Article publié en anglais par Menachem Leibtag sur le site Tanach.org. Merci à Avidan Kogel pour la traduction. 

Le passage le plus connu de la (et le plus ironique) est celui-ci « אִישׁ יְהוּדִי הָיָה בְּשׁוּשַׁן הַבִּירָה וּשְׁמוֹ מָרְדֳּכַי בֶּן יָאִיר בֶּן שִׁמְעִי בֶּן קִישׁ אִישׁ יְמִינִי » (Esther 2:5) – « Or, à Suse, la capitale, vivait un homme originaire de Judée, portant le nom de Mardochée »

Ironique car si je vous dis que :

  • Ish Yehudi implique quelqu’un qui est plus que seulement juif
  • HaBira ne signifie pas « la capitale »
  • Mordechai n’est pas un nom juif

Reprenons, à la lueur du Tanach :

La phrase Ish Yehudi ne se retrouve qu’une fois dans le Tanach (Zacharie 8:23). On y parle d’un Juif à la tête d’un groupe de partisans non-juifs qui recherche Dieu à Jérusalem :

« Ainsi parle l’Eternel-Cebaot : « En ces jours-là, dix hommes de toute langue, de toute nation, saisiront le pan de l’habit d’un seul individu lehoudi (Juif) en disant: Nous voulons aller avec vous, car nous avons entendu dire que Dieu est avec vous ! »

Le mot Bira désigne le Temple que Salomon doit construire (Chroniques 1 29:1) :

« Puis, le roi David dit à toute l’assemblée: « Mon fils Salomon, qui a été seul choisi par Dieu, est jeune et faible; or, grande est l’entreprise, car ce n’est pas à un homme, c’est à l’Eternel-Dieu qu’est destiné le Palais (Bira) »

Le nom Mordechai est le mot le plus provocateur de la Méguila puisqu’il rappelle la divinité Babyloniene Mardukh. Pas un seul juif ne porterait ce nom ! [Il serait l’équivalent actuel du prénom Mahomet ou Jésus pour un juif]

En fait, toute la Méguila est satirique. Cependant, si la Méguila fait partie du Tanach c’est qu’elle doit contenir un message prophétique. Le but de cette étude est de découvrir le message prophétique caché de la méguila (et donc de ).

 

1- Le message prophétique

Habituellement, on raconte que la méguila nous enseigne comment voir la main de Dieu à partir d’une succession d’évènements qui a permis de sauver le peuple Juif d’une destruction certaine. C’est d’ailleurs l’explication que l’on donne au prénom Esther, issu de la racine hébraïque סתר (caché). Ainsi, la Méguila nous enseigne que nous devons toujours trouver et reconnaître la main cachée de Dieu dans notre histoire.

Pourquoi le nom de Dieu n’est pas mentionné ? Pourtant, tous les autres livres de la insistent sur ce point ? Pourquoi la Méguila Esther est-elle différente ?

Dans quasiment tous les autres livres de la Bible, on n’explique pas seulement comment Dieu a sauvé le Peuple, mais aussi pourquoi Dieu a puni le peuple.

C’est d’ailleurs la notion de châtiment divin que l’on retrouve dans le commentaire des sages sur Esther :

 « Quelle est la source dans la Torah de l’histoire d’Esther ? « Mais alors même, je persisterai, moi, à dérober ma face ». (Devarim 31:18)»  (Chulin 139b)

Ce verset, habituellement utilisé pour expliquer comment Dieu sauve le Peuple Juif dans la Méguila, explique plutôt pourquoi Dieu punit le Peuple Juif.

Relisons le passage en entier : « Le Seigneur dit à Moïse: « Tandis que tu reposeras avec tes pères, ce peuple se laissera débaucher par les divinités du pays barbare où il va pénétrer; et il m’abandonnera, et il brisera l’alliance que j’ai conclue avec lui. Ce jour-là, ma colère s’enflammera contre lui, je les abandonnerai, je leur déroberai ma face, et il deviendra la pâture de chacun, et nombre de maux et d’angoisses viendront l’assaillir. Alors il se dira: « En vérité, c’est parce que mon Dieu n’est plus au milieu de moi que je suis en butte à ces malheurs. » Mais alors même, je persisterai, moi, à dérober ma face, à cause du grave méfait qu’il aura commis en se tournant vers des dieux étrangers. » (Deut. 31 :16-18)

Quasiment tous les prophètes délivrent le même message au peuple : une explication de ce qu’ils ont fait de mal et pourquoi ils ont été puni. Le prophète enseigne alors comment remercier Dieu pour avoir sauvé le Peuple, mais aussi comment reconnaître ses fautes et améliorer ses erreurs.

Ainsi, il faut maintenant trouver dans la Méguila pourquoi le Peuple a été puni et pourquoi les Bné Israël atteignent une situation de quasi-destruction.

Même si la Méguila ne donne pas une raison explicite pour la punition, nous devons rechercher une raison implicite. Une raison cachée.

 

2- Le cadre historique et prophétique 

Reprenons le verset que nous avons cité en introduction : « Or, à Suse, la capitale, vivait un homme originaire de Judée, portant le nom de Mardochée, fils de Yair, fils de Séméi, fils de Kich, de la tribu de Benjamin. II avait été déporté de Jérusalem avec les captifs emmenés de Jérusalem en même temps que Ieconia, roi de Juda, par Nabuchodonosor, roi de Babylone »

Ce verset rappelle un verset similaire dans le livre de Jérémie (29 :1-2) :

« Voici les termes de la lettre que le prophète Jérémie adressa de Jérusalem aux survivants parmi les Anciens de la captivité, aux prêtres, aux prophètes et à toute la population que Nabuchodonosor avait déportés (אֲשֶׁר הֶגְלָה) de Jérusalem à Babylone, après que le roi leconia, avec la reine-mère et les chambellans, les princes de Juda et de Jérusalem ainsi que les forgerons et serruriers étaient sortis de Jérusalem. »

Le contexte de ce verset est la dispute entre Jérémie et les faux prophètes qui prétendent que l’exil ne durera qu’un ou deux ans quand Jérémie leur dit qu’il durera au moins 60 ans. Jérémie demande aux exilés de se préparer à s’installer à Babel pour du long terme.

Voici d’ailleurs ce que dit Jérémie dans les versets 10 à 14 :

« Voici, en vérité, ce que dit l’Eternel: Quand Babylone sera au terme de soixante-dix ans pleinement révolus, je prendrai soin de vous et j’accomplirai en votre faveur ma bienveillante promesse de vous ramener en ces lieux; car je connais bien, moi, les desseins que j’ai conçus à votre égard, dit l’Eternel, desseins qui visent votre bonheur et non votre malheur et vous assurent un avenir plein d’espérances. Alors vous m’invoquerez et vous pourrez vous mettre en route, vous m’adresserez des prières et je vous exaucerai. Vous vous mettrez en quête de moi et vous me trouverez, oui, si vous me recherchez de tout votre cœur. Je vous deviendrai accessible, dit l’Eternel, je ramènerai vos exilés, je vous rassemblerai du milieu de toutes les nations et de toutes les localités où je vous ai relégués, dit l’Eternel, et je vous ferai réintégrer les lieux d’où je vous ai bannis. »

Le retour ne sera pas automatique. Il ne viendra que si la repentance est sincère et si s’installe un désir profond de retourner à Jérusalem car cet exil n’est que temporaire.

Pour mémoire, l’un des thèmes principal de la Torah est que le Peuple Juif devienne une Nation Modèle « Une nation de prêtres et un peuple saint » (Exode 19 :4-6) en terre de Canaan. Et, le Temple est la réalisation ultime de ce but.

Cependant, à l’époque de Jérémie, Dieu a détruit le Temple et exilé le Peuple car il ne remplissait plus ce but. L’exil à Babel va donc servir de leçon au Peuple, et il sera, après 70 ans, spirituellement prêt à retourner dans son pays, servir Dieu et reconstruire le Temple.

Et effectivement, comme annoncé, 70 ans après le début de l’exil, Cyrus (le premier roi de l’empire Perse) encourage tous les juifs à retourner à Jérusalem et à reconstruire le Temple (Ezra 1: 2-4)  :

« Ainsi parle Cyrus, roi de Perse: L’Eternel, Dieu du ciel, m’a mis entre les mains tous les royaumes de la terre, et c’est lui qui m’a donné mission de lui bâtir un temple à Jérusalem, qui est en Judée. S’il est parmi vous quelqu’un qui appartienne à son peuple, que son Dieu soit avec lui, pour qu’il monte à Jérusalem, qui est en Judée, et bâtisse le temple de l’Eternel, Dieu d’Israël, de ce Dieu qui réside à Jérusalem! Tous ceux qui restent [de ce peuple], quelle que soit leur résidence, leurs compatriotes devront les gratifier d’argent, d’or, d’objets de valeur et de bêtes de somme, en même temps que d’offrandes volontaires destinées au temple de Dieu à Jérusalem. »

Le temps de la rédemption est arrivé.

Malheureusement, la réponse du peuple est moins enthousiaste. 40 000 personnes seulement retournent à Jérusalem et la majorité du Peuple reste à Babel. Et même ceux qui sont retournés à Jérusalem manquent d’enthousiasme (voir les prophètes Hagai et Zacharie).

Mais Revenons à la Méguila…

L’histoire de la Méguila Esther se déroule justement à cette période là, à l’époque perse, après que les juifs ont la possibilité de retourner à Jérusalem.

 

3- La satire dans la Meguila

Si l’on considère que la prophétie de Jérémie s’est accomplie et que le Peuple avait la possibilité de rentrer à la maison, pourquoi tant de juifs étaient encore dispersés dans toute la Perse ?

Si l’on se réfère au contexte déjà proposé, on peut imaginer que la destruction du Peuple Juif par Haman est une punition divine à cause de son apathie. Après tout, les juifs :

  • Préfèrent Suse à Jérusalem
  •  Préfèrent rester sous la domination d’Assuérus plutôt que répondre à l’appel de Dieu
  •  Préfèrent faire la fête dans le Palais d’Assuérus plutôt qu’au Temple

Pour expliciter la satire, nous allons prendre 2 exemples :

Premier exemple, l’histoire de Vashti. Cet épisode fait écho à la déception divine vis-à-vis du Peuple d’Israël qui n’est pas retourné à Jérusalem (Esther 1 :9-12) :

« [Assuérus] ordonna […] d’amener devant le roi la reine Vasthi, ceinte de la couronne royale, dans le but de faire voir sa beauté au peuple et aux grands; car elle était remarquablement belle. Mais la reine Vasthi refusa de se présenter, suivant l’ordre du roi transmis par les eunuques. Le roi en fut très irrité, et sa colère s’enflamma. »

Le comportement de Vashti n’est-il pas similaire à celui du Peuple d’Israël ?

Et d’ailleurs qui est le véritable Roi de la Méguila ? Les sages supposent que Hamelekh réfère directement à Dieu.

Deuxième exemple, la pétition d’Haman pour détruire le Peuple d’Israël qui fait écho au texte d’Haazinu (Esther 3 :8) :

« Il est une nation répandue, disséminée parmi les autres nations dans toutes les provinces de ton royaume; ces gens ont des lois qui diffèrent de celles de toute autre nation; quant aux lois du roi, ils ne les observent point: il n’est donc pas de l’intérêt du roi de les conserver. »

L’accusation d’Haman est similaire à la menace divine de détruire le Peuple Juif s’il ne respecte pas ses lois : « J’aurais résolu de les réduire à néant, d’effacer leur souvenir de l’humanité » (Deut 32 :26).

 On peut continuer avec les parallèles entre le palais d’Assuérus et le Temple :

La salle intime du Roi (חצר הפנימית) où il est interdit d’entrer sans avoir été appelé sous peine de mort rappelle le kodech hakodachim, le Saint des saints du Temple.

Le h’atser hachitsona, un espace où seuls les habitués tels qu’Haman pouvaient entrer rappellent le Kodech du Temple où les seuls les Prêtres pouvaient entrer librement.

La porte du Palais où n’importe qui a le droit d’aller et où se trouve Mordechai à condition de s’habiller correctement. Cela rappelle l’Azara du Temple.

 Les rues de la ville rappellent celles de Jérusalem. Ce parallèle est renforcé lorsque Suse est appelée Bira. Dans le Tanach, le mot Bira décrit exclusivement le Temple.

D’autres parallèles avec le Temple se retrouvent avec l’utilisation de mots comme : « yekar vtiferet » (1 :4), « techelet, boutz veargaman » (1 :6).

Finalement, au terme de cette explication, on peut dire que le Peuple Juif a remplacé :

  •  Dieu par Assuérus
  •  Le Temple par le Palais d’Assuérus
  • Jérusalem Habira par Suse Habira

Un autre parallélisme peut être retrouvé entre le temps des 2 décrets du Roi. 70 jours les séparent. Comme les 70 ans prophétiques de l’Exil (la comparaison 1 jour = 1 an est retrouvé à d’autres occasions dans le Tanach : les explorateurs sont partis 40 jours et le Peuple a été puni pendant 40 ans).

Et pour poursuivre sur les symboles, les 3 jours de jeûne ont eu lieu les 15, 16 et 17 Nissan, soit au moment de la fête de Pâque. La fête qui marque la délivrance du Peuple juif et le début de son voyage vers la terre Promise.

 

4- Pourquoi une satire ?

Tout simplement parce que la force de la satire est son message caché. Expliquer la satire revient à l’affaiblir. Les messages prophétiques directs donnés dans le Tanach n’ont jamais été efficaces. Ceux qui ont établi le Canon Biblique ont probablement pensé que canoniser la Méguila avec son message caché et satirique pourrait avoir un impact plus puissant et plus efficace.

 

5- La Méguila Esther et le livre de Zacharie

A ce point, nous pouvons expliquer comment la satire peut refléter une critique prophétique pour le Peuple d’Israël du fait qu’il n’est pas retourné à Jérusalem lorsque l’opportunité lui avait été fournie par Cyrus. Maintenant, en identifiant spécifiquement qui était le roi Assuérus, nous allons trouver d’autres relations avec le Livre de Zacharie et également des explications à de nombreuses coutumes de la fête de Pourim.

D’après certains, Assuérus était le Roi qui a suivi Cyrus et précédé Darius. L’histoire de la Méguila se siteé après le Retour à Sion et avant la construction du second Temple.

Selon cette opinion, le Roi Darius, le fils d’Esther, donne aux juifs l’autorisation de construire le deuxième Temple.

Les évènements de la Méguila semblent également être un catalyseur pour une Aliya massive. Ainsi, l’Aliya d’Ezra de Babel eut lieu seulement quelques années après, lors de la 7ème année du règne de Darius.

Et, l’histoire racontée par la Méguila eut une influence majeure sur le Retour à Sion et la reconstruction du Temple.

Selon d’autres commentateurs, Assuérus était le fils de Darius, et l’histoire de la Méguila eut lieu 40 ans après la construction du 2ème Temple et donc, après le plaidoyer de Zacharie et de Haggai pour que le peuple revienne et réalise le potentiel du 2ème Temple.

Selon cette opinion, aucun évènement majeur n’eut lieu après l’histoire de la Méguila et même 20 ans se passent avant l’Aliya d’Ezra et de Nechemi.

Si notre hypothèse concernant la satire est vraie, pourquoi n’y a-t-il pas eu un mouvement massif d’Aliyah après le miracle de Pourim ? Et la façon de célébrer Pourim ne devrait pas se référer d’une façon ou d’une autre à la satire ?

Finalement, pourquoi célébrons-nous Pourim ? Qu’a-t-elle de si spécial ? Les sages mettent en exergue son caractère spécial en affirmant que Pourim sera la seule fête que nous garderons après la rédemption finale.

C’est alors qu’il faut reprendre les prophéties de Zacharie où l’on peut retrouver de nombreux parallèles, probablement intentionnels. On peut même imaginer que l’auteur de la Méguila suggère que la situation dans laquelle s’est retrouvée le Peuple d’Israël au moment de la Méguila est directement liée au fait que les prophéties de Zacharie n’ont pas été écoutées sérieusement par le Peuple.

Revenons à la description dans Zacharie de l’Ich Yehoudi (8 :23)

Les six premiers chapitres parlent essentiellement du retour de la sh’khina (la présence divine) sur Jérusalem. Ce retour sera fonction de l’engagement du Peuple d’Israël. Zacharie insiste sur le fait que, pour qu’il y ait rédemption, il faut que s’associe un retour spirituel et physique –   « Revenez à moi… et je reviendrai à vous » (1:3)

La construction du Temple débute la 2ème année du règne de Darius. Deux ans plus tard, une délégation officielle de Babel arrive à Jérusalem et pose à Zacharie une question fondamentale : « Continuerai-je à pleurer au cinquième mois en pratiquant des abstinences, comme je l’ai fait voilà plusieurs années? » (7 :3)

Maintenant que le Temple est reconstruit, la question est légitime. Dans sa réponse, Zacharie insiste sur le fait que l’exil babylonien contient un message éternel en rapport avec le processus idéal de la rédemption (7:4-8:23).

Pour Zacharie (7:4-7), il semblerait que Dieu soit perturbé par cette question : alors que les juifs de Babel devraient être excités à l’idée de revenir à Jérusalem, voilà que leur unique préoccupation est de savoir si il faut jeûner ou non ! D’après le prophète, cette question reflète une attitude problématique au regard du processus global de la rédemption.

Zacharie répond en expliquant que le jeûne n’est pas un commandement divin, mais a été institué pour se souvenir non seulement de la destruction du Temple, mais aussi de la raison de cette destruction (7:5-6).

Zacharie poursuit avec deux chapitres de réprimande dans lesquels il insiste sur les lois fondamentales que les Enfants d’Israël doivent garder en vue pour permettre à la sh’khina de revenir (7 :8-10) :

« Ainsi parle l’Eternel-Cebaot: Rendez des jugements de vérité, pratiquez l’un envers l’autre la charité et la pitié. N’opprimez pas la veuve et l’orphelin, l’étranger et le pauvre; ne méditez pas dans votre cœur de méchanceté l’un contre l’autre. »

Après de nombreux encouragement et réprimandes, Dieu répond finalement à la question initiale concernant le jeûne : si le Peuple d’Israël retourne en Israël et garde « Emet ve Shalom » (la Vérité et la Paix) alors les 4 jours de jeûne commémorant la destruction de Jérusalem deviendront des jours de fêtes (8 :18-19) :

« La parole de l’Eternel me fut adressée en ces termes: « Ainsi parle l’Eternel-Cebaot: Le jeûne du quatrième mois et le jeûne du cinquième, le jeûne du septième et le jeûne du dixième mois seront changés pour la maison de Juda en joie et en allégresse et en fêtes solennelles. Mais chérissez la vérité et la paix! » »

Ce n’est que par la Vérité et la Paix que la rédemption sera complète. Alors, de nombreuses personnes des grandes Nations viendront à Jérusalem à la recherche de Dieu. Ils se réuniront autour du « Ish Yehoudi », demandant ses conseils car ils auront appris que Dieu est avec Israël (8:20-23)

Si les Enfants d’Israël avaient entendu cet appel à l’époque de Cyrus et Darius, ils ne seraient pas dispersés dans les 127 provinces de Perse. Et au lieu de faire la fête à Suse avec les Perses, ils seraient au Temple à Jérusalem.

Selon cette explication, nous pouvons expliquer la prophétie de Zacharie. Le prophéte dit au peuple que s’ils montrent leur dévotion (c’est à dire qu’ils pratiquent la vérité, la justice et la paix) alors les jours de jeûnes deviendront des jours de fête.

On retrouve ceci dans l’institution annuelle de Mordechai qui transforme « les jours de tristesse en Joie » (Esther 9 :22) de la même façon que les jours de jeûnes pour Jérusalem deviendront des jours de fête :

« les jours où les juifs avaient obtenu rémission de leurs ennemis, et le mois où leur tristesse s’était changée en joie et leur deuil en fête à en faire des jours de festin et de réjouissance »

Cela peut également expliquer les préceptes de Pourim qui rappellent le message de Zacharie : aider les pauvres (7:10) et penser aux voisins (8 :16-17). « une occasion d’envoyer des présents l’un à l’autre et des dons aux pauvres. »

Une fois par an, nous devons revenir aux fondamentaux pour mériter de revenir à Jérusalem et y reconstruire le Temple.

Bien que cette explication puisse sembler « tirée par les cheveux », la preuve textuelle se trouve dans les derniers versets de la Méguila.

Mordechai et Esther ont besoin d’envoyer une deuxième « Igeret » (lettre) pour expliquer et donner force de loi (« Tokef« ) aux coutumes de Pourim expliquées dans la première lettre. Quel était le contenu de cette deuxième lettre  ? A notre grande surprise, une phrase courte : « Des paroles de Paix et de Vérité » (Esther 9:30).

Ces deux mots sont directement reliés à la prophétie de Zacharie à propos des jours de jeûnes qui deviennent des jours de festifs. Ils expliquent non seulement comment, mais aussi pourquoi les jours de jeûnes deviendront des jours de fête : si les Enfants d’Israël préservent la Paix et la Vérité.

La seconde Igeret explique simplement la raison des coutumes de Pourim : se souvenir de la prophétie de Zacharie qui demeure encore non réalisée  « pour le compte de leurs descendants, en ce qui concerne les jeûnes et les supplications y afférentes. »

Relisons à nouveau la prophétie de Zacharie (8 :18-19) :

 Ainsi parle l’Eternel-Cebaot : Le jeûne du quatrième mois et le jeûne du cinquième, le jeûne du septième et le jeûne du dixième mois seront changés pour la maison de Juda en joie et en allégresse et en fêtes solennelles. Mais chérissez la vérité et la paix! » ».

Ainsi, comme les prophètes qui ont institué des jours de jeûnes pour se souvenir de Jérusalem, Mordechai institue un jour de fête pour se souvenir de Jérusalem !

Alors pourquoi personne n’est retourné à Jérusalem ?

Il est clair qu’après l’épisode de la Méguila, la majorité du Peuple n’est pas montée à Jérusalem.

Mordechai a donc  institué un jour de fête pour rappeler au Peuple d’Israël que si l’occasion se représente, il puisse saisir l’opportunité avec comme guide spirituel le Livre de Zacharie et son message de Paix et de Vérité. 

Si le sens profond de la fête de Pourim est caché, son message demeure néanmoins éternel, tout comme notre désir pour que Jérusalem reste éternelle.

Print Friendly, PDF & Email

Billets relatifs