À trois endroits différents,[1] la Torah détaille la fameuse « Loi du talion. » Ainsi, nous lisons entre autres dans le Lévitique (24:19-20):

וְאִישׁ כִּי יִתֵּן מוּם בַּעֲמִיתוֹ כַּאֲשֶׁר עָשָׂה כֵּן יֵעָשֶׂה לּוֹ. שֶׁבֶר תַּחַת שֶׁבֶר, עַיִן תַּחַת עַיִן, שֵׁן תַּחַת שֵׁן–כַּאֲשֶׁר יִתֵּן מוּם בָּאָדָם כֵּן יִנָּתֶן בּוֹ.

Si un homme blesse une autre personne, on lui infligera la même blessure : fracture pour fracture, œil pour œil, dent pour dent ; on lui rendra le mal qu’il a fait à l’autre.

 

L’application de cette loi, pourtant explicite, est contestée par le Talmud qui en propose une interprétation non-littérale, remplaçant la peine physique par une compensation financière. Comme à son habitude, le Talmud ne se contente pas de s’opposer à l’application littérale de la loi du talion mais propose une « lecture substitutive »[2] dont le but est d’imposer la métaphore comme unique sens littéral possible. Dans ce texte, je voudrai présenter cette lecture substitutive comme un discours anti-fondamentaliste, c’est-à-dire comme un discours préférant l’esprit au sens littéral, si explicite soit-il.

À l’instar de Michel Foucault, dans son « L’ordre du discours », je propose d’analyser ce passage en nous rappelant que  « dans toute société la production du discours est à la fois contrôlée, sélectionnée, organisée et redistribuée par un certain nombre de procédures qui ont pour rôle d’en conjurer les pouvoirs et les dangers, d’en maîtriser l’événement aléatoire, d’en esquiver la lourde, la redoutable matérialité.»[3] Dans la continuité de cette pensée, j’analyserai le discours talmudique en tentant de découvrir les non-dits et les discours alternatifs auxquels le Talmud s’oppose tacitement. Bien que mon analyse se base sur une perspective historique, son but principal n’est pas tant de comprendre les racines historiques de l’approche des sages du Talmud mais plutôt de percevoir la force du discours talmudique et la pédagogie des sages cherchant à libérer le judaïsme des lectures fondamentalistes de la loi du talion.

 

Loi du talion – repères historiques

La loi du talion était-elle appliquée littéralement, au moins en partie, par les hébreux d’antan ? Dans un article publié sur le sujet,[4] Dr. Yoni Pomeranz nous prouve que tel était bien le cas. Ainsi, Philon d’Alexandrie, un juif intellectuel vivant au premier siècle de notre ère, écrit dans son livre « Les lois spéciales »:

Si quelqu’un a perfidement blessé le meilleur et le plus noble des sens de son prochain, la vue, et qu’on prouve qu’il lui a frappé son œil, s’il s’agit d’un homme libre il subira à son tour subir le même sort, mais pas s’il s’agit d’un esclave.[5]

De même, Flavius Joseph,[6] pourtant proche du judaïsme rabbinique, affirme que la loi du talion s’appliquait partiellement à son époque et que la victime pouvait choisir entre une compensation financière ou l’application littérale de la loi. Le Talmud rejette explicitement ces deux hypothèses et présente l’approche métaphorique comme une évidence absolue. Mais force est de constater que pour les juifs de l’époque talmudique, la lecture talmudique était bien loin d’être évidente.

Notons également que le Talmud lui-même rapporte une opinion qui peut être interprétée comme un avis contraire : « Rabbi Eliezer dit, [la règle de] « œil pour œil » [s’applique] vraiment (ממש) ».[7] Immédiatement, le Talmud objecte à cette affirmation pourtant claire une nouvelle lecture métaphorique, proposée par Rav Ashi et Abayé, les derniers sages du Talmud. Cependant, les siècles séparant Rabbi Eliezer de ses interprètes permettent de soutenir que Rabbi Eliezer contestait effectivement la lecture métaphorique imposée par les autres sages. D’autant que Rabbi Eliezer n’avait pas hésité à s’opposer à l’ensemble du reste des sages dans un tout autre sujet et son entêtement lui avait d’ailleurs valut une excommunication.[8] Se peut-il que l’interprétation d’Abayé et Rav Ashi soit en réalité une réinterprétation visant à harmoniser sa pensée avec celle des sages ? Le texte lui-même ne nous permet pas de le trancher.[9]

Que la lecture littérale ait pu être envisagé par une partie des sages où qu’il ne s’agisse que d’une lecture d’anciens juifs méconnaissant la loi orale, force est de constater que celle-ci était au-moins appliquée partiellement dans les tribunaux hébraïques des premiers siècles de notre ère, au grand dam des tanayim.

S’il en est ainsi, voilà découverts les discours alternatifs que tentent de contester les sages dans le passage talmudique qui nous intéresse : non seulement, l’application de la loi du talion est rejetée mais aussi la possibilité intermédiaire qui consiste à laisser notre victime choisir entre compensation financière et application littérale de la loi (même s’il est à parier qu’une large majorité des victimes préfère une compensation à une vengeance bien inutile).

Adoptons l’espace d’un instant la perspective des sages et comprenons que ce n’est pas leurs élèves que ceux-ci doivent convaincre mais bien leurs opposants, partisans d’une lecture littérale. Or c’est précisément ce qu’est le fondamentalisme, une position religieuse qui soutient une interprétation stricte et littéraliste de textes sacrés.

La conclusion, nous la connaissons déjà : le Talmud a si bien réussi à imposer sa lecture que les lectures alternatives juives ont totalement disparu. Un élément reste à analyser : avec quels moyens rhétoriques, analytiques et pédagogiques nos sages ont-ils réussi à éliminer le discours fondamentaliste du judaïsme ?

 

Construction d’un discours anti-fondamentaliste

La souguya talmudique ne nous propose pas moins de sept tentatives d’interprétations talmudiques. On peut citer trois approches dominantes :

 

L’asymétrie de la peine :

Cette approche souligne l’existence d’un vice de forme rendant impossible l’application de la loi littérale. Par exemple: Rabbi Shimon Bar Yo’haï enseigne: « œil pour œil » – il s’agit d’une compensation financière. […] Car si un aveugle a aveuglé une personne, si un boiteux a coupé un pied ou si un manchot a coupé un bras, comment pourrais-je lui appliquer le même sort ? Pourtant, la Torah stipule : « vous aurez une seule et même législation » (Lev. 24:21), c’est-à-dire que la loi se doit d’être la même pour tous.

Cet avis accepte le principe de la loi du talion littérale mais pointe du doigt un vice de forme intrinsèque à la loi : dans de nombreux cas, cette loi est inapplicable car la blessure infligée par le bourreau ne peut lui être rendue à l’identique. Or la Torah souligne explicitement l’universalité de la loi, qui doit être appliquée de façon identique à tout homme. Dans ce cas, le principe d’universalité prend le dessus et annule le sens littéral, ne pouvant s’appliquer d’une façon universelle.

 

L’approche sémantique

La seconde approche peut être qualifiée de sémantique. Cette fois, c’est au champ lexical que font appel les sages et il s’agit de prouver que celui-ci appartient à la responsabilité civile plutôt qu’au droit criminel, par exemple : Rabbi Yshmaël enseigne : il est écrit « il lui donnera [blessure pour blessure] », le mot « donner » est toujours lié à l’argent.

Cette fois-ci, la lecture littérale est immédiatement rejetée. La loi du talion serait une lecture superficielle, ne tenant pas compte du champ lexical prouvant qu’il s’agit là de droit pénal et donc d’une compensation financière.

Malgré tout, ces deux approches sont systématiquement rejetées car pas assez rigoureuses. L’asymétrie est intrinsèque à toute loi, l’invoquer rendrait impossible toute condamnation. Le champ linguistique, lui, n’est pas aussi stricte qu’il en a l’air et des expressions pénales se retrouvent dans d’autres lois purement criminelles. Le Talmud va donc proposer une troisième et dernière approche, reliant champ lexical et asymétrie.

 

Loi du talion et séduction abusive

Le Talmud propose de noter la présence du mot תחת (à la place) dans l’expression עין תחת עין (œil pour œil). Ce mot apparait dans plusieurs autres lois :

  1. Dans le remboursement d’un taureau tué: « Il payera le prix d’un taureau à la place du taureau (encorné) » (Ex. 21:36).
  2. Dans le cas d’un meurtre : « tu rendras une âme à la place d’une âme » (Lev. 24:18).

La première loi est un cas pénal classique et le mot תחת souligne le remboursement du dégât. À l’inverse, la seconde loi traite d’un crime et le mot fait allusion à un retournement du crime : le bourreau est assassiné à son tour. Comment trancher ? D’un côté, la loi du talion ne parle pas d’un meurtre et il serait plus logique de déduire son implication du cas du taureau. D’un autre côté, la loi du talion traite d’une blessure faite à un autre humain et c’est en cela qu’elle parait plus proche du meurtre. Pour trancher, Abayé propose de se baser sur une troisième loi, celle de l’abus sexuel d’une jeune fille par un homme adulte:

כִּי יִמְצָא אִישׁ נַעֲרָ בְתוּלָה אֲשֶׁר לֹא אֹרָשָׂה, וּתְפָשָׂהּ וְשָׁכַב עִמָּהּ וְנִמְצָאוּ. וְנָתַן הָאִישׁ הַשֹּׁכֵב עִמָּהּ לַאֲבִי הַנַּעֲרָ חֲמִשִּׁים כָּסֶף; וְלוֹ תִהְיֶה לְאִשָּׁה, תַּחַת אֲשֶׁר עִנָּהּ לֹא יוּכַל שַׁלְּחָהּ כָּל-יָמָיו.

Si un homme rencontre une jeune fille qui n’est pas encore fiancée, qu’il l’oblige à coucher avec lui et qu’on les prenne sur le fait, l’homme versera au père de la jeune fille cinquante pièces d’argent, et il devra épouser celle-ci en remplacement à la souffrance qu’il lui a infligé. Il n’aura plus le droit de la renvoyer. (Deut. 22:28).

(Ce verset a de quoi choquer le lecteur contemporain, nous ne l’expliquerons pas ici mais précisons que le mariage ne se fait qu’avec l’assentiment explicite de la jeune femme). Le verset oblige notre coupable à payer une compensation financière mais aussi à assumer ses responsabilités face à la jeune femme. Quoiqu’il en soit, nous voilà dans une configuration parfaite : le mot תחת est cette fois employé pour une compensation financière, dans un cas n’étant pas un meurtre et opposant deux êtres humains, un bourreau et sa victime.

Il est essentiel de noter que cette fois-ci le verset présente un cas totalement asymétrique : un homme ayant abusé d’une jeune femme. Les conséquences physiques et sociales de cet abus ne peuvent en aucun cas être les mêmes pour un homme et pour une femme, il est donc impossible d’envisager une « loi du talion » qui consisterait à faire au bourreau ce qui a été fait à sa victime. L’emploi du mot תחת dans ce contexte souligne que la compensation financière peut être une digne compensation, même lorsque la blessure imposée est physique.

 

 

L’argument éthique : le grand absent

J’ai débuté cette analyse en soulignant que les sages du Talmud ne pouvaient ignorer que pour une majorité des juifs de leur temps, l’approche littérale était la plus légitime. Ainsi, il serait naïf de penser que cet argumentaire talmudique est le fruit d’une pure spéculation religieuse, totalement détaché des enjeux du jeu interprétatif.[10] Il me semble donc légitime de s’intéresser à l’approche au final très juridique et technique du Talmud. Pourquoi n’avoir invoqué à aucun moment l’argument moral, qui nous parait pourtant évident ? Pourquoi ne pas avoir dénoncé l’inutilité du sang versé, qui ne rendra pas son œil à la victime ? Je voudrai proposer deux raisons pour cette absence : l’une pédagogique et la seconde contextuelle.

 

La rhétorique talmudique, une approche pédagogique

Si, comme je le soutiens, les sages s’adressent à un public fondamentaliste, il leur faut donc parler la langue de leur public. Bien sûr, les sages pourraient invoquer la miséricorde divine, la sagesse de la tradition juive ou encore « les sentiers agréables et les voies paisibles » de la Torah pour s’opposer à la loi du talion. Mais a-t-on jamais vu un fondamentaliste se laisser convaincre par ce genre d’arguments ? Les sages choisissent donc une option bien plus difficile : à eux de prouver l’impossibilité technique de la loi du talion à partir d’une lecture fondamentaliste. Les voilà collés au texte, déchiffrant chaque mot, analysant chaque tournure de phrase, pour finir par proposer une magnifique lecture substitutive. Les sages voudraient-ils nous apprendre qu’il est plus facile de neutraliser une action plutôt qu’un cadre idéologique ? Car le fondamentaliste qui étudie notre souguya croit, comme beaucoup de juifs contemporains, que le véritable sens littéral de la loi du talion est celui non-littéral imposé par les sages : la compensation financière.

Je propose de concrétiser cette approche à l’aide d’un débat de société actuel: la radicalisation et le départ pour le jihad de jeunes français. Si le modèle talmudique était adopté, l’idée serait d’abandonner les grands discours sur le pacifisme de l’Islam visant à décourager ces jeunes, et de les remplacer par une lecture substitutive des passages violents du Coran. Les imams combattant le fondamentalisme musulman devraient, dès lors, tenter de convaincre le candidat au jihad que le véritable fondamentalisme, la véritable dévotion totale à Dieu, consiste à consacrer sa vie à la charité plutôt qu’à la guerre. Notre jeune fondamentaliste appliquerait ce nouveau commandement avec la même ferveur amorale qui le pousse à partir au jihad, sans la moindre motivation éthique.

Ainsi, les sages semblent considérer que certaines attitudes psychologiques, comme le fondamentalisme, existeront toujours. Mais une approche littérale n’est un danger que si le texte est dangereux. Mieux vaut donc neutraliser le texte lui-même plutôt que l’idéologie.

 

Une morale contextuelle ?

La seconde raison de l’absence de considération morale est sous-entendue par Levinas dans son livre « Difficile Liberté »:

[…] Les docteurs du Talmud devancèrent les scrupules des modernes : dent pour dent – est une peine d’argent, une amende. Le passage relatif aux dommages matériels que la bible exige pour la perte du bétail ne voisine pas pour rien avec le précepte du talion. Il invite à relire les versets relatifs aux blessures faites à l’homme, comme si la question des dommages devait l’emporter chez le juge sur la noble colère que suscite le méfait. […]

Mais ici le drame se corse. Horreur du sang, justice de paix et de douceur, la nécessaire, dès maintenant l’unique possible – préserve-t-elle l’homme qu’elle veut sauver ? Car c’est une large voie ouverte aux riches ! Ils peuvent payer sans peine les dents cassées, les yeux crevés, les jambes brisées de tout leur entourage. L’outrage et la blessure ont désormais un prix marchand, un goût d’argent. Et cette contradiction ne tient pas seulement à la loi qui substitue l’amende à la souffrance. Car tout ce qu’on paye le cœur léger, le corps intact, en pleine santé, revient à une amende. Et la blessure d’argent n’est pas mortelle. Le monde reste confortable pour les forts. Pourvu qu’ils aient les nerfs solides. L’évolution de la justice ne peut aller vers ce refus de toute justice, vers ce mépris de l’homme qu’elle veut faire respecter. Il faut, en modifiant la lettre de nos codes, sauver l’esprit. La Bible nous rappelle l’esprit de la douceur.

La Bible hâte le mouvement qui nous apporte le monde sans violence. Mais si l’argent ou les excuses pouvaient tout réparer et nous laisser une conscience tranquille, le mouvement irait à contre-sens. Oui, œil pour œil. Et toute l’éternité, et tout l’argent du monde ne peuvent guérir l’outrage qu’on fait à l’homme. Blessure qui saigne pour tous les temps, comme s’il fallait la même souffrance pour arrêter cette éternelle hémorragie.[11]

Que nous dit Levinas ? Qu’un système juridique se doit d’être contextuel et ne peut se baser sur une morale universelle. Dans une société marquée par de larges inégalités sociales, comme les sociétés antiques, la compensation financière proposée par les sages peut s’avérer bien inutile. Qu’est-ce que le prix d’un œil ou d’une jambe pour un grand propriétaire terrien ? Une broutille qui ouvre la porte à bien des abus pour des riches protégés par leur fortune. Pour ces époques, une application littérale de la loi du talion ne serait-elle pas un système bien plus efficace de protection des masses ? Car que l’on soit riche ou pauvre, perdre un œil reste toujours aussi dramatique. À l’inverse, à une époque où les inégalités diminuent (comme à l’époque du Talmud, où l’exil réduit les inégalités sociales entre juifs), « il faut, en modifiant la lettre de nos codes, sauver l’esprit. »

Le débat talmudique vient effectivement sauver l’esprit, mais sans porter la moindre critique sur la lettre. Peut-être est-il conscient de l’anachronisme d’une telle critique, car si la lettre peut sembler barbare à certaines époques, elle peut aussi être salvatrice en d’autres temps. Cependant, la portée négative du texte est neutraliser et la lecture littérale y est substituée, de façon à convaincre même le plus fondamentaliste des lecteurs que la Torah ne veut pas d’un système juridique cruel et déshumanisant.

 

Notes:

[1] Exode 22:24 ; Lévitique 24: 19 ; Deutéronome 19:21.

[2] Merci à Noémie Benchimol qui m’a proposé cette brillante expression qui résume au mieux la pensée des sages.

[3] Michel Foucault (1971), L’ordre du discours, pp. 10-11.

[4] Yoni Pomeranz, Rabbinic Battery Law in Light of Roman Rule.

[5] Philon, Les lois spéciales, 3: 195.

[6] Flavius Joseph, Antiquités juives, 4:281.

[7] T.B, Baba kama, 84a.

[8]T.B, Baba Metsia, 59b.

[9]  Les commentateurs traditionnels ont évidemment noté la problématique mais ont tenté de défendre la lecture d’Abayé et Rav Ashi. À l’inverse, la plupart des universitaires ont contesté cette lecture. Cependant, David Weiss Halivni défend d’une façon convaincante la lecture traditionnelle : David Weiss Halivni, Mekorot Oumassorot, Baba Kama, 84a.

[10] À ce sujet, il convient de signaler l’excellent livre du Prof. Moshe Halbertal sur les révolutions talmudiques initiées par les sages et leurs enjeux théologiques et sociaux:

הלברטל, משה. מהפכות פרשניות בהתהוותן: ערכים כשיקולים פרשניים במדרשי הלכה. ירושלים : הוצאת ספרים ע »ש י »ל מאגנס, תשנ »ט.

[11] Emmanuel Levinas, « Lois du talion », Difficile Liberté, 1963, pp. 178-179

 

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