaon (8e siècle) pour être récitée à la fin des traditionnelles « sheva brachot ». Elle élargit la joie des mariés à la sphère collective.

כהיום הזה בירושלים – ירבו שמחות בישראל, וינוסו אנחות מישראל, ירבו בשורות טובות בישראל, ירבו ישועות בישראל, ירבו נחמות בישראל. תרבה אהבה בישראל, תרבה ברכה בישראל, תרבה גילה בישראל, תרבה דיצה בישראל, ירבה הוד בישראל, ירבה ועד בישראל, ירבו זכות בישראל, ירבה חתן בישראל, ירבו ימים טובים בישראל, תרבה כלה בישראל. יצליחו חתן וכלה, ישמחו שניהם זה עם זה ויעלצו שניהם זה עם זה, ישמח חתן בכלה וכלה תשמח בחתן. ברוך אתה משמח חתן בכלה וכלה בחתן. (ברכה שמינית, מסידורו של רב עמרם גאון)

Comme en ce jour, à Jérusalem, que se multiplient les joies en Israël et les soulagements en Israël; que se multiplient les bonnes nouvelles en Israel, que se multiplient les délivrances en Israël; que se multiplient les consolations en Israël. que se multiplie l’amour en Israël; que se multiplie la bénédiction en Israël, que se multiplie la joie en Israël, que se multiplie l’allégresse en Israël. Que se multiplie la splendeur en Israël ; que se multiplie la réunion en Israël; que se multiplie le merite en Israël, que se multiplient les mariés en Israël, que se multiplient les jours de joie en Israël, que se multiplient les mariées en Israël. Qu’ils réussissent le marié et la mariée, qu’ils se réjouissent l’un avec l’autre, que le marié se réjouisse de son épouse et la mariée de son époux. Béni sois tu, qui réjouit le marié de son épouse et la mariée de son époux.

[1] Mishna Baba Metsia, 6 :2.

[2] Shoulkhan Aroukh O.H. 225 :10.

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13 thoughts on “Petit guide du mariage féministe orthodoxe

  1. Votre article me met les larmes aux yeux.
    Il fait si chaud au coeur de voir en vous cette torah de vie, qui m’invite à me rapprocher à nouveau de ce judaïsme dont je me suis éloignée faute d’y avoir trouvé ma place.
    Mazal tov aux mariés.

  2. Bonjour,

    Tout d’abord, merci beaucoup pour ce témoignage, très instructif.

    Si je comprends (sans forcément l’approuver) le désir de changement qui était le vôtre, et qui semble être celui de nombreuses personnes, dans le cadre d’une cérémonie de mariage, j’avoue être troublé par le fait que ce désir se concrétise par ce qui me semble être une recherche de symétrie quasi-absolue. Si une femme désire prendre une part plus active dans la cérémonie (à supposer qu’elle n’ait pas déjà une part active dans une cérémonie traditionnelle, ce qui reste à discuter), pourquoi cela doit-il se traduire par une imitation de ce que fait le ‘hatan (ketuba, témoins, bague,…) alors que, comme vous l’indiquez dans votre texte, ces ajouts sont purement symboliques ? Pourquoi ne pas privilégier des changements ou des ajouts qui diffèrent de ce que fait le ‘hatan ? L’un de vos témoins a a récemment publié sur Facebook un texte, basé sur le commentaire du Meï Hashiloa’h, soulignant que le mariage est précisément l’union de deux êtres fondamentalement différents; ne pensez-vous pas que la cérémonie de mariage devrait refléter cette différence, plutôt que de rechercher à tout prix « l’égalité » ?

    Merci d’avance pour votre réponse. ‘Hodesh tov, bessorot tovot !

    1. Bonjour Julien,

      Merci pour ce feedback. La question de la symétrie me parait très difficile à évaluer. Je commence par la fin: à mes yeux la cérémonie n’était pas symétrique. Premièrement, car malheureusement le rôle des femmes y reste symbolique; deuxièmement, car même les rajouts n’étaient pas, à nos yeux, une répétition mais une variante féminine. Par exemple, pour moi si ma femme m’avait dit הרי אתה מקודש לי alors il y aurait effectivement eu symétrie (chose que je trouve superflue, surtout que cette phrase n’a pas de sens). C’est bien pour ça que la phrase que ma femme a choisi était fort différente, tant par le contenu que dans la forme.
      Pareillement, si nous voulions que des femmes puissent aussi nous bénir, nous n’avons pas cherché à inviter précisément 7 femmes (comme les 7 brachot), le contenu des prières n’avait peu ou pas à voir avec les 7 brachot originelles, etc..

      Ceci étant dit, je comprends la question. La remise de bague peut apparaître comme une symétrie, pareil pour la double ketouba, etc…
      Mais dans ce cas, j’élargis la question: qu’est ce qui n’est pas une répétition ou un « calque » de l’attitude masculine ? Nous vivons dans des sociétés patriarcales, qu’elles soient juives ou non. La quasi-totalité des fonctions publiques, religieuses et sociales étaient jusqu’à il y a peu un territoire masculin privé. Alors où passe la limite qui sépare l’inclusion de la copie ?
      Par exemple, une femme qui prie 3 fois par jour (alors qu’elle en est dispensée et que les femmes ne l’ont traditionnellement pas fait) copie t’elle l’homme religieux ? Et si elle fait attention à prier à la synagogue 3 fois par jour ? Si elle choisit de porter les téfilines ?
      J’imagine qu’instinctivement, vous estimerez qu’une partie de ces pratiques est souhaitable et qu’une autre est négative. Mais où passe le fil qui sépare ces deux parties ?

      Pour ma part, je crois que ce fil invisible relève du point de vue subjectif de l’individu, influencé par son éducation, son milieu, etc.. Par conséquent, j’ai pour stratégie simple de ne pas décider moi même mais d’écouter les principales concernées. Sans surprise, chez elles aussi les avis divergent, mais au moins peuvent-elles décider seules ce qui leur convient ou ce qui est, à leur yeux, une pale copie des hommes.

      Kol touv

  3. Je recommande la lecture du livre de l’ancien Grand Rabbin de Nancy, Daniel DAHAN, désormais à Aix en Provence: Agounot  » les femmes entravées « , Problèmes et Solutions du Droit Matrimonial Hébrahique, livre préfacé par le regretté Raphaël DRAÏ et paru aux Presses Universitaires d’Aix en Provence.
    Dans ce livre, le G.R. DAHAN rappelle comment, au fil des siècles, différentes autorités rabbiniques ont tenté de trouver une solution pour dégager les Agounot de leur insupportable condition. L’essentiel de sa thèse porte sur le moyen préventif, à savoir une clause à insérer dans le contrat de mariage, la Ketoubah, qui permettrait ainsi d’éviter les abus ou les impasses auxquels ces femmes sont confrontées.
    Malheureusement, les tentatives ( entre autres ) des autorités juives de France, entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, pour mettre en pratique ces résolutions, n’aboutirent pas à cause de l’opposition farouche d’une grande partie du rabbinat d’Europe.
    Signalons toutefois qu’entre 1930 et 1962, la Communauté d’Alger a été la seule grande communauté orthodoxe à avoir mis en place le mariage à clause résolutoire afin de permettre à la femme d’être dispensée, si nécessaire, de yboum et de halitsa

    Alors, Agounot encore, mais pour combien de temps ?

  4. Je suis un juif français, croyant et pratiquant. Mon modèle, ce vers quoi je tends, est l’ultra orthodoxie.

    Ceci étant, je commencerais par dire que d’un point de vue morale laïque tout comme du point de vue de la halakha, le féminisme, et plus encore, le féminisme radical et radical pro-sex est une
    deviance !
    Je ne suis pas pour une évolution du mariage juif, il est ce qu’il est du point de vue de la halakha et la halakha est la Volonté de Hachem, point barre.
    Les Pirké Avot nous disent « Moché kibel Torah Missinaï oumssara le Yochoua, Yochoua le Zekenim, Zekenim le Anché kenesset Ha Guedola » et depuis, nous appliquons, mis à part quelques petites réformes à la marge !

    Le féminisme qui prône égalité hommes et femmes n’est pas juif (de la Torah), hommes et femmes n’ont pas les mêmes Mitsvot…

    Le féminisme qui prône la liberté n’est pas juif (de la Torah), car selon la halakha, la liberté est encadrée par 613 Mitsvot…

    Le féminisme qui prône la théorie du genre et la liberté du choix de sa sexualité n’est pas juif (zatsal la Torah), car selon la Halakha, il y a des sexualités rejetées (guilouy arayot) et d’autres admises et même encouragées…

    Le féminisme qui lutte contre la morale bourgeoise, cette morale judéo-chretienne, pour qu’il n’y ait plus de norme et que tout soit autorisé, n’est pas juif (de la Torah), car ce que demande la Torah et nos Sages (de mémoire bénie) c’est, sans nier la partie animale de l’homme, se sanctifier dans la kedoucha, « parce que je suis saint, vous serez saint » nous dit Hachem dans le livre de Vayikra, ce qui fait bondire les féministes.

    Maintenant, libre à chacun d’adhérer, un peu, beaucoup, totalement ou pas, mais demander à la loi de s’adapter à son désir, me concernant c’est NON !

    1. Bonsoir Sam,

      Votre message ne nécessite pas de véritable réponse puisqu’il ne s’agit pas d’une discussion mais d’une profession de foi. Quoiqu’il en soit, quelques points qui vous pousseront peut être à réfléchir un minimum (jusqu’à preuve du contraire, réfléchir n’est pas interdit par la halakha, même selon votre interprétation enfantine):

      1) Évitez de parler du féminisme sans comprendre de quoi il s’agit… Vous mélangez un peu près tout et on voit que vous ne connaissait absolument pas la pensée féministe et ses variantes.
      Si par hasard vous souhaiteriez comprendre un peu de quoi il s’agit (rassurez vous, il est permis de lire des livres « hérétiques » si c’est pour savoir quoi répondre aux kofrim, cf. Pirkei Avot 5:14), je peux vous conseiller quelques bouquins sur le féminisme en général et sur le féminisme orthodoxe en particulier (et oui, le féminisme *orthodoxe* existe et se dévellope très bien en Israël).

      2) Votre vision de la halakha ne correspond en rien à notre tradition juive. Pour vous le prouver, je vous invite à consulter les citations des grands poskim séfarades du dernier siècle qui se trouvent dans ce document: http://www.modernorthodox.fr/wp-content/uploads/joined_document.pdf
      Ce n’est qu’un maigre exemple mais vous avez désormais les références précises. Il ne vous reste plus qu’à ouvrir les ouvrages et à avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître votre méconnaissance totale de la tradition halakhique et de la psika.

      3) Vu que vous commenter cet article, j’en déduis que vous estimez que ce qui y est décrit n’est pas juif. D’abord j’espère que vous êtes sur de vous pour qualifier de quasi-hérétique le rav et dayan qui a célébré le mariage. Vu votre grande piété vous savez certainement que Rambam tranche que « celui qui méprise un érudit n’a pas de place au monde futur » (Hilchot Talmoud torah, chapitre 6). Il serait bête de perdre votre monde futur pour si peu… (Si vous souhaitez vous excuser, contactez moi en privé pour obtenir son numéro de téléphone)>

      Deuxièmement, je vous mets au défi de me citer un élément décrit dans ce billet qui contredirait la halakha. J’attends un exemple associé à une citation halakhique précise montrant notre « erreur ».

      Et je finis sur votre ton: Affirmer sans connaitre et sans approfondir que tel ou tel courant de pensée n’est pas juif, cela n’est pas juif du tout. Le judaïsme, lui, prône l’étude et l’approfondissement avant de trancher si bêtement que telle ou telle chose n’est pas juive.

      Kol touv

  5. J’ai lu avec intérêt cet article et plusieurs points me semblent critiquables.1)Vous parlez d’une cérémonie « religieuse mais aussi significative et morale ».Ceci me paraît assez ambigu et va être,en fait le fil conducteur de mes questions. Pour moi il n’y a pas d’un côté la « religion » de l’autre la morale et le sens. La Tora est censée être morale elle même sinon elle est réduite à une tradition éculée et poussiéreuse que l’on conserve pour faire plaisir à papa et maman mais qui n’a en elle même rien de spécialement intéressant . 2) Les témoins féminins .Pareil je comprend pas l’intérêt c’est un peu se mettre des œillères et faire comme si des témoins femmes auraient pu marcher alors qu’en fait non çà ne marche pas et c’est donc un »problème moral ».Il semblerait plus sage d’étudier le sujet et d’essayer de voir di l’on peut comprendre pourquoi seuls les témoins masculins sont valables. 3)Le tnay bekidoushin .Je suis loin de connaître le sujet mais il est bizarre a mon sens de dire que c’est la seule manière de respecter la morale basique ce qui sous entend que ceux qui s’y opposent ne sont pas des gens moraux mais de vieux rav âgé extrémistes obscurantistes incapables de voir que les temps ont changé,qu’il y a trop d’abus des maris,etc. C’est tout de même un peu prétentieux de votre part . De plus le fait de dire que cela est la conséquence d’une discussion ashkénaze séfarade me paraît vaseux .Ça sous entend le kanaï du ghetto coincé et frileux qui vit dans la surenchère houmratique alors que le séfarade ou il y a du soleil serait plus cool plus ouvert. Soyons sérieux un moment. A part ça il y a pas mal de bons articles sur ce blog .Si vous pensez que mon commentaire manque de « dereh erets » telle n’est pas mon intention mais si on parle de tora il faut être sans concessions on fait pas du relativisme.

    1. Bonjour Daniel,

      Je pense effectivement que votre commentaire aurait pu être écrit sur un ton plus agréable. C’est une bien mauvaise habitude yeshivish que de croire qu’une discussion posée est forcément « relativiste » alors qu’une discussion « sans concession » serait forcément polémique. דברי חכמים בנחת נשמעים. Voilà tout de même vos réponses :

      1) La Torah est-elle censée être morale ? Vous l’affirmez mais c’est vraiment sujet à débat. Que signifie « morale » ? Y a t-il un présupposé selon lequel tout ce qui est dit par la Torah est automatiquement moral (approche fondamentaliste) ? Voulez vous dire qu’une immoralité religieuse provient forcément d’une incompréhension de la Torah et est donc une erreur ? La morale est au final bien relative, y compris dans le monde juif lui même. Petit exemple: comment interpreter la préference de Yaakov pour Yossef ? La plupart des rabbins contemporains vous diront que c’est parce que Yaakov préferait injustement un fils qui lui a créé de lourds problèmes. Le Ralbag dit au contraire qu’on apprend de là qu’il faut préférer les fils les plus doués. On note le biais cognitif important des deux avis: à notre époque la « morale » tend à l’égalité, d’où l’interprétation contemporaine, alors qu’au Moyen-âge on préférait la méritocratie, d’où l’avis du Ralbag.

      Mais revenons à « mon » avis, puisque c’est de cela que traite l’article. Je formulerai ainsi l’énoncé: « La morale absolue est inconnue mais chaque humain doit agir sans trahir sa conscience ni son honnêteté intellectuelle. De plus, la parole de Dieu ne serait être opposée à la morale. Ainsi, chaque humain doit lire la Torah sans se déposséder de son honnêteté intellectuelle et de sa conscience. »
      Vous m’objecterez qu’il y a un risque à ce que chacun fasse « sa propre torah ». Je reconnais le risque mais je remarque aussi que dans la réalité ce risque est quasi-inexistant et que je n’ai de toute façon pas de meilleur énoncé à proposer. Si vous en avez un, je serai ravi de l’entendre.

      2) Il y a encore un présupposé selon lequel « je n’ai pas étudié le sujet » car sinon j’aurai forcément compris pourquoi « seuls les témoins masculins peuvent marcher ». Et si je vous disais au contraire que c’est bien pour avoir étudié le sujet que je suis arrivé à la conclusion qu’il n’y a pas de raisons morales et logiques pour interdire le témoignage d’une femme ? Ne me demandez pas de vous expliquez pourquoi sur un pied, je vous invite au contraire à étudier vous même le sujet (y compris à questionner les assomptions de la guémara à ce sujet) et à me recontacter pour en discuter.

      3) Vous reconnaissez honnêtement ne pas connaitre le sujet, alors pourquoi en déduire que j’exagère et caricature le judaïsme ashkénaze ? Sur le coup, s’il y a un sujet que je connais très bien et que bien peu de gens connaissent (y compris des érudits), c’est celui de la halakha séfarade à l’époque moderne. Laissez moi vous apprendre qu’il y a effectivement des énormes différences entre l’approche des poskim ashkénazes et l’approche des poskim séfarades à l’époque moderne (c’est à dire, au 19e et 20e siècle). Rien à voir avec une quelconque « obscurantisme », il s’agit de différences plus profondes sur le rapport à l’autorité dans la halakha et sur des questions méta-halakhiques. Là encore, je serai heureux de vous donner une liste de lectures si le sujet vous intéresse. Mais comme toute chose, on n’apprend rien sur un pied, surtout quand il s’agit d’un sujet qui n’est presque étudié nul part dans les yeshivot contemporaines (qui résument la halakha au mishna broura et n’accordent aucune place a la psika).

      Kol touv

  6. Bonsoir Je suis un peu fatigué alors je ne vais faire que le premier point. Pour commencer »C’est une bien mauvaise habitude yeshivish ».Ça y est me voila repéré😉. 1)La morale est relative donc ne peut être ramenée à la Tora qui elle serait « autre chose ». Parfois cet « autre chose » ne colle pas a la « morale basique » voir est immoral ce qui nous pose un problème. Ça c’est en gros ce que j’ai compris de votre réponse. Maintenant les mots « approche fondamentaliste » ne me font pas peur .Je ne vois pas la morale comme quelque chose de relatif .Je suis persuadé que le but de la Tora est de nous apprendre un message justement fondamental et la morale ne peut a mon sens être exclue de ce message.Plusieurs commandements relevent en effet de la « morale ».Ne pas tuer voler mentir et d’autre part sauver la vie d’une personne en danger.Tout ce que elle dit ce doit donc d’être moral s’il s’avère que ça ne l’est pas la Tora n’est plus intéressante et ne vaut plus la peine. Si j’étais persuadé que la Tora c’est quelque chose de bête j’arrêterai tout. (Il faudrait donc voir si on trouve une justification au « génocide cananéen »). Pour l’exemple de Yossef l’interprétation de la faute de préférence de Yaakov n’as rien de « contemporain » (ce qui soit dit en passant ne m’aurait pas dérangé) mais se trouve dans la Guemara qui dit qu’a cause de la mesure de laine (de la tunique)qui marquait la préférence de Yaakov pour Yossef il y a eu l’esclavage d’Égypte. A la limite on pourrait trouver un écho de Ralbag dans Onkelos « bar hakim ou le ». Sinon il n y a la a mon sens que plusieurs messages qui ne sont pas forcément contradictoires. Il faut de toute façon dépasser le cadre historique.J’ai entendu au nom du rav guedalia que certaines histoires de la Tora sont écrites de façon a ce qu’on puisse les interpréter de plusieurs manières afin que leur message ne sois que plus riche. Dernier point j’ai du mal á cerner le problème de « chacun fasse sa propre torah” (bien que la guemara en parle mais ça a des critères bien définis).Le Maharal dit qu’il vaut mieux faire selon sa compréhension de la sougya et se tromper que d’agir d’après un livre de kitsour halakhot ce qu’il fait ressembler à un aveugle qui ne sait pas ou il va donc d’agir sans comprendre ce qu’on fait. Merci pour la rapidité de la réponse.

    1. Bonjour Daniel,

      Désolé de vous avoir « repéré » mais ce n’était pas méchant 😉 (parole d’ancien yeshivisher).

      1) Pour ce qui est de la morale, je ne suis pas sur de vous avoir compris (ni d’avoir été compris).
      Un débat sur la morale me parait interminable (et j’avoue très sincèrement ne pas avoir moi même d’opinion tranchée et claire sur le sujet) alors je reviens au débat sur la torah. La torah n’est pas, à mes yeux, un livre de « moralités ». Mais il est impensable que la parole de Dieu soit immorale. Par conséquent, si un point semble profondément immoral dans la Torah, je pense qu’il doit être ré-interpréter. Ce qui ne signifie pas que la « première interprétation » était fausse, mais qu’elle n’est plus envisageable aujourd’hui.
      Je vous recommande ce billet que j’avais rédigé il y a longtemps pour approfondir mes propos: http://www.modernorthodox.fr/torahecritetorahmorale-lecasdelesclavage/

      2) La question des multiples interprétations est justement pertinente dans ce contexte. Il y a souvent contradiction, ce qui ne prouve pas qu’une des interprétations est fausse mais que la Torah est une matière brute qui doit obligatoirement être travaillée (c’est le limoud) et dont le résultat final dépend de l’artisan. Le champ d’interprétation n’est pas infini (impossible, par exemple, de contredire un verset explicite) mais reste tres large. À mes yeux, c’est bien la grandeur de la Torah que d’être capable d’inspirer des milliers de générations à travers toutes les époques et toutes les cultures.
      Où comme le formule bien mieux que moi le Rav Eliyahou Hazan (l’un des poskim séfarades incontournables du 19e siècle, voilà l’occasion de découvrir une de ces différences ashk-sef dont je parlais):

      “Comme la sainte Torah fut donnée à des êtres matériels, supposés changer avec le temps,
      les régimes, les décrets, les natures, les pays et les climats, les paroles de la Torah ont été
      données de façon cachée par une sagesse incroyable. C’est pourquoi elles s’adaptent à
      toute explication véridique, de tout temps et en toute époque. […]. Ainsi, la Torah de vérité,
      écrite par la main de Dieu, “gravée sur les tables”, ne sera jamais ni changée ni renouvelée
      (car elle intègre déjà tous les changements).”
      (R. Eliyahou Hazan, zichron yéroushalayim)

      Voilà précisément ma vision de la Torah et de la Halakha. Voir aussi un exemple concret chez Rav Messas, dans ce billet: http://www.modernorthodox.fr/approchesefhalakha/

      3) Il y a un problème tres basique à ce que chacun fasse sa propre torah: לא תתגודדו. C’est une halakha explicite et d’ailleurs très censée d’un point de vue sociologique. Ceci étant dit, il y a « agir en son âme et conscience » et faire « sa propre torah ». On peut tout à fait pousser jusqu’au bout l’intellect dans sa vie privée, sans que cela ait des conséquences dramatiques sur la collectivité. Autrement dit, je doute que le Maharal ne cautionne Spinoza, grand sage (et talmid hacham) qui préférait vivre avec sa réflexion pure plutôt qu’avec son peuple. Où comme le résume le Rambam (qu’on ne peut pas accuser de n’avoir été un grand penseur indépendant): הפורש מן הציבור כפר בעיקר.

      Kol Touv

      ps: S’il est possible d’écrire en faisant des paragraphes, j’avoue que cela rendrait la lecture bien plus fluide pour moi. Merci 🙂

  7. Bravo pour cet article qui au-delà de l’expression d’un point de vue sur les droits de la femme dans le mariage juif, pose quelques définitions ainsi que le déroulé de ce beau moment qu’est le mariage.
    Amicalement

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