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L’administration de mon blog m’informe qu’un des mots clés réguliers conduisant les internautes de Google vers mon blog est «  pour les femmes » ou « Rav Ovadia Yossef femme ». J’ai en effet rapidement ramené la Shout étonnante du Rav Ovadia à la fin d’un de mes récents articles.

Puisque le sujet intéresse, j’ai trouvé légitime de lui consacrer quelques lignes.

 Dans une récente responsa – disponible en Français sur le site Halakha Yomit – le Rav Ovadia Yossef autorise (voir même encourage) la récitation du Kadish par une fille endeuillée dans un cadre non synagogal.

 Cette décision aux apparences très novatrices en a surpris plus d’un….Particulièrement en France, ou il est bien rare que les femmes occupent une place active dans la religion.

 

Y a-t-il vraiment un grand Hidoush (nouveauté) ? Point du tout.

ovadia yossefComme le Rav Ovadia le souligne lui-même dans sa Shout, il ne s’agit pas d’une de sa propre invention mais d’un phénomène déjà présent dans la littérature Halakhique. La vraie nouveauté réside dans le courage remarquable du Rav Ovadia Yossef qui n’a pas hésité à permettre ce qui est permis bien que cela ne soit pas dans« l’esprit » du judaïsme ultra-orthodoxe israélien.Rappelons qu’il y a une dizaine d’années, le Rav avait fait preuve de la même droiture lorsqu’il avait mis fin à l’absurdité de la récitation dugomel par le mari de la femme qui venait d’accoucher. Cette récitation doit être accomplie par la femme elle-même, en présence du sefertorah et d’un minyan. Le Rav ne craignit pas les soi-disant « atteintes à la pudeur » causées par la voix d’une femme à la synagogue et il écrivit :

Et moi je dis que le yetser hara n’est pas présent durant un si court moment.Particulièrement de nos jours ou les hommes et les femmes se croisent dans la rue. Lorsqu’un homme voit ses voisines, les sages n’ont pas craint les mauvaises pensées.

(Yehavei Daat, IV, 15)

Kadish et gomel sont deux éléments très proches. Leur récitation est« techniquement » permise par une femme. Cependant, l’analphabétisme des femmes des générations précédentes menèrent les hommes à réciter ces prières à leurs places.

Lorsque la situation s’arrangea, beaucoup de femmes commencèrent à réciter le Kadish. Comme en témoignent les citations rapportées par Rav Ovadia.

Aux Etats-Unis et en Israël, cela fait plusieurs années que le phénomène est devenu courant dans certains milieux modern-orthodox. La récitation se fait généralement à la synagogue, en même temps que les hommes, mais derrière la mehitsa. Cela ne surprend plus personne.

Le Rav Lichtenstein, Roch Yeshiva de Har Etsion, témoigne que son beau-père, le Rav J.D Soloveitchik zatsal, affirma que si la femme reste derrière la mehitsa il n’y a aucun doute qu’il lui est totalement autorisé de réciter le Kadish.

Pareillement, le Rav Aron Soloveitchik zatsal, ancien Rav à la très orthodoxe Yeshiva de Brisk à Chicago, conclut ainsi une de ses responsas :

Et il semble qu’aujourd’hui – où de nombreux Juifs et Juives se battent pour l’égalité – si les rabbins orthodoxes interdisent aux femmes de réciter le kadish, ils risquent de les pousser vers le monde réformé ou conservative. Par conséquent, il est interdit d’empêcher une femme de dire le Kadish.

(Od Yossef ah’i h’ai, p.100)

Comme le dit la Guemara (Ketoubot 17a) :

מכאן אמרו חכמים, לעולם תאה דעתו של אדם מעורבת עם הבריות

Nos sages ont enseigné, la pensée d’un homme doit toujours être en harmonie avec les créatures [les autres êtres humains].

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