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Le livre de Chémot (Exode), que nous lisons en ce moment, traite à plusieurs reprises des fautes et rebellions du peuple d’Israël, à peine sorti d’Égypte. Nous avons bien du mal à accepter que les hébreux ayant assisté aux dix plaies d’Égypte, au miracle de la mer rouge, à la révélation de Dieu sur le Mont Sinaï puissent si rapidement changer d’attitude. Le point culminant est sans aucun doute la faute du veau d’or, symbole de l’ingratitude du peuple vis-à-vis de son Dieu.

Au cours des siècles, les grands penseurs juifs cherchèrent une explication logique à ce phénomène surprenant. Yeshayahou Leibowitzy verra une preuve de la non-efficacité des miracles et du libre arbitre absolu. Ni la mer rouge, ni Dieu lui même ne peuvent empêcher un homme de fauter.

Dans le même ordre d’idée, le Rabbi de Kotzk citait avec une certaine ironie les paroles du Midrash selon lequel,  « lors de l’épisode de la mer rouge, une servante vit ce que même Ezechiel fils de Pouzi ne verra pas »(Yalkout Shimoni, Beshalah, 247). Certes, la simple servante eue une vision bien plus phénoménale que celle du prophète Ezechiel, mais elle resta une servante ; nous enseigne le Rabbi de Kotzk. C’est à dire que cette vision ne laissa pas une grande emprunte sur son vécu.

À l’opposé, l’école du Moussar – qui se développa au 19e siècle en Europe – prit la défense de ces générations du désert. Rav Yossef Yehouda Leib Bloch (1860-1929), dirigeant de la Yeshiva de Telz, grand centre du Moussar, écrira par exemple :

Qu’elle est grande la bêtise de ceux qui affirment que nous allons de l’avant, tant au niveau intellectuel que spirituel ! [Ils disent] que notre niveau culturel est plus élevé que celui des générations précédentes, qui étaient idolâtres et faibles d’esprits. Cette erreur provient du fait que nous n’avons pas les capacités pour comprendre leur idolâtrie, eux qui vivaient dans des mondes bien plus élevés et connaissaient des forces incroyables. Ils connaissaient les forces qui activent la création, le fonctionnement de chacune d’entre elles, et ils savaient également les utiliser. En découvrant les forces qui gouvernent le monde, ils commirent l’erreur de les considérer comme des forces indépendantes et se mirent à les servir. Mais nous, nous ne pouvons pas commettre la même erreur, car nous ne comprenons rien à ces choses. (Shiour Koma, I, p.96)

Dans le même ordre d’idée, Rav Eliyahou Desler (20e siècle) – l’un des derniers grands maîtres de l’école du Moussar – écrira :

Comment était-il possible [que les premières générations] fautaient ? Car il existe une règle en ce qui concerne le mauvais penchant : Tout celui qui est plus grand que son ami, son mauvais penchant l’est aussi. (Michtav Mé-eliyahou, I, p.164)

Ces interprétations contradictoires réveillent la vieille problématique autour du concept deyéridate hadorote, le « déclin des générations » : Est-ce réellement un concept juif ? La Torah en parle-t-elle ? Les réponses dans cet article assez complet :http://www.lesitedesetudesjuives.fr/medias/files/yeridata-hadorote.pdf

 

 

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