Voix du milieu – Judaïsme d’hier et de demain

Ce billet s’inspire très librement d’un article d’Élie Barkat publié récemment sur le site internet du journal israélien Yediot Haa’haronot. Les points halakhiques rapportés dans cet article ne font pas, pour la plupart, l’unanimité au sein du monde rabbinique. L’idée n’est donc pas de trancher la halakha. Le but de cet article est de montrer que, dans l’ensemble, l’approche séfarade de la Halakha est, à grande échelle, bien plus viable et raisonnable que l’approche ashkénaze. Comme l’écrivait Abraham Heschel dans « les bâtisseurs du temps », tandis que le judaïsme ashkénaze recherche l’absolu, le judaïsme séfarade aspire à l’harmonie. C’est sans doute pour cela que le monde ashkénaze a toujours excellé dans le pilpoul (étude théorique de la Torah) alors que le monde séfarade se consacrait à la halakha pratique. Évidement, on trouvera toujours des rabbins des deux tendances faisant exception à cette règle – l’idée n’en demeure pas moins vraie.

Durant des siècles, cette séparation dans le domaine de l’étude, entre ashkénaze et séfarade, fut préservée. Ainsi, c’est les explications de Rashi et de Tossefot qu’on imprima sur les pages du Talmud , en honneur à l’érudition ashkénaze. Mais ce sont les séfarades qui tranchaient la Halakha (Maimonide, Rif, Rabbi Yossef Karo)1. Aujourd’hui, cette séparation a pris fin. L’absolutisme propre au judaïsme ashkénaze est sortie du domaine de l’étude pour s’étendre à celui de la Halakha, d’où l’émergence d’un certains extrémisme – jusqu’alors inconnu au judaïsme.

Certaines décisions halakhiques rapportées dans ce texte peuvent sembler choquantes aux yeux des lecteurs, tant elles ne correspondent pas à l’esprit du judaïsme orthodoxe contemporain. C’est pourquoi je demande à chacun(e) de se rappeler que les rabbins cités ont grandi et évolué dans des milieux totalement coupés des courants de pensée moderne. Ainsi, on ne peut les accuser d’utiliser la halakha a des fins idéologiques. Réforme et Orthodoxie, féminisme ou peur du changement – tant de concepts modernes que ces rabbins ne connaiss(ai)ent pas. Et pourtant…

Pour ne pas troubler la lecture du texte, les références et explications ont été mises sous forme de notes, à la fin de l’article.

Dans la longue liste des tensions qui opposent religieux et laïcs en Israël, de nombreux faits ont récemment défrayé la chronique. Un groupe de lieutenants religieux est sorti d’une cérémonie officielle lorsque des chanteuses sont montées sur scène, refusant obstinément de revenir dans la salle, sur la demande des autorités militaires présentes. Des femmes ultra-orthodoxes commencent à porter le voile intégrale (oui, comme en Afghanistan). L’affaire des conversions annulées fait encore rage. Lors d’une cérémonie officielle, des femmes n’ont pas eu le droit de monte sur l’estrade pour recevoir le prix qu’on leur attribuait, afin de ne pas déranger certains hommes… Tensions sur tensions, qui s’accumulent de plus en plus en portant un terrible préjudice au judaïsme.

Notons que les juifs français ne sont pas à l’abri. Israël représentant aujourd’hui le centre spirituel du judaïsme, son influence se fait ressentir dans les communautés en exil.

La Halakha d’aujourd’hui est très largement dominée par l’establishment ashkénaze, pour qui modération et n’ont jamais été un point fort. À quoi Israël et le monde juif ressembleraient si l’establishment rabbinique était à dominance séfarade ?

Tout d’abord, les juifs traditionalistes, qui constituent le gros de la population juive israélienne, n’auraient pas été systématiquement recalés du coté des laïcs. Ils prennent la voiture pendant chabbat mais vont à la synagogue ? Cela ne suffit pas à leur interdire de monter à la Torah2! Ils mangent casher mais veulent faire les courses samedi ? Pourquoi s’opposer à l’attribution de certificats de casherout à des magasins ouverts samedi, condamnant ainsi ces gens à transgresser les règles de casherout, en plus des lois du Chabbat3 ? De quel droit interdirait-on aux voitures de passer le Chabbat dans un grand axe routier, privant des milliers de gens traditionalistes de se réunir en famille le vendredi soir, accomplissant ainsi la mitsva de « zakhor et yom hashabat » (souviens toi du jour du Chabbat)4 ?

Les femmes, qui représentent la moitié de la population juive, pourraient étudier et enseigner tous les textes de la Torah sans réveiller les moindres protestations5. Étude qui serait même encouragée et louée. D’ailleurs, des femmes érudites pourraient peut être même devenir dayanot6 (juges dans les tribunaux rabbinique) et possakot(décisionnaires)7 ! Parions que le nombre de femmes agounot diminuerait de façon drastique ! Certaines féministes veulent porter le talit et mettre les tefilins ? Grand bien leur fasse, qui songerait à leur interdire de faire plus de mitsvot8 ? Une femme mariée qui déciderait de ne pas se couvrir la tête ne serait pas automatiquement montrée du doigt9 et la Tsnyout ne serait pas au dépend du bien être intérieur de la femme10. Des femmes chantent sur une scènes ? Les hommes religieux se contenteraient de baisser discrètement les yeux, sans avoir besoin de sortir11. Certains diraient même que si le son passe par un micro, alors il n’y a plus aucun problème12. D’autres diraient qu’il n’y a aucun interdit d’écouter une femme qui n’est pas mariée13.

À propos des conversions, qui rejetterait un candidat sérieux mais ayant une compagne juive ? Le candidat affirme vouloir respecter les mitsvot, mais son train de vie semble très traditionaliste, le rejette t-on pour autant ? Le converti ne respecte plus les mitsvot, qui songerait à lui annuler sa conversion rétroactivement14 ?

Le judaïsme n’aurait pas été perçu comme un lourd fardeau mais comme un mode de vie unique, qui relie l’homme à son créateur et uni la création tout entière. Le militantisme – religieux ou laïc – n’aurait plus de raison d’être car l’extrémisme n’existerait plus.

Ce judaïsme est-il perdu à jamais ? Cela dépend de chacun de nous. À nous de faire entendre notre voix, la voix de ces juifs et juives qui aspirent à un judaïsme harmonieux et cohérent. Un judaïsme qui suit les enseignements des sages espagnols du moyen-âge, pour qui la perfection se trouvait dans la et non pas dans les extrêmes. Comme l’écrivait le Rav Kook, les gens intègres ne dénoncent pas le mal mais rajoutent du bien. Ils ne dénoncent pas l’hérésie mais rajoutent de la foi. Ils ne dénoncent pas la bêtise mais rajoute de la sagesse15.

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Notes :

1 Evidement, il existe de nombreux livres ashkenazes traitant de halakha. Ceci étant dit, les décisionnaires considérés comme majeurs sont tous des séfarades. À l’exception notoire de l’auteur du Tour.

 

2 Rav Ovadia Yossef considère que bien qu’un juif profanant le chabbat ne peut généralement pas monter à la Torah, il n’est pas approprié d’agir ainsi aujourd’hui –Yehavé Daat II, 16

 

3 Rav Yossef Messas écrit qu’il y a lieu d’autoriser les gens à acheter de la viande dans des boucheries cashères ouvertes le Chabbat, même si le sho’het profane lui même le Chabbat ! – Mayim Hayim I, 143

 

4 Le Rav Bakshi Doron, ancien Grand Rabbin d’Israël, s’était opposé à la fermeture d’un grand axe routier durant Chabbat sous prétexte que cet axe était emprunté par de nombreuses familles traditionalistes qui se réunissaient le vendredi soir pour le repas de Chabbat. Dans tous les cas, disait-il, ces personnes ne respectent pas la mitsva de «shamor ete yom hashabat » (garde le jour du Chabbat) mais fermer cet axe les priverait même de la mitsva de « zakhor ete yom hashabat » (souviens toi du jour du Chabbat).

 

5 Voir par exemple :

Rabbi Hayim David Halevy, ancien grand rabbin de Tel-Aviv Yaffo – Shout assé le’ha rav II,52, qui écrit qu’aujourd’hui une femme peut étudier tous les textes juifs et que cela est bienvenue.

Rav Moché Malka, ancien grand rabbin de Petah’ Tikva, va dans le même sens –Shout Mekavé Mayim III, Y.D 21.

Pareil pour Rav Yossef Messas, qui fait à plusieurs reprises l’éloge des femmes érudites. Par exemple, dans son introduction à Otsar Hami’htavim et Nahalat Avot.

 

6 Rav Bakshi Doron, ancien Grand Rabbin d’Israël, émet l’hypothèse qu’une femme puisse être nommée dayan si la communauté n’y voit pas d’objection. Il conclut qu’il semble que la Halakha soit ainsi – Binyan Av 66

 

7 Voir H’ida – Birkei Yossef 7,12. Plus récemment, l’ancien Grand Rabbin d’Israël, Rav Bakshi Doron, est allé dans le même sens – Binyan Av 66

 

8 Rav Israël Yaacov Elgazy, qui fut Rishon Letsion au 18e siècle. Dans son commentaire sur Eshet Hayil, il commente le verset « elle se revêt de force et de beauté » (Prov. 31:25) en expliquant que la « femme vaillante » décrite par le roi Salomon revêt les tefilins et le talit, qui sont appelés « force et beauté ».
Rav Yossef Messas rapporte un texte ancien qui raconte que dans certaines communautés espagnoles (d’avant l’inquisition), des groupes de femmes organisaient des minyanim et portaient talit et tefilin ! Rav Messas les loue pour cela – Nahalat Avot V, partie 2, p.268

 

9 Rav Yossef Messas considère qu’une femme mariée n’est pas obligée de se couvrir la tête – Otsar Hami’htavim III, p. 211. Rav Moché Malka, ancien Grand Rabbin de Peta’h Tikva, soutient sa position – Vaeshiv Moshé 34

 

10 Rav Yossef Messas considère qu’une des raisons pour autoriser les femmes à ne pas se couvrir la tête est que le couvre chef leur fait honte dans la rue – Otsar Hami’htavim III, p. 211. Rabbi Chalom Messas soutenait la perruque pour la même raison.

 

11 Rav Ovadia Yossef écrit qu’on peut entendre une femme chanter si on ne connait pas son visage – Yabia Omer I, 66.

 

12 Ibid. Tel n’est pas l’avis de Rav Ovadia Yossef mais il cite un avis rabbinique permettant d’entendre une femme chanter, même s’il l’homme la connait, tant qu’il ne se tient pas en face d’elle.

 

13 Rav Yossef Messas écrit que l’interdit est seulement si la femme est mariée ET que l’homme la connait – Otsar Hami’htavim III, p.196

 

14 Détailler toutes ces lois serait trop long. Je renvoie les lecteurs à l’excellent ouvrage Zera Israel, très complet, du Rav Hayim Amsellem. Le Rav Amsellem soutient que selon l’écrasante majorité des avis rabbiniques, il est possible (et dans certaines conditions, souhaitable) de convertir un candidat motivé par des raisons matérielles (ex: mariage) ou désirant pour l’instant mener un train de vie traditionnaliste . Le livre à reçu les recommandations rabbiniques des plus hautes autorités séfarades contemporaines, ainsi que de nombreux autres rabbanim. Il estdisponible gratuitement sur Hebrewbooks.

Profitons en pour faire l’éloge du Rav Amsallem, qui semble être l’un des derniers rabbins contemporains à préserver cet esprit séfarade.

 

15 Rav A.I. Kook, Arpeilei tohar p.39

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79 thoughts on “Voix du milieu – Judaïsme d’hier et de demain

  1. Bigre!j’espere que les citations ne sont pas sorties de leur contexte.Sinon,la vision est décapante et pousse à réflechir;je suis très impressioné aussi par le rav Amsellem et j’aimerai avoir plus
    de rnseignements sur sa démarche , que j’espère desinteressée. A suivre

  2. Shalom !
    Bien nous fasse à tous ce très bon article.
    Ton blog reste une de mes préférences pour me faire réfléchir. Bonne continuation et tous mes vœux cordiaux.

  3. La question n’est pas de savoir ce qui est moutar ou assour per se. La question est concrètement, de manière totalement, absolument, quotidiennement PRAGMATIQUE, quelle doit être la position d’un
    Rav devant ses ouailles qui l’assaillent de questions et attendent une réponse, a défaut une position. La rigueur éthérée d’un Beth Din a t elle sa place dans les souk de l’Ariana ou de Salé, comme
    dans les marchés de Cracovie ou Vilnius ? Franchement je ne crois pas qu’il y ait UNE réponse. La preuve, le monde ashkenaze a majoritairement (mais pas uniquement) choisi l’enclume du codex tandis
    que le monde séfarade (mais pas uniquement ni exclusivement) lui a préféré la plume. Tout cela je pense qu’entre gens biens élevés, on est tous d’accord. Le VRAI problème est de vouloir organiser,
    classifier, pondérer, prioriser ces démarches différentes. Et au final arriver à mépriser, moquer, s’opposer. Mon ami d’enfance m’a raconté qu’à Johannesbourg où il habite, le Rav qui gère la
    communauté Litvak ferme volontairement les yeux sur les personnes qui viennent en voiture le chabbat, vu les distances. Ça m’a choqué. Vraiment. Mais a aucun moment je vais me permettre de dire que
    ce Rav dans sa communauté est un apostat, que sa culture est primaire, qu’il s’oppose à la quintessence du Limoud, qu’il en pervertit les applications. Le débat Sef/Schkeun se base à ce niveau là:
    social et intellectuel. Et ne devrait jamais quitter ce carcan, pour déborder sur les jugements de valeurs halah’ique et conséquemment communautaire. Moi qui ai vécu un peu a Manchester je peux
    témoigner que la chaleur séfarade vaut des milliers de « barbus  » ashkenaze plongé dans leur précieux livres qui ne t’adressent même pas la parole sous prétexte que tu es séfarade (et pire,
    FRANÇAIS! symbole de la décadence et de la znout parisienne). Comme je peux témoigner qu’à Budapest la communauté Harédi organise les chabbaton les plus glauques qui soient pour celles et ceux qui
    n’ont pas l’honneur de parler Yiddish. Mais comme je peux aussi témoigner que le monde orthodoxe mancunien recèle aussi de gens aux cœurs immenses et pourtant aschkenazes. La seule différence est
    que eux seuls ont compris que ces différences de shitot n’impliquerait pas des différences de comportement. Ça fait hyper grenouille de bénitier et mon défaut bisounoursien réapparait: mais c’est
    ce qui manque le plus dans ce débat, le rappel au respect entre les rabbanim et donc entre les communautés. ( Évidemment je n’évoquerai pas volontairement que ce serait criminel de limer un diamant
    de 70 facettes en une minuscule plaque à une face…)

  4. @ Michael et à tous les lecteurs.

    Je pense que je vais écrire une suite explicative à cet article, puisque je vois que le message central à mal été perçu !
    L’idée n’est pas de faire une étude sociologique des populations séfarades et ashkénazes, mais de comparer la vision de la halakha séfarade et celle ashkénaze, à partir des sources rabbiniques de
    ces deux courants de pensée.

    A vrai dire, le monde ashkénaze est bien plus connecté à la modernité que son frère séfarade. Des Rabbins comme Hirsch, Hildsheimer, Kook, Soloveitchik et bien d’autres ont germé dans le monde
    ashkénaze, cela est certains.
    Ce qui m’intéressait c’était l’approche halakhique de ces deux milieux. La halakha ne se tranche pas sur un coup de tête, mais selon toute une tradition bien établie. C’est un fait que les
    décisionnaires séfarades n’aient aucun problème à faire évoluer la Halakha. Pour eux, la Halakha n’a jamais été figée.

    Je vous donne un exemple très simple. Concernant le statut de Yom Haatsmaout, les rabbins ashkénazes ont écrit de longues responsas « pour » ou « contre » Yom Haatsmaout. Les
    défenseurs de cette célébration ont écrit des réponses encore plus détaillées pour expliquer « pourquoi » et « comment » peut-on autoriser la récitation du Hallel ce jour
    la.
    Coté séfarade, seul Rav Ovadia Yossef a écrit une vraie responsa, à l’époque ou il était grand rabbin d’Israël et sous la pression du public qui désirait connaître la position du grand rabbin. Tous
    les autres rabbins séfarades se sont contentés d’écrire des choses comme « A propos de Yom Haatsmaout, évidement que c’est un jour important. Nous avons l’habitude de dire le Hallel et de
    faire un repas de fête » (Rabbi Chalom Messas). Ou encore « nous faisons un jour de fête et récitons le Hallel complet, pour remercier Dieu » (Rabbi Yossef Messas). Il y a de très
    nombreux autres exemples.
    Pourquoi ne pas écrire une responsa « kadat vekadin » ? Parce que les rabbins séfarades n’ont pas l’ombre d’un doute sur le fait que nous soyons aptes à faire évoluer la Halakha !

    L’approche sépharade de la Halakha est en fait celle à laquelle aspire la quasi totalité du monde orthodoxe moderne, puisque c’est celle qui est le plus en accord avec leur vision du monde.
    Malheureusement, cette approche est totalement étrangère à son histoire.

    Ainsi, on serait souvent surpris de la modernité des écrits philosophiques d’un Rav Hirsch ou Soloveitchik et du contraste avec leurs écrits halakhiques.

    Par conséquent, évidement qu’il existe des tonnes de rabbins ashkénazes très ouverts, et inversement, les rabbins sépharades obscurantistes ne manquent pas. Mais chez les grands décisionnaires
    séfarades et aschkénazes (y compris les plus modernes), cette séparation dans la halakha sera presque toujours conservée.

    J’espère m’être mieux fait comprendre !

  5. Je pense qu’ il ne faut pas generaliser sur l’ esprit rabbinique sefarade, notamment marocain.
    Si tu cites si souvent Rabi Yossef Messas, il ne faut pas oublier le maroc de Rabi Barouh Toledano ( beaucoup plus strict avant meme qu’ il n’ ai de contact de par ses enfants avec les
    achkenazims). il ne faut pas non plus oublier les rabanims d’ essaouira, tafilalet,… beaucoup plus proches de la Kabala et donc plus mahmirims.
    Le maroc ainsi que la plupart des pays sefarades ont vecus differentes periodes de protectorats dans laquelle le minimum vital de yahdout etait menacé, et on ne peut donc pas baser des reflections
    sur les opinions des rabanims forgees dans ces circonstances.

    Rav Zermati lui meme dans son livre rapportant les psakims du rav Yossef Messas ecrit en hakdama que certains des ses psakims ( pratiquement tous ceux que tu cites ) ne sont pas a prendre halaha
    lemaassé et ne pouvait se comprendre que pour celui qui conaissait la situation a Tlemcene pui a Meknes ou la culture francaise menacait les bases du judaisme.

  6. Bonjour,

    Cet article me dérange beaucoup. Je ne trouve pas qu’il représente une vue « orthodoxe' » même si tous les points de vue le sont. Je vais donc endosser le rôle désagréable de « froum de service » et
    essayer de réagir sur quelques points :

    1/ Pssika séfarade / ashkénaze

    Je ne connais pas bien « l’étude de la pssika » donc je ne peux me prononcer qu’en observateur ignorant. D’abord, je n’ai pas ressenti une critique contre le monde ashkénaze dans son ensemble mais
    plus contre un concept que je définis mal = pssika ashkénaze.
    Les trois plus grands décisionnaires de la fin du siècle dernier sont selon moi R. Moshé Feinstein, R. Eliézer Waldenberg(Tsits Eliézer) et R. Ovadia Yossef. Ces Guedolim ont tout à fait saisi le
    principe de l’évolution de la Halakha en fonction des contextes. 2 sont ashkénazes et un séfarade.
    On m’a déjà objecté que R. Feinstein et le T.E ne représentent pas la pssika ashkénaze. Ce n’est pas la bonne réponse. La vérité est qu’il y a beaucoup moins d’uniformité dans la Halakha ashkénaze
    que dans la Halakha séfarade. Ceci pour une raison historique : une majorité de Séfaradim ont considéré que les pssakim évidents du Shoulkhan Aroukh ne peuvent plus être remis en question, alors
    que les A’haronim ashkénazes n’ont jamais eu la même réserve vis à vis du Rama. Peut-être que par la suite une « pssika ashkénaze » s’est formée, mais elle devait sûrement être dépendante d’un
    contexte particulier en Europe de l’est qui a été créateur d’une mentalité , transportée alors en Eretz-Israël. Mais quelqu’un comme R. M.F qui est parti aux USA a eu toute la liberté de mettre en
    place son propre style avec également son lot de heterim.
    Enfin j’approuve le commentaire de E. Cohen. Du côté des Rabbanim séfarades il y avait aussi des grands partisans de la ‘houmra (et pas seulement « quelques-uns »). Qu’allons-nous dire alors, que la
    pssika du Ben Ish ‘Haï est une pssika ashkénaze ?

    2/ Se couvrir la tête

    Il ne s’agit pas d’une autorisation de Rav Y. Messas mais d’un « mélamed z’hout » nous en avons déjà parlé dans les autres commentaires. De plus, ce mélamed z’hout s’applique à un contexte
    particulier qui ne peut pas être transposé partout, comme cela est rappelé de manière générale dans l’introduction de l’article. Aujourd’hui il est obligatoire de se couvrir la tête pour une femme,
    avant de rappeler les cas de force majeure ou autres hétérim il serait bon de rappeler la règle principale = une femme juive mariée doit se couvrir la tête.

    3/ Entendre une femme chantée

    Là aussi la règle est évidente : Il est interdit d’écouter une femme chantée. Il existe quelques autorisations dans des cas particuliers (radio, chorales mixtes, taper « voix de femme » sur cheela
    vous aurez les références en cherchant un peu). MAIS ces autorisations ne sont pas toujours a priori. Encore une fois avant de rappeler les autorisations précisons le comportement correct à adopter
    : Ne pas écouter une femme chanter. J’y reviendrais après.

    3/ L’histoire des soldats qui sont partis de la salle

    Personnellement je trouve qu’ils ont bien fait. On trouve des Grands-Rabbins d’Israël qui restent dans la salle lors de yom hatsmahout alors que des femmes chantent ? Sûrement le font-ils pour des
    raisons diplomatiques de grande importance à l’image de ce Grand-Rabbin français qui a du rentrer dans une Église pour éviter un grave conflit diplomatique. Ce sont des cas de force majeure.
    Et même s’il y a des autorisations qui font que les soldats auraient pu rester en se tournant ou en fermant les yeux etc… rester dans le cadre d’une scène interdite par la Halakha, c’est aussi la
    légitimer. Je vais prendre mon exemple : lorsqu’il y a des Bar-Mitsvot dans la communauté de personnes non pratiquantes qui vont faire une soirée avec danses mixtes, je suis toujours invité. Je
    décline poliment l’invitation en répondant que je viendrais à seulement à l’apéritif (cachère bien entendu)mais pas aux danses. On me répond parfois que je pourrais venir et me placer de manière à
    ne pas voir les femmes danser. Je refuse catégoriquement pour ne pas légitimer les danses mixtes.
    Certes le contexte est différent et je ne connais pas bien la situation israélienne. Mais sur le principe il importe parfois de se monter ma’hmir (strict) justement pour montrer sa désapprobation
    d’attitudes allant à l’encontre de la Halakha.

    4/ S’appuyer sur des avis permissifs (yesh al mi lismokh)

    Il y a des cas dans lesquels il est nécessaire de s’appuyer sur des avis permissifs pour éviter des conflits c’est certain. Mais au delà des avis il y a des compréhensions différentes de thèmes
    talmudiques (sougyhot) par des décisionnaires. On ne peut pas dire qu’un tel est « extrémiste » car il a donné un avis allant dans le sens de la rigueur. Ou bien qu’un autre est laxiste car il va
    dans le sens de l’autorisation. Il s’agit avant tout de deux compréhensions différentes d’une même sougyah. L’idéal serait que chacun soit capable d’étudier la sogyah de A à Z et de suivre l’avis
    qu’il ressent le mieux , non pas par rapport à ses sentiments ou ses envies, mais par rapport à sa propre étude. Pour la majorité qui ne peut pas faire cette démarche il existe un principe qui,
    même s’il n’est pas strictement halakhique, permet d’observer une Halakha cohérente = assé lekha Rav (fais-toi un Rav). Mais du point de vue de l’étude il serait complétement incohérent et
    malhonnête de suivre a priori un avis permissif si on comprend l’inverse de la sougyah.

    5/ Orthodoxie ?

    L’idée de cet article est qu’il est possible de vivre dans la société israélienne en respectant son caractère moderne tout en respectant la Halakha , au moins d’après des avis minoritaires. Dans
    les techouvot massorti si l’on regarde bien, la majorité des avis rapportés proviennent de Rabbanim orthodoxes également. Il y a une attitude « moderne » à laquelle on tend, et on va établir une
    construction halakhique pour aller vers cette modernité, quitte à faire fi de toute cohérence interne. C’est comme ça par exemple que le second jour de Yom Tov en Diaspora a été abrogé dans
    beaucoup de communautés massorti.

    Dès lors, j’ose espérer que cet article ne représente pas la modern-orthodoxie. J’ose espérer que vivre en tant que MO ce n’est pas vivre toujours selon la koula (avis permissif). J’ose espérer
    qu’il reste possible d’être profondément moderne tout en restant cohérent dans la Halakha, et en restant dans le lekhat’hila (a priori) pour la majorité de ses actions.

    6/ Ce que j’aurais déduit de cet article s’il n’y avait la mise en garde du début, et ce que certains ont pu déduire car ça les arrange :

    – Il est autorisé d’écouter une femme chantée
    – Il est autorisée pour une femme mariée de ne pas se couvrir la tête.
    – Il est autorisé de prendre la voiture le Shabbat pour aller faire le kidoush en famille.
    – Une femme a le droit de mettre talith et téfilin à notre époque dans nos communautés (je ne me suis pas étendu sur ce point mais j’aurais pu également le faire, en dehors des avis considérant
    qu’il s’agit du issour doraïta de lo tilbash en se basant sur le targoum Ounkélos , il me semble que la raison principale aujourd’hui est de ne pas faire comme les réformés).
    – Il n’est pas grave de se marier avec un(e) non-juif(ve) car ils pourraient être convertis sans problèmes selon la stricte halakha.

    7/ Mon avis personnel :

    Établir des ponts entre religieux et laïcs, OUI. Rectifier sans arrêt son comportement halakhique pour ne pas froisser les laïcs, c’est de la PROSTITUTION.

    Voilà……… Les premiers temps je précisais tout le respect que j’ai pour ce blog et mon plaisir à le lire malgré ma désapprobation de certains billets…. Dorénavant cette précision me semble
    superflue puisque mon nom apparaît sur certains articles, il y a une ‘hazaka 😉

  7. Personnellement, je pense que l’essentiel de la question qui attise tant de passions se trouve dans la fin de l’article, dans la formule : « judaïsme harmonieux et cohérent. »

    Après, tout cela est très subjectif, l’harmonie pour l’un, ne l’est pas pour l’autre et vice-versa. C’est toute la difficulté de la voie du juste milieu. Celui qui prétendrait définir précisément
    cette voie est selon moi un menteur ou un naïf, tellement ce fameux « juste milieu » est subjectif…
    En fait, je dirais que ce juste milieu ne peut se mesurer qu’à l’aune d’un concept essentiel – et pourtant si souvent galvaudé), à savoir, le respect d’autrui (l’humanisme, diront certains), ou
    pour utiliser la très belle formule du Rav Gilles Bernheim, le « Souci des autres »…

  8. Cher Gabriel,

    le probleme soulevé n’ est pas celui du clivage sefarade/achkenaze , car ces differences de mentalité sont vieille comme le monde ( au moins comme la creation des sefirots de hessed et de
    guevoura…)

    …, mais celui du clivage rabanoute/ »olam hathora » ( Thora appliquée au grand nombre, contre celui que chaque ire chamaim selon son niveau attend de soi meme)

    Dans tous les milieux selon leur niveau, les koulotes sont la et doivent permettre au peuple de ne pas fauter par leurs actes ( sans exagerer bien sur)
    exemple : un erouv, meme si un ire chamaim pourrait prendre sur soi vu les nuances halahiques traitant du erouv de ne pas porter, un erouv est plus que necessaire pour que les juifs portants soient
    tout de meme des chomer chabat.
    on pourra trouver dans un chout ahiezer ue lettre du HAzon ich au rav ernest Weil grand rabbin de france lui disant  » mitsva guedola letaken erouv beparis » , or le hazon ich ne portait jamais
    chabat, meme avec erouv.

    A Meknes, aussi, Rabbi Barouh etait connu pour sa severite et ses  » sermons » tres durs, il incarnanit le  » lehatrila » du ire chamaim , tandis que Rav Yossef Messas etait le Kav aHessed de la ville
    , d’ une conduite irreprochable et pleine de tsidkoute pour lui meme mais trouvant des heterims pour ceux qui sans cela seraient des  » fauteurs »
    pour etre d’ origine de Meknes, et ma famille ayant bien connu ces rabanims, ces deux personalites incarnent parfaitement le probleme soulevé.

    Alors on se pose la question,  » c’ est tres bien comme cela, un judaisme ouvert et simple pour le peuple et la possibilité a ceux qui veulent faire plus de le faire!! ? »

    ce n’ est pas aussi simple, car il existe un lien de cause a effet entre les deux mondes.

    une fois , quelqu’ un demanda au rav de Brisk pourquoi Yom Kippour etait il tellement respecte et craint par les moins religieux alors qu’ il n’ est pas la fete la plus agreable, contrairement a
    chabat par exemple, beaucoup plus sympathique. Celui ci repondit  » le fait que nous soyons a Kippour comme des malhahims a un impact sur ces juifs qui voient donc ce jour sous sa juste valeure. Si
    nous nous comportions en tant que bne Thora comme nous le devrions Chabat, cela aurai aussi un impact sur le peuple ».

    qu’ est ce que cela veut dire?

    que le lehatrila du monde  » froum » faconne le  » bediavad  » et la koula du peuple dans son ensemble.

    tout depend de la ou on place la barre.

    tous les rabanims que tu cites et pour qui j’ ai beaucoup d’ estime represente ce kav hahessed cherchant la koula pour le clal qu’ ils representent ( je peux t ‘ assurer que d’ un point de vue
    personel ils se comportent differement comme par exemple le rav Chlomo Amar qui ne se cache pas personellement de suivre les decisions du Hazon ich concernant la chemita alors que lui meme signe le
    heter mehira) , mais on peut concevoir qu’ ils ne soient pas reference halaha lemaassé pour ceux qui veulent plus.
    ( et encore une fois, il y a un lien entre les dux qui fait qu’ on ne peut pas dire au secont  » fais ce que tu veux pour toi , et laisse nous tranquil »)

  9. @ Rav Ghertman, Esther, E. Cohen et aux autres lecteurs du blog.

    Merci à tous pour vos commentaires, je vois que certains points nous séparent, mais je continue à croire que ma pensée a pu être mal comprise. C’est pourquoi je suis en train de rédiger une suite à
    cet article.

    Je me contente juste de réagir sur quelques points soulevés dans les commentaires.

    LA VOIE DU MILIEU : Je suis d’accord avec Esther sur l’impossibilité de déterminer qui se trouve « au milieu » et qui ne l’est pas. Ce que je voulais dire, c’est que la piska séfarade
    recherche ce milieu, je ne sais pas si elle y arrive toujours mais elle à le mérite de le vouloir.
    Ne nous y trompons pas, tout le monde ne recherche pas forcement ce « milieu » ! « La voie du milieu », ou « chemin d’or », est typique de la philosophie séfarade du
    moyen-âge. Elle est reprise par Maimonide et beaucoup d’autres. À la même époque dans le monde ashkénaze, se développe le courant des hassidim (pas celui du XVIIIe siècle) qui prêchent l’ascétisme,
    les jeunes… en bref, pas la voie du milieu. Certains courants juifs pensent justement que ce n’est pas le « milieu », synonyme pour eux de « moyen », que nous cherchons, mais
    l’absolu.

    Abraham Heschel à beaucoup développé cette idée dans son livre « les bâtisseurs du temps » et affirme qu’elle est à la base de la vision ashkénaze du judaïsme.

    KOULA OU LEHATRILA ?: R. Ghertman et E. Cohen se sont tout deux opposés à ma présentation de la halakha séfarade comme halakha lé’hatrila. Je continue dans ma ligne de pensée, selon laquelle les
    rabbanim séfarades voyaient la plupart de leurs psakim comme un lé’hatrila même si « la personne qui se montre plus stricte est digne de recevoir la bénédiction ». Même Rabbi Yossef
    Messas, si souple, considérait ses psakim comme un lé’hatrila ! J’avoue modestement avoir lu des livres entiers du Rav Messas et, à quelques rares exceptions, il ne présentent jamais ses psakim
    comme un bediavad. J’imagine cependant qu’il adoptait à titre personnelle une conduite plus stricte, même si je n’en suis pas sur.

    ORTHODOXIE ? : R. Ghertman se demandait si cet article peut être qualifié d’orthodoxe, et le compare à la pensée du mouvement conservative (massorti). La réponse est simple : peut on qualifier les
    avis cités d’orthodoxes ? Comme ces figures font partie des plus grands rabbanim du monde séfarade, on est tenté de répondre automatiquement oui. D’un autre coté, il est vrai que leurs points de
    vue s’éloignent du mainstream orthodoxe d’aujourd’hui !
    Si on considère l’orthodoxie comme la conservation éternelle de lois figées, alors cet article n’est pas orthodoxe et les rabbanim cités ne le sont pas non plus.
    Si on considère qu’orthodoxie signifie « juifs craignant Dieu et respectant les mitsvot » alors cet article et les figures citées sont orthodoxe !

    Quand à savoir s’il s’agit d’un article dans l’esprit du monde « modern orthodox », un des points propres à ce milieu est de ne pas défendre une pensée unique (ou daat torah). Par
    conséquent, j’imagine que certains aimeraient, d’autres moins…

    Je souligne tout de même que Rav Ghertman a bien fait de mettre les points sur les i à propos de la halakha. Je n’ai, par exemple, jamais dit qu’on pouvait venir à la synagogue en voiture ! J’ai
    écrit que si quelqu’un transgressait cet interdit et venait tout de même à la synagogue en voiture, on ne devrait pas lui interdire de monter à la torah pour autant.

    Kol Touv

  10. Cher Gabriel,
    Vous dites dans votre note explicative que ce n’est pas une étude sociologique. Cependant, il me semble qu’il faut effectuer une recherche tout aussi minutieuse et professionnelle pour affirmer que
    :  » c’est un fait que les décisionnaires séfarades n’aient aucun problème à faire évoluer la Halakha « . Même si je suis prêt à partager votre sensation, personne ne peut vraiment l’affirmer. Rav
    Moché Fenstein et le Tsits Eliezer (pour reprendre les exemples de Yona) sont-ils tellement plus minoritaires que l’est Rav Yossef Messas dans sa mouvance ?

    Par contre je suis beaucoup plus à même de vous suivre sur un point de vue hachkafique. Est-ce que les  » mahmirim  » (raccourci pour aller plus vite) toute mouvance confondue prennent toujours
    compte du prix que cette houmra coutera au tsibour ?
    Si un homme expose personnellement un problème qui pourrait porter atteinte à son couple, au kivoud av, ou engendrer une honte (halbanat panim) à cause d’un des problèmes sur lesquels portent les
    psakim révolutionnaires cités dans votre billet, je suis persuadé que nombreux sont les Rabbanim qui adhèreraient avec certains des psakim.
    Mais lorsque l’on parle à un tsibour tout coute plus cher dans un sens comme dans l’autre et pour cause d’un côté le heter qui est donné à des personnes pas très respectueuse devient rapidement un
    monde efker, et d’autre part donner une houmra met malheureusement certains juifs sur le ban de la société…
    Je suis d’accord avec Mr Cohen le problème est donc surtout le clivage olam hatora et rabanoute. Un Rav a la dure tâche de prendre une décision qui coûte cher.
    Pour ce qui est des problèmes de société qui ont fait les unes des journaux israéliens il faut juste comprendre que la question personnelle qui ne devait pas toucher grand monde devient par les
    médias comme une halakha au tsibour et pas tout le monde n’a la force d’assumer ce rôle.

    Je finirais par une petite histoire qui illustre bien votre billet je l’ai entendu d’un Rav mais je ne connais pas ses sources.
    Le Aroukh Hachoulhan a fait un travail remarquable sur le Choulhan Aroukh. Ce livre est à de nombreux égards autant respectable que le Michna Broura si ce n’est plus puisqu’il a rédigé son
    commentaire sur l’ensemble du Choulhan Aroukh et pas seulement sur Orah Haim. Et pourtant ce commentateur n’est connu que des initiés. Selon la rumeur cette « animosité » envers ce Talmid Hakham
    remonte à sa sortie. Elle est due à un psak révolutionnaire : selon lui il serait permis de lire le chema devant une femme surmontée d’une perruque !!! Quelle honte… Il n’a semblet-il eu que ce
    qu’il méritait…

  11. cette article est choquant et semble tendre facilement vers d’autres cieux encore plus dangereux. il est lié à mes yeux à cette volonte de vouloir faire ressembler la torah à la pensee occidentale
    et soi disant universelle qui n’a en realite aucune ressemblance avec la sainte torah.

  12. interpreter le rambam ou le rav hirsch comme ayant une pensee universelle et moderne represente à mes yeux une erreur profonde. ces deux geants representaient en realite le monde des yeshivots mais
    pronaient dans la mesure du possible une ouverture saine mais toujours dans le cadre d’une orthodoxie rigoureuse.

    concernant les autres rabbanims cites, vous pouvez eventuellement les citer mais leur infleunce concernant la totalité du peuple reste infime et il ne possede pas le statut reconnu de gdol hador(
    phrase que vous ne devez pas trop apprecie). par consequent, ma remarque reste legitime et ne tend pas vers la subjectivité.

    bien evidemment, je ne cherche aucunement à polemiquer dans l’air, j’apprecie votre blog (parfois) et mon unique volonté est d’esssayer de tendre vers la verité.

    cordialement

  13. cher gabriel

    tout d’abord, je ressens pleinement votre soif de verité dans vos paroles. cependant, vous avez une vision tout à fait inexacte de la pensee des guedolim, vous semblez n’en connaitre que les ragots
    de la pensee generale.

    connaissez vous le rav guedalia nadel qui etait un talmid mouvak du hazon ish et qui travaillait??? en passant, il etait egalement plutot ouvert sur les sciences.

    il est vrai que la pensee haredite classique tend vers un classicisme de l’esprit cependant, chacun au plus profond de lui meme mene bien ses propres choix. n’imaginez pas que les guedolims sont
    des personnes fermees et radicaux. c’est une reelle erreur de penser de telles choses.

    cependant, leur optique est à mes yeux reellement lechem chamaim. je ne peux pas decrire leur mode de pensee en quelques lignes mais croyez moi que le rambam aurait ete reconnu aujourd’hui comme le
    rav nadel l’a ete.

    concernant rav hirch, ne me ramenez pas une phrase tire de son contexte pour justifier une position qui semble douteuse. le rav hirsch pronait le monde des yeshivot comme le modele a suivre avec
    une touche de modernite.

    kol touv

  14. concernant le rambam, il me semble que durant les premieres annees, il ne travaillait pas et fonctionnait avec son frere avec le principe de yissahar et zevouloun.

    pour devenir un gadol, il faut passer beaucoup d’annees au kollel et il n’y a aucunement lieu de critiquer les grands rabbanims quant à leur statut, j’imagine qu’ils savent ce qu’ils font.

    pour le rav hirsch, je suis etonné de lire que son ecole possedait selon moi plus d’heures de hol que de kodesh. (reference??)cela m’etonne profondement. à mes yeux, le rav hirsch etait un puit de
    torah surtout et il a su donner au hol une utilisation rouhanit.

    concernant le rav nadel, il y a une grande part de verité dans ce que vous dites, je ne peux pas le nier. cependant, faire des generalites n’est pas forcement une bonne chose. pour l’anecdote, le
    rav shilat est mon voisin.

    pour conclure, j’apprecie votre travail cependant je pense d’une maniere differente de la votre.

  15. la difference entre vous et moi se situe au rapport que vous entretenez avec ces personnes.

    avez vous une fois rencontrer le rav shteinman?? cet homme a 97 ans, c’est un penseur et un savant hors pair, il respire la sainteté et vous croyez que je vais oser remettre en cause le fait qu’il
    ne soit pas pour le travail???

    pour l’anecdote, le rav shteinman que j’admire tant etait diamantaire. c’est le hazon ish qui a l’a envoyé prendre des responsabilites administratives.

    concernant le rav soloveitchik dont j’ai lu quelques livres, l’homme etait peut etre un geant mais il est facile de remarquer que les institutions resultants de son mode de pensee tendent parfois
    vers la limite de l’orthodoxie.

    à mes yeux, malgre les faiblesses de chacun, il n’y a pas à nier l’engagement rigoureux et le strict respect des lois des haredims par rapport aux autres modes de pensee dits « modernes »

    en esperant ne pas vous avoir blesse par mes paroles.

    cordialement

  16. tout d’abord, je ne cherche aucunement à devier le debat de quelque maniere que ce soit. cette interpretation est surement lié à votre imagination.

    il est de notorieté publique que les rabbanims du monde haredi representent les autorites spirituelles de la generation d’une maniere similaire à rabbi yohanan ben zakkai a yavne ou du rambam a
    fostat. il faut savoir admettre certaines choses. quelque soit les milieux, on admet generalement que le hazon ish etait l’autorité spirituelle la plus elevée de la generation precedente.

    ces rabbanims n’ont jamais interdit à qui que ce soit de travailler mais ont simplement encouragé à s’immmiscer le plus possible dans l’etude.

    en passant, il existe egalement dans le milieu haredi une reconnaissance des autres courants contrairement à ce que l’on puisse dire.

    concernant les derives des milieux, au niveau religieux, le milieu haredi reste dans les 4 amot de la halaha à tendance generale, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. il faudrait l’admettre
    egalement.

    je ne nie l’interet et l’attrait d’une pensee moderne en conciliation avec le judaisme mais de la à pretendre qu’il s’agit d’une verité et d’oser critiquer la tradition des sages, il y a un fossé à
    ne pas franchir.

    concernant le rambam ou le rav hirsch, je reste convaincu que l’importance de l’etude et des yeshivot etant la pierre centrale de la tradition, ils auraient aujourd’hui soutenu plus bien que mal le
    monde haredi malgre ses deficiences serieuses.

    pour l’anecdote, je me definis haredi, j’ai servi dans tsahal et j’ai egalenment fait des etudes universitaires, mais en voyant la kedousha vers laquelle un juif orthodoxe peut tendre, je me
    prosterne devant la pensee des sages.

  17. Salut Gabriel !
    Si on lit Rambam, autant tout lire !
    משנה תורה לרמב »ם ספר זרעים הלכות שמיטה ויובל
    הלכות שמיטה ויובל פרק יג
    א שבט לוי–אף על פי שאין להם חלק בארץ, כבר נצטוו ישראל ליתן להם ערים לשבת ומגרשיהם: והערים הם שש ערי המקלט, ועליהן ארבעים ושתיים עיר; וכשמוסיפין ערי מקלט אחרות בימות המשיח, הכול ללויים.

    ב מגרשי הערים, כבר נתפרשו בתורה שהם שלושת אלפים אמה סביב–שנאמר « מקיר העיר וחוצה, אלף אמה סביב » (במדבר לה,ד), ולהלן הוא אומר « ומדותם מחוץ לעיר, את פאת קדמה אלפיים באמה . . . » (במדבר לה,ה): אלף
    הראשונות מגרש, ואלפיים שמודדין חוץ למגרש לשדות וכרמים.

    ג ונותנין לכל עיר, בית קברות חוץ לתחום זה–שאין קוברין מתיהם בתחום עריהם: שנאמר « ומגרשיהם, יהיו לבהמתם ולרכושם, ולכול, חיתם » (במדבר לה,ג)–לחיים ניתנו, לא לקבורה.

    ד אין עושין בערי הלויים עיר מגרש, ולא מגרש עיר, ולא מגרש שדה, ולא שדה מגרש–שנאמר « ושדה מגרש עריהם, לא יימכר » (ויקרא כה,לד); [ה] ומפי השמועה למדו שזה שנאמר « לא יימכר », לא ישונה–אלא השדה והמגרש
    והעיר, כל אחד משלושתן כמות שהוא לעולם.

    ה וכן בשאר ערי ישראל–אין עושין שדה מגרש, ולא מגרש שדה, ולא מגרש עיר, ולא עיר מגרש; [ו] ולא יסתור אדם את ביתו לעשותו גינה, ולא ייטע את חורבתו גינה: שלא יחריבו ארץ ישראל.

    ו [ז] כוהנים ולויים שמכרו שדה משדות עריהם, או בית מבתי ערי חומה שלהן–אינן גואלין כסדר הזה: אלא מוכרין השדות ואפילו סמוך ליובל, וגואלין מיד; ואם הקדישו שדה, גואלין מיד ההקדש לאחר היובל; וגואלין בתי
    ערי חומה כל זמן שירצו, אפילו אחר כמה שנים–שנאמר « גאולת עולם, תהיה ללויים » (ויקרא כה,לב).

    ז [ח] ישראל שירש את אבי אימו לוי–הרי זה גואל כלויים, אף על פי שאינו לוי, הואיל והערים או השדות הן של לויים, גואל לעולם: שדין זה תלוי במקומות אלו, לא בבעלים. [ט] ולוי שירש את אבי אימו ישראל–אינו
    גואל כלויים, אלא כישראל: שלא נאמר « גאולת עולם, תהיה ללויים » (ויקרא כה,לב), אלא בערי הלויים.

    ח [י] כל שבט לוי, מוזהרין שלא ינחלו בארץ כנען, וכן הן מוזהרין שלא ייטלו חלק בביזה, בשעה שכובשין את הערים–שנאמר « לא יהיה לכוהנים הלויים כל שבט לוי, חלק ונחלה–עם ישראל » (דברים יח,א), « חלק » בביזה
    ו »נחלה » בארץ; וכן הוא אומר « בארצם לא תנחל, וחלק, לא יהיה לך בתוכם » (במדבר יח,כ), בביזה. ובן לוי או כוהן שנטל חלק בביזה, לוקה; ואם נטל נחלה בארץ, מעבירין אותה ממנו.

    ט [יא] ייראה לי, שאין הדברים אמורים, אלא בארץ שנכרתה עליה ברית לאברהם ליצחק וליעקוב, וירשוה בניהם ונתחלקה להם; אבל שאר כל הארצות שכובש מלך ממלכי ישראל–הרי הכוהנים והלויים באותן הארצות ובביזתן, ככל
    ישראל.

    י [יב] ולמה לא זכה לוי בנחלת ארץ ישראל ובביזתה עם אחיו: מפני שהובדל לעבוד את ה’ ולשרתו, ולהורות דרכיו הישרים ומשפטיו הצדיקים לרבים–שנאמר « יורו משפטיך ליעקוב, ותורתך לישראל » (דברים לג,י). לפיכך
    הובדלו מדרכי העולם–לא עורכין מלחמה כשאר ישראל, ולא נוחלין, ולא זוכין לעצמן בכוח גופן; אלא הם חיל ה’, שנאמר « ברך ה’ חילו » (דברים לג,יא), והוא ברוך הוא זיכה להם, שנאמר « אני חלקך ונחלתך » (במדבר
    יח,כ).

    יא [יג] ולא שבט לוי בלבד, אלא כל איש ואיש מכל באי העולם אשר נדבה רוחו אותו והבינו מדעו להיבדל לעמוד לפני ה’ לשרתו ולעובדו לדעה את ה’, והלך ישר כמו שעשהו האלוהים, ופרק מעל צווארו עול החשבונות הרבים
    אשר ביקשו בני האדם–הרי זה נתקדש קודש קודשים, ויהיה ה’ חלקו ונחלתו לעולם ולעולמי עולמים; ויזכה לו בעולם הזה דבר המספיק לו, כמו שזיכה לכוהנים וללויים. הרי דויד אומר « ה’, מנת חלקי וכוסי–אתה, תומיך
    גורלי » (תהילים טז,ה).

    Joyeux Noel !

  18. Je ne découvre cet article que maintenant. On pourrait en discuter longuement, mais je me contenterais premièrement de mettre en exergue la remarque qui ressort, il me semble, des propos de R.
    Ghertman, et dont je t’ai déjà souligné l’importance.
    Il faut avoir conscience que la psikka ne peut pas se réduire à la simple lettre écrite. Je m’explique: ce qu’un rabbin a écrit, même récemment, peut évidemment servir de base sur laquelle se
    fonder aujourd’hui. Mais même si disons seulement 40 ans nous séparent de ce psak, chaque rabbin doit faire le calcul qui lui semble juste face à la situation à laquelle il est confronté (ou plutôt
    SERA confronté, suite à sa décision). Je me permets de croire que c’est aussi ce qui ressort des mots du R. Israël Rozen à la fin de ce court article, à propos de l’annonce qui avait été publiée
    dans « שבת בשבתו »:
    http://www.srugim.co.il/21254-%d7%94%d7%a8%d7%91-%d7%99%d7%a9%d7%a8%d7%90%d7%9c-%d7%a8%d7%95%d7%96%d7%9f-%d7%a0%d7%92%d7%93-%d7%a7%d7%99%d7%a6%d7%95%d7%a8-%d7%a9%d7%91%d7%95%d7%a2-%d7%94%d7%a2%d7%91%d7%95%d7%93%d7%94-%d7%95%d7%a1?di=1.
    A savoir, qu’on peut toujours trouver mille et unes façons de permettre ou d’interdir quelque chose, là n’est pas le grand ‘hidoush. Dans ton article, je pense que ce qui a pu choquer des lecteurs
    était plutôt la conviction assez totale que tous les éceuils sont à considérer avec une approche laxiste et compréhensive. Là réside un ‘hidoush déjà plus intéressant. De tes autres publications,
    Gabriel, j’ai le sentiment que tu ne voulais bien sûr pas faire du totalitarisme, mais je crois que cette précision peut accalmer les esprits!
    Si je t’ai mal compris, dis-le moi…

    Seconde remarque: il est à mon sens important de se souvenir qu’une pssika « courageuse » n’est pas forcément celle qui sera plus permissive. En Israël, on entend de plus en plus des phrases du
    style: « Mais où est le rav courageux qui saura arrêter cette rigorisation?? ». Je m’imagine facilement les grands posskim bien réfléchir avant d’émettre un avis rigoureux, et suis convaincu qu’ils
    ont conscience du poids qu’ils imposent alors sur le public, comme pour les décisions que les politiques qualifient de « courageuses » lorsqu’ils font serrer la ceinture au contribuable, par exemple.
    Si l’on est vraiment habité d’un esprit de shli’hout pour la marche de la halakha – et donc du tsibour – le courage est présent aussi bien dans la ‘houmra que dans la koula.

  19. Bigre!j’espere que les citations ne sont pas sorties de leur contexte.Sinon,la vision est décapante et pousse à réflechir;je suis très impressioné aussi par le rav Amsellem et j’aimerai avoir plus
    de rnseignements sur sa démarche , que j’espère desinteressée. A suivre

  20. Shalom !
    Bien nous fasse à tous ce très bon article.
    Ton blog reste une de mes préférences pour me faire réfléchir. Bonne continuation et tous mes vœux cordiaux.

  21. La question n’est pas de savoir ce qui est moutar ou assour per se. La question est concrètement, de manière totalement, absolument, quotidiennement PRAGMATIQUE, quelle doit être la position d’un
    Rav devant ses ouailles qui l’assaillent de questions et attendent une réponse, a défaut une position. La rigueur éthérée d’un Beth Din a t elle sa place dans les souk de l’Ariana ou de Salé, comme
    dans les marchés de Cracovie ou Vilnius ? Franchement je ne crois pas qu’il y ait UNE réponse. La preuve, le monde ashkenaze a majoritairement (mais pas uniquement) choisi l’enclume du codex tandis
    que le monde séfarade (mais pas uniquement ni exclusivement) lui a préféré la plume. Tout cela je pense qu’entre gens biens élevés, on est tous d’accord. Le VRAI problème est de vouloir organiser,
    classifier, pondérer, prioriser ces démarches différentes. Et au final arriver à mépriser, moquer, s’opposer. Mon ami d’enfance m’a raconté qu’à Johannesbourg où il habite, le Rav qui gère la
    communauté Litvak ferme volontairement les yeux sur les personnes qui viennent en voiture le chabbat, vu les distances. Ça m’a choqué. Vraiment. Mais a aucun moment je vais me permettre de dire que
    ce Rav dans sa communauté est un apostat, que sa culture est primaire, qu’il s’oppose à la quintessence du Limoud, qu’il en pervertit les applications. Le débat Sef/Schkeun se base à ce niveau là:
    social et intellectuel. Et ne devrait jamais quitter ce carcan, pour déborder sur les jugements de valeurs halah’ique et conséquemment communautaire. Moi qui ai vécu un peu a Manchester je peux
    témoigner que la chaleur séfarade vaut des milliers de « barbus  » ashkenaze plongé dans leur précieux livres qui ne t’adressent même pas la parole sous prétexte que tu es séfarade (et pire,
    FRANÇAIS! symbole de la décadence et de la znout parisienne). Comme je peux témoigner qu’à Budapest la communauté Harédi organise les chabbaton les plus glauques qui soient pour celles et ceux qui
    n’ont pas l’honneur de parler Yiddish. Mais comme je peux aussi témoigner que le monde orthodoxe mancunien recèle aussi de gens aux cœurs immenses et pourtant aschkenazes. La seule différence est
    que eux seuls ont compris que ces différences de shitot n’impliquerait pas des différences de comportement. Ça fait hyper grenouille de bénitier et mon défaut bisounoursien réapparait: mais c’est
    ce qui manque le plus dans ce débat, le rappel au respect entre les rabbanim et donc entre les communautés. ( Évidemment je n’évoquerai pas volontairement que ce serait criminel de limer un diamant
    de 70 facettes en une minuscule plaque à une face…)

  22. Je pense qu’ il ne faut pas generaliser sur l’ esprit rabbinique sefarade, notamment marocain.
    Si tu cites si souvent Rabi Yossef Messas, il ne faut pas oublier le maroc de Rabi Barouh Toledano ( beaucoup plus strict avant meme qu’ il n’ ai de contact de par ses enfants avec les
    achkenazims). il ne faut pas non plus oublier les rabanims d’ essaouira, tafilalet,… beaucoup plus proches de la Kabala et donc plus mahmirims.
    Le maroc ainsi que la plupart des pays sefarades ont vecus differentes periodes de protectorats dans laquelle le minimum vital de yahdout etait menacé, et on ne peut donc pas baser des reflections
    sur les opinions des rabanims forgees dans ces circonstances.

    Rav Zermati lui meme dans son livre rapportant les psakims du rav Yossef Messas ecrit en hakdama que certains des ses psakims ( pratiquement tous ceux que tu cites ) ne sont pas a prendre halaha
    lemaassé et ne pouvait se comprendre que pour celui qui conaissait la situation a Tlemcene pui a Meknes ou la culture francaise menacait les bases du judaisme.

  23. Bonjour,

    Cet article me dérange beaucoup. Je ne trouve pas qu’il représente une vue « orthodoxe' » même si tous les points de vue le sont. Je vais donc endosser le rôle désagréable de « froum de service » et
    essayer de réagir sur quelques points :

    1/ Pssika séfarade / ashkénaze

    Je ne connais pas bien « l’étude de la pssika » donc je ne peux me prononcer qu’en observateur ignorant. D’abord, je n’ai pas ressenti une critique contre le monde ashkénaze dans son ensemble mais
    plus contre un concept que je définis mal = pssika ashkénaze.
    Les trois plus grands décisionnaires de la fin du siècle dernier sont selon moi R. Moshé Feinstein, R. Eliézer Waldenberg(Tsits Eliézer) et R. Ovadia Yossef. Ces Guedolim ont tout à fait saisi le
    principe de l’évolution de la Halakha en fonction des contextes. 2 sont ashkénazes et un séfarade.
    On m’a déjà objecté que R. Feinstein et le T.E ne représentent pas la pssika ashkénaze. Ce n’est pas la bonne réponse. La vérité est qu’il y a beaucoup moins d’uniformité dans la Halakha ashkénaze
    que dans la Halakha séfarade. Ceci pour une raison historique : une majorité de Séfaradim ont considéré que les pssakim évidents du Shoulkhan Aroukh ne peuvent plus être remis en question, alors
    que les A’haronim ashkénazes n’ont jamais eu la même réserve vis à vis du Rama. Peut-être que par la suite une « pssika ashkénaze » s’est formée, mais elle devait sûrement être dépendante d’un
    contexte particulier en Europe de l’est qui a été créateur d’une mentalité , transportée alors en Eretz-Israël. Mais quelqu’un comme R. M.F qui est parti aux USA a eu toute la liberté de mettre en
    place son propre style avec également son lot de heterim.
    Enfin j’approuve le commentaire de E. Cohen. Du côté des Rabbanim séfarades il y avait aussi des grands partisans de la ‘houmra (et pas seulement « quelques-uns »). Qu’allons-nous dire alors, que la
    pssika du Ben Ish ‘Haï est une pssika ashkénaze ?

    2/ Se couvrir la tête

    Il ne s’agit pas d’une autorisation de Rav Y. Messas mais d’un « mélamed z’hout » nous en avons déjà parlé dans les autres commentaires. De plus, ce mélamed z’hout s’applique à un contexte
    particulier qui ne peut pas être transposé partout, comme cela est rappelé de manière générale dans l’introduction de l’article. Aujourd’hui il est obligatoire de se couvrir la tête pour une femme,
    avant de rappeler les cas de force majeure ou autres hétérim il serait bon de rappeler la règle principale = une femme juive mariée doit se couvrir la tête.

    3/ Entendre une femme chantée

    Là aussi la règle est évidente : Il est interdit d’écouter une femme chantée. Il existe quelques autorisations dans des cas particuliers (radio, chorales mixtes, taper « voix de femme » sur cheela
    vous aurez les références en cherchant un peu). MAIS ces autorisations ne sont pas toujours a priori. Encore une fois avant de rappeler les autorisations précisons le comportement correct à adopter
    : Ne pas écouter une femme chanter. J’y reviendrais après.

    3/ L’histoire des soldats qui sont partis de la salle

    Personnellement je trouve qu’ils ont bien fait. On trouve des Grands-Rabbins d’Israël qui restent dans la salle lors de yom hatsmahout alors que des femmes chantent ? Sûrement le font-ils pour des
    raisons diplomatiques de grande importance à l’image de ce Grand-Rabbin français qui a du rentrer dans une Église pour éviter un grave conflit diplomatique. Ce sont des cas de force majeure.
    Et même s’il y a des autorisations qui font que les soldats auraient pu rester en se tournant ou en fermant les yeux etc… rester dans le cadre d’une scène interdite par la Halakha, c’est aussi la
    légitimer. Je vais prendre mon exemple : lorsqu’il y a des Bar-Mitsvot dans la communauté de personnes non pratiquantes qui vont faire une soirée avec danses mixtes, je suis toujours invité. Je
    décline poliment l’invitation en répondant que je viendrais à seulement à l’apéritif (cachère bien entendu)mais pas aux danses. On me répond parfois que je pourrais venir et me placer de manière à
    ne pas voir les femmes danser. Je refuse catégoriquement pour ne pas légitimer les danses mixtes.
    Certes le contexte est différent et je ne connais pas bien la situation israélienne. Mais sur le principe il importe parfois de se monter ma’hmir (strict) justement pour montrer sa désapprobation
    d’attitudes allant à l’encontre de la Halakha.

    4/ S’appuyer sur des avis permissifs (yesh al mi lismokh)

    Il y a des cas dans lesquels il est nécessaire de s’appuyer sur des avis permissifs pour éviter des conflits c’est certain. Mais au delà des avis il y a des compréhensions différentes de thèmes
    talmudiques (sougyhot) par des décisionnaires. On ne peut pas dire qu’un tel est « extrémiste » car il a donné un avis allant dans le sens de la rigueur. Ou bien qu’un autre est laxiste car il va
    dans le sens de l’autorisation. Il s’agit avant tout de deux compréhensions différentes d’une même sougyah. L’idéal serait que chacun soit capable d’étudier la sogyah de A à Z et de suivre l’avis
    qu’il ressent le mieux , non pas par rapport à ses sentiments ou ses envies, mais par rapport à sa propre étude. Pour la majorité qui ne peut pas faire cette démarche il existe un principe qui,
    même s’il n’est pas strictement halakhique, permet d’observer une Halakha cohérente = assé lekha Rav (fais-toi un Rav). Mais du point de vue de l’étude il serait complétement incohérent et
    malhonnête de suivre a priori un avis permissif si on comprend l’inverse de la sougyah.

    5/ Orthodoxie ?

    L’idée de cet article est qu’il est possible de vivre dans la société israélienne en respectant son caractère moderne tout en respectant la Halakha , au moins d’après des avis minoritaires. Dans
    les techouvot massorti si l’on regarde bien, la majorité des avis rapportés proviennent de Rabbanim orthodoxes également. Il y a une attitude « moderne » à laquelle on tend, et on va établir une
    construction halakhique pour aller vers cette modernité, quitte à faire fi de toute cohérence interne. C’est comme ça par exemple que le second jour de Yom Tov en Diaspora a été abrogé dans
    beaucoup de communautés massorti.

    Dès lors, j’ose espérer que cet article ne représente pas la modern-orthodoxie. J’ose espérer que vivre en tant que MO ce n’est pas vivre toujours selon la koula (avis permissif). J’ose espérer
    qu’il reste possible d’être profondément moderne tout en restant cohérent dans la Halakha, et en restant dans le lekhat’hila (a priori) pour la majorité de ses actions.

    6/ Ce que j’aurais déduit de cet article s’il n’y avait la mise en garde du début, et ce que certains ont pu déduire car ça les arrange :

    – Il est autorisé d’écouter une femme chantée
    – Il est autorisée pour une femme mariée de ne pas se couvrir la tête.
    – Il est autorisé de prendre la voiture le Shabbat pour aller faire le kidoush en famille.
    – Une femme a le droit de mettre talith et téfilin à notre époque dans nos communautés (je ne me suis pas étendu sur ce point mais j’aurais pu également le faire, en dehors des avis considérant
    qu’il s’agit du issour doraïta de lo tilbash en se basant sur le targoum Ounkélos , il me semble que la raison principale aujourd’hui est de ne pas faire comme les réformés).
    – Il n’est pas grave de se marier avec un(e) non-juif(ve) car ils pourraient être convertis sans problèmes selon la stricte halakha.

    7/ Mon avis personnel :

    Établir des ponts entre religieux et laïcs, OUI. Rectifier sans arrêt son comportement halakhique pour ne pas froisser les laïcs, c’est de la PROSTITUTION.

    Voilà……… Les premiers temps je précisais tout le respect que j’ai pour ce blog et mon plaisir à le lire malgré ma désapprobation de certains billets…. Dorénavant cette précision me semble
    superflue puisque mon nom apparaît sur certains articles, il y a une ‘hazaka 😉

  24. Personnellement, je pense que l’essentiel de la question qui attise tant de passions se trouve dans la fin de l’article, dans la formule : « judaïsme harmonieux et cohérent. »

    Après, tout cela est très subjectif, l’harmonie pour l’un, ne l’est pas pour l’autre et vice-versa. C’est toute la difficulté de la voie du juste milieu. Celui qui prétendrait définir précisément
    cette voie est selon moi un menteur ou un naïf, tellement ce fameux « juste milieu » est subjectif…
    En fait, je dirais que ce juste milieu ne peut se mesurer qu’à l’aune d’un concept essentiel – et pourtant si souvent galvaudé), à savoir, le respect d’autrui (l’humanisme, diront certains), ou
    pour utiliser la très belle formule du Rav Gilles Bernheim, le « Souci des autres »…

  25. Cher Gabriel,

    le probleme soulevé n’ est pas celui du clivage sefarade/achkenaze , car ces differences de mentalité sont vieille comme le monde ( au moins comme la creation des sefirots de hessed et de
    guevoura…)

    …, mais celui du clivage rabanoute/ »olam hathora » ( Thora appliquée au grand nombre, contre celui que chaque ire chamaim selon son niveau attend de soi meme)

    Dans tous les milieux selon leur niveau, les koulotes sont la et doivent permettre au peuple de ne pas fauter par leurs actes ( sans exagerer bien sur)
    exemple : un erouv, meme si un ire chamaim pourrait prendre sur soi vu les nuances halahiques traitant du erouv de ne pas porter, un erouv est plus que necessaire pour que les juifs portants soient
    tout de meme des chomer chabat.
    on pourra trouver dans un chout ahiezer ue lettre du HAzon ich au rav ernest Weil grand rabbin de france lui disant  » mitsva guedola letaken erouv beparis » , or le hazon ich ne portait jamais
    chabat, meme avec erouv.

    A Meknes, aussi, Rabbi Barouh etait connu pour sa severite et ses  » sermons » tres durs, il incarnanit le  » lehatrila » du ire chamaim , tandis que Rav Yossef Messas etait le Kav aHessed de la ville
    , d’ une conduite irreprochable et pleine de tsidkoute pour lui meme mais trouvant des heterims pour ceux qui sans cela seraient des  » fauteurs »
    pour etre d’ origine de Meknes, et ma famille ayant bien connu ces rabanims, ces deux personalites incarnent parfaitement le probleme soulevé.

    Alors on se pose la question,  » c’ est tres bien comme cela, un judaisme ouvert et simple pour le peuple et la possibilité a ceux qui veulent faire plus de le faire!! ? »

    ce n’ est pas aussi simple, car il existe un lien de cause a effet entre les deux mondes.

    une fois , quelqu’ un demanda au rav de Brisk pourquoi Yom Kippour etait il tellement respecte et craint par les moins religieux alors qu’ il n’ est pas la fete la plus agreable, contrairement a
    chabat par exemple, beaucoup plus sympathique. Celui ci repondit  » le fait que nous soyons a Kippour comme des malhahims a un impact sur ces juifs qui voient donc ce jour sous sa juste valeure. Si
    nous nous comportions en tant que bne Thora comme nous le devrions Chabat, cela aurai aussi un impact sur le peuple ».

    qu’ est ce que cela veut dire?

    que le lehatrila du monde  » froum » faconne le  » bediavad  » et la koula du peuple dans son ensemble.

    tout depend de la ou on place la barre.

    tous les rabanims que tu cites et pour qui j’ ai beaucoup d’ estime represente ce kav hahessed cherchant la koula pour le clal qu’ ils representent ( je peux t ‘ assurer que d’ un point de vue
    personel ils se comportent differement comme par exemple le rav Chlomo Amar qui ne se cache pas personellement de suivre les decisions du Hazon ich concernant la chemita alors que lui meme signe le
    heter mehira) , mais on peut concevoir qu’ ils ne soient pas reference halaha lemaassé pour ceux qui veulent plus.
    ( et encore une fois, il y a un lien entre les dux qui fait qu’ on ne peut pas dire au secont  » fais ce que tu veux pour toi , et laisse nous tranquil »)

  26. Cher Gabriel,
    Vous dites dans votre note explicative que ce n’est pas une étude sociologique. Cependant, il me semble qu’il faut effectuer une recherche tout aussi minutieuse et professionnelle pour affirmer que
    :  » c’est un fait que les décisionnaires séfarades n’aient aucun problème à faire évoluer la Halakha « . Même si je suis prêt à partager votre sensation, personne ne peut vraiment l’affirmer. Rav
    Moché Fenstein et le Tsits Eliezer (pour reprendre les exemples de Yona) sont-ils tellement plus minoritaires que l’est Rav Yossef Messas dans sa mouvance ?

    Par contre je suis beaucoup plus à même de vous suivre sur un point de vue hachkafique. Est-ce que les  » mahmirim  » (raccourci pour aller plus vite) toute mouvance confondue prennent toujours
    compte du prix que cette houmra coutera au tsibour ?
    Si un homme expose personnellement un problème qui pourrait porter atteinte à son couple, au kivoud av, ou engendrer une honte (halbanat panim) à cause d’un des problèmes sur lesquels portent les
    psakim révolutionnaires cités dans votre billet, je suis persuadé que nombreux sont les Rabbanim qui adhèreraient avec certains des psakim.
    Mais lorsque l’on parle à un tsibour tout coute plus cher dans un sens comme dans l’autre et pour cause d’un côté le heter qui est donné à des personnes pas très respectueuse devient rapidement un
    monde efker, et d’autre part donner une houmra met malheureusement certains juifs sur le ban de la société…
    Je suis d’accord avec Mr Cohen le problème est donc surtout le clivage olam hatora et rabanoute. Un Rav a la dure tâche de prendre une décision qui coûte cher.
    Pour ce qui est des problèmes de société qui ont fait les unes des journaux israéliens il faut juste comprendre que la question personnelle qui ne devait pas toucher grand monde devient par les
    médias comme une halakha au tsibour et pas tout le monde n’a la force d’assumer ce rôle.

    Je finirais par une petite histoire qui illustre bien votre billet je l’ai entendu d’un Rav mais je ne connais pas ses sources.
    Le Aroukh Hachoulhan a fait un travail remarquable sur le Choulhan Aroukh. Ce livre est à de nombreux égards autant respectable que le Michna Broura si ce n’est plus puisqu’il a rédigé son
    commentaire sur l’ensemble du Choulhan Aroukh et pas seulement sur Orah Haim. Et pourtant ce commentateur n’est connu que des initiés. Selon la rumeur cette « animosité » envers ce Talmid Hakham
    remonte à sa sortie. Elle est due à un psak révolutionnaire : selon lui il serait permis de lire le chema devant une femme surmontée d’une perruque !!! Quelle honte… Il n’a semblet-il eu que ce
    qu’il méritait…

  27. cette article est choquant et semble tendre facilement vers d’autres cieux encore plus dangereux. il est lié à mes yeux à cette volonte de vouloir faire ressembler la torah à la pensee occidentale
    et soi disant universelle qui n’a en realite aucune ressemblance avec la sainte torah.

  28. interpreter le rambam ou le rav hirsch comme ayant une pensee universelle et moderne represente à mes yeux une erreur profonde. ces deux geants representaient en realite le monde des yeshivots mais
    pronaient dans la mesure du possible une ouverture saine mais toujours dans le cadre d’une orthodoxie rigoureuse.

    concernant les autres rabbanims cites, vous pouvez eventuellement les citer mais leur infleunce concernant la totalité du peuple reste infime et il ne possede pas le statut reconnu de gdol hador(
    phrase que vous ne devez pas trop apprecie). par consequent, ma remarque reste legitime et ne tend pas vers la subjectivité.

    bien evidemment, je ne cherche aucunement à polemiquer dans l’air, j’apprecie votre blog (parfois) et mon unique volonté est d’esssayer de tendre vers la verité.

    cordialement

  29. cher gabriel

    tout d’abord, je ressens pleinement votre soif de verité dans vos paroles. cependant, vous avez une vision tout à fait inexacte de la pensee des guedolim, vous semblez n’en connaitre que les ragots
    de la pensee generale.

    connaissez vous le rav guedalia nadel qui etait un talmid mouvak du hazon ish et qui travaillait??? en passant, il etait egalement plutot ouvert sur les sciences.

    il est vrai que la pensee haredite classique tend vers un classicisme de l’esprit cependant, chacun au plus profond de lui meme mene bien ses propres choix. n’imaginez pas que les guedolims sont
    des personnes fermees et radicaux. c’est une reelle erreur de penser de telles choses.

    cependant, leur optique est à mes yeux reellement lechem chamaim. je ne peux pas decrire leur mode de pensee en quelques lignes mais croyez moi que le rambam aurait ete reconnu aujourd’hui comme le
    rav nadel l’a ete.

    concernant rav hirch, ne me ramenez pas une phrase tire de son contexte pour justifier une position qui semble douteuse. le rav hirsch pronait le monde des yeshivot comme le modele a suivre avec
    une touche de modernite.

    kol touv

  30. concernant le rambam, il me semble que durant les premieres annees, il ne travaillait pas et fonctionnait avec son frere avec le principe de yissahar et zevouloun.

    pour devenir un gadol, il faut passer beaucoup d’annees au kollel et il n’y a aucunement lieu de critiquer les grands rabbanims quant à leur statut, j’imagine qu’ils savent ce qu’ils font.

    pour le rav hirsch, je suis etonné de lire que son ecole possedait selon moi plus d’heures de hol que de kodesh. (reference??)cela m’etonne profondement. à mes yeux, le rav hirsch etait un puit de
    torah surtout et il a su donner au hol une utilisation rouhanit.

    concernant le rav nadel, il y a une grande part de verité dans ce que vous dites, je ne peux pas le nier. cependant, faire des generalites n’est pas forcement une bonne chose. pour l’anecdote, le
    rav shilat est mon voisin.

    pour conclure, j’apprecie votre travail cependant je pense d’une maniere differente de la votre.

  31. la difference entre vous et moi se situe au rapport que vous entretenez avec ces personnes.

    avez vous une fois rencontrer le rav shteinman?? cet homme a 97 ans, c’est un penseur et un savant hors pair, il respire la sainteté et vous croyez que je vais oser remettre en cause le fait qu’il
    ne soit pas pour le travail???

    pour l’anecdote, le rav shteinman que j’admire tant etait diamantaire. c’est le hazon ish qui a l’a envoyé prendre des responsabilites administratives.

    concernant le rav soloveitchik dont j’ai lu quelques livres, l’homme etait peut etre un geant mais il est facile de remarquer que les institutions resultants de son mode de pensee tendent parfois
    vers la limite de l’orthodoxie.

    à mes yeux, malgre les faiblesses de chacun, il n’y a pas à nier l’engagement rigoureux et le strict respect des lois des haredims par rapport aux autres modes de pensee dits « modernes »

    en esperant ne pas vous avoir blesse par mes paroles.

    cordialement

  32. tout d’abord, je ne cherche aucunement à devier le debat de quelque maniere que ce soit. cette interpretation est surement lié à votre imagination.

    il est de notorieté publique que les rabbanims du monde haredi representent les autorites spirituelles de la generation d’une maniere similaire à rabbi yohanan ben zakkai a yavne ou du rambam a
    fostat. il faut savoir admettre certaines choses. quelque soit les milieux, on admet generalement que le hazon ish etait l’autorité spirituelle la plus elevée de la generation precedente.

    ces rabbanims n’ont jamais interdit à qui que ce soit de travailler mais ont simplement encouragé à s’immmiscer le plus possible dans l’etude.

    en passant, il existe egalement dans le milieu haredi une reconnaissance des autres courants contrairement à ce que l’on puisse dire.

    concernant les derives des milieux, au niveau religieux, le milieu haredi reste dans les 4 amot de la halaha à tendance generale, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. il faudrait l’admettre
    egalement.

    je ne nie l’interet et l’attrait d’une pensee moderne en conciliation avec le judaisme mais de la à pretendre qu’il s’agit d’une verité et d’oser critiquer la tradition des sages, il y a un fossé à
    ne pas franchir.

    concernant le rambam ou le rav hirsch, je reste convaincu que l’importance de l’etude et des yeshivot etant la pierre centrale de la tradition, ils auraient aujourd’hui soutenu plus bien que mal le
    monde haredi malgre ses deficiences serieuses.

    pour l’anecdote, je me definis haredi, j’ai servi dans tsahal et j’ai egalenment fait des etudes universitaires, mais en voyant la kedousha vers laquelle un juif orthodoxe peut tendre, je me
    prosterne devant la pensee des sages.

  33. Salut Gabriel !
    Si on lit Rambam, autant tout lire !
    משנה תורה לרמב »ם ספר זרעים הלכות שמיטה ויובל
    הלכות שמיטה ויובל פרק יג
    א שבט לוי–אף על פי שאין להם חלק בארץ, כבר נצטוו ישראל ליתן להם ערים לשבת ומגרשיהם: והערים הם שש ערי המקלט, ועליהן ארבעים ושתיים עיר; וכשמוסיפין ערי מקלט אחרות בימות המשיח, הכול ללויים.

    ב מגרשי הערים, כבר נתפרשו בתורה שהם שלושת אלפים אמה סביב–שנאמר « מקיר העיר וחוצה, אלף אמה סביב » (במדבר לה,ד), ולהלן הוא אומר « ומדותם מחוץ לעיר, את פאת קדמה אלפיים באמה . . . » (במדבר לה,ה): אלף
    הראשונות מגרש, ואלפיים שמודדין חוץ למגרש לשדות וכרמים.

    ג ונותנין לכל עיר, בית קברות חוץ לתחום זה–שאין קוברין מתיהם בתחום עריהם: שנאמר « ומגרשיהם, יהיו לבהמתם ולרכושם, ולכול, חיתם » (במדבר לה,ג)–לחיים ניתנו, לא לקבורה.

    ד אין עושין בערי הלויים עיר מגרש, ולא מגרש עיר, ולא מגרש שדה, ולא שדה מגרש–שנאמר « ושדה מגרש עריהם, לא יימכר » (ויקרא כה,לד); [ה] ומפי השמועה למדו שזה שנאמר « לא יימכר », לא ישונה–אלא השדה והמגרש
    והעיר, כל אחד משלושתן כמות שהוא לעולם.

    ה וכן בשאר ערי ישראל–אין עושין שדה מגרש, ולא מגרש שדה, ולא מגרש עיר, ולא עיר מגרש; [ו] ולא יסתור אדם את ביתו לעשותו גינה, ולא ייטע את חורבתו גינה: שלא יחריבו ארץ ישראל.

    ו [ז] כוהנים ולויים שמכרו שדה משדות עריהם, או בית מבתי ערי חומה שלהן–אינן גואלין כסדר הזה: אלא מוכרין השדות ואפילו סמוך ליובל, וגואלין מיד; ואם הקדישו שדה, גואלין מיד ההקדש לאחר היובל; וגואלין בתי
    ערי חומה כל זמן שירצו, אפילו אחר כמה שנים–שנאמר « גאולת עולם, תהיה ללויים » (ויקרא כה,לב).

    ז [ח] ישראל שירש את אבי אימו לוי–הרי זה גואל כלויים, אף על פי שאינו לוי, הואיל והערים או השדות הן של לויים, גואל לעולם: שדין זה תלוי במקומות אלו, לא בבעלים. [ט] ולוי שירש את אבי אימו ישראל–אינו
    גואל כלויים, אלא כישראל: שלא נאמר « גאולת עולם, תהיה ללויים » (ויקרא כה,לב), אלא בערי הלויים.

    ח [י] כל שבט לוי, מוזהרין שלא ינחלו בארץ כנען, וכן הן מוזהרין שלא ייטלו חלק בביזה, בשעה שכובשין את הערים–שנאמר « לא יהיה לכוהנים הלויים כל שבט לוי, חלק ונחלה–עם ישראל » (דברים יח,א), « חלק » בביזה
    ו »נחלה » בארץ; וכן הוא אומר « בארצם לא תנחל, וחלק, לא יהיה לך בתוכם » (במדבר יח,כ), בביזה. ובן לוי או כוהן שנטל חלק בביזה, לוקה; ואם נטל נחלה בארץ, מעבירין אותה ממנו.

    ט [יא] ייראה לי, שאין הדברים אמורים, אלא בארץ שנכרתה עליה ברית לאברהם ליצחק וליעקוב, וירשוה בניהם ונתחלקה להם; אבל שאר כל הארצות שכובש מלך ממלכי ישראל–הרי הכוהנים והלויים באותן הארצות ובביזתן, ככל
    ישראל.

    י [יב] ולמה לא זכה לוי בנחלת ארץ ישראל ובביזתה עם אחיו: מפני שהובדל לעבוד את ה’ ולשרתו, ולהורות דרכיו הישרים ומשפטיו הצדיקים לרבים–שנאמר « יורו משפטיך ליעקוב, ותורתך לישראל » (דברים לג,י). לפיכך
    הובדלו מדרכי העולם–לא עורכין מלחמה כשאר ישראל, ולא נוחלין, ולא זוכין לעצמן בכוח גופן; אלא הם חיל ה’, שנאמר « ברך ה’ חילו » (דברים לג,יא), והוא ברוך הוא זיכה להם, שנאמר « אני חלקך ונחלתך » (במדבר
    יח,כ).

    יא [יג] ולא שבט לוי בלבד, אלא כל איש ואיש מכל באי העולם אשר נדבה רוחו אותו והבינו מדעו להיבדל לעמוד לפני ה’ לשרתו ולעובדו לדעה את ה’, והלך ישר כמו שעשהו האלוהים, ופרק מעל צווארו עול החשבונות הרבים
    אשר ביקשו בני האדם–הרי זה נתקדש קודש קודשים, ויהיה ה’ חלקו ונחלתו לעולם ולעולמי עולמים; ויזכה לו בעולם הזה דבר המספיק לו, כמו שזיכה לכוהנים וללויים. הרי דויד אומר « ה’, מנת חלקי וכוסי–אתה, תומיך
    גורלי » (תהילים טז,ה).

    Joyeux Noel !

  34. Je ne découvre cet article que maintenant. On pourrait en discuter longuement, mais je me contenterais premièrement de mettre en exergue la remarque qui ressort, il me semble, des propos de R.
    Ghertman, et dont je t’ai déjà souligné l’importance.
    Il faut avoir conscience que la psikka ne peut pas se réduire à la simple lettre écrite. Je m’explique: ce qu’un rabbin a écrit, même récemment, peut évidemment servir de base sur laquelle se
    fonder aujourd’hui. Mais même si disons seulement 40 ans nous séparent de ce psak, chaque rabbin doit faire le calcul qui lui semble juste face à la situation à laquelle il est confronté (ou plutôt
    SERA confronté, suite à sa décision). Je me permets de croire que c’est aussi ce qui ressort des mots du R. Israël Rozen à la fin de ce court article, à propos de l’annonce qui avait été publiée
    dans « שבת בשבתו »:
    http://www.srugim.co.il/21254-%d7%94%d7%a8%d7%91-%d7%99%d7%a9%d7%a8%d7%90%d7%9c-%d7%a8%d7%95%d7%96%d7%9f-%d7%a0%d7%92%d7%93-%d7%a7%d7%99%d7%a6%d7%95%d7%a8-%d7%a9%d7%91%d7%95%d7%a2-%d7%94%d7%a2%d7%91%d7%95%d7%93%d7%94-%d7%95%d7%a1?di=1.
    A savoir, qu’on peut toujours trouver mille et unes façons de permettre ou d’interdir quelque chose, là n’est pas le grand ‘hidoush. Dans ton article, je pense que ce qui a pu choquer des lecteurs
    était plutôt la conviction assez totale que tous les éceuils sont à considérer avec une approche laxiste et compréhensive. Là réside un ‘hidoush déjà plus intéressant. De tes autres publications,
    Gabriel, j’ai le sentiment que tu ne voulais bien sûr pas faire du totalitarisme, mais je crois que cette précision peut accalmer les esprits!
    Si je t’ai mal compris, dis-le moi…

    Seconde remarque: il est à mon sens important de se souvenir qu’une pssika « courageuse » n’est pas forcément celle qui sera plus permissive. En Israël, on entend de plus en plus des phrases du
    style: « Mais où est le rav courageux qui saura arrêter cette rigorisation?? ». Je m’imagine facilement les grands posskim bien réfléchir avant d’émettre un avis rigoureux, et suis convaincu qu’ils
    ont conscience du poids qu’ils imposent alors sur le public, comme pour les décisions que les politiques qualifient de « courageuses » lorsqu’ils font serrer la ceinture au contribuable, par exemple.
    Si l’on est vraiment habité d’un esprit de shli’hout pour la marche de la halakha – et donc du tsibour – le courage est présent aussi bien dans la ‘houmra que dans la koula.

  35. Bigre!j’espere que les citations ne sont pas sorties de leur contexte.Sinon,la vision est décapante et pousse à réflechir;je suis très impressioné aussi par le rav Amsellem et j’aimerai avoir plus
    de rnseignements sur sa démarche , que j’espère desinteressée. A suivre

  36. Shalom !
    Bien nous fasse à tous ce très bon article.
    Ton blog reste une de mes préférences pour me faire réfléchir. Bonne continuation et tous mes vœux cordiaux.

  37. La question n’est pas de savoir ce qui est moutar ou assour per se. La question est concrètement, de manière totalement, absolument, quotidiennement PRAGMATIQUE, quelle doit être la position d’un
    Rav devant ses ouailles qui l’assaillent de questions et attendent une réponse, a défaut une position. La rigueur éthérée d’un Beth Din a t elle sa place dans les souk de l’Ariana ou de Salé, comme
    dans les marchés de Cracovie ou Vilnius ? Franchement je ne crois pas qu’il y ait UNE réponse. La preuve, le monde ashkenaze a majoritairement (mais pas uniquement) choisi l’enclume du codex tandis
    que le monde séfarade (mais pas uniquement ni exclusivement) lui a préféré la plume. Tout cela je pense qu’entre gens biens élevés, on est tous d’accord. Le VRAI problème est de vouloir organiser,
    classifier, pondérer, prioriser ces démarches différentes. Et au final arriver à mépriser, moquer, s’opposer. Mon ami d’enfance m’a raconté qu’à Johannesbourg où il habite, le Rav qui gère la
    communauté Litvak ferme volontairement les yeux sur les personnes qui viennent en voiture le chabbat, vu les distances. Ça m’a choqué. Vraiment. Mais a aucun moment je vais me permettre de dire que
    ce Rav dans sa communauté est un apostat, que sa culture est primaire, qu’il s’oppose à la quintessence du Limoud, qu’il en pervertit les applications. Le débat Sef/Schkeun se base à ce niveau là:
    social et intellectuel. Et ne devrait jamais quitter ce carcan, pour déborder sur les jugements de valeurs halah’ique et conséquemment communautaire. Moi qui ai vécu un peu a Manchester je peux
    témoigner que la chaleur séfarade vaut des milliers de « barbus  » ashkenaze plongé dans leur précieux livres qui ne t’adressent même pas la parole sous prétexte que tu es séfarade (et pire,
    FRANÇAIS! symbole de la décadence et de la znout parisienne). Comme je peux témoigner qu’à Budapest la communauté Harédi organise les chabbaton les plus glauques qui soient pour celles et ceux qui
    n’ont pas l’honneur de parler Yiddish. Mais comme je peux aussi témoigner que le monde orthodoxe mancunien recèle aussi de gens aux cœurs immenses et pourtant aschkenazes. La seule différence est
    que eux seuls ont compris que ces différences de shitot n’impliquerait pas des différences de comportement. Ça fait hyper grenouille de bénitier et mon défaut bisounoursien réapparait: mais c’est
    ce qui manque le plus dans ce débat, le rappel au respect entre les rabbanim et donc entre les communautés. ( Évidemment je n’évoquerai pas volontairement que ce serait criminel de limer un diamant
    de 70 facettes en une minuscule plaque à une face…)

  38. Je pense qu’ il ne faut pas generaliser sur l’ esprit rabbinique sefarade, notamment marocain.
    Si tu cites si souvent Rabi Yossef Messas, il ne faut pas oublier le maroc de Rabi Barouh Toledano ( beaucoup plus strict avant meme qu’ il n’ ai de contact de par ses enfants avec les
    achkenazims). il ne faut pas non plus oublier les rabanims d’ essaouira, tafilalet,… beaucoup plus proches de la Kabala et donc plus mahmirims.
    Le maroc ainsi que la plupart des pays sefarades ont vecus differentes periodes de protectorats dans laquelle le minimum vital de yahdout etait menacé, et on ne peut donc pas baser des reflections
    sur les opinions des rabanims forgees dans ces circonstances.

    Rav Zermati lui meme dans son livre rapportant les psakims du rav Yossef Messas ecrit en hakdama que certains des ses psakims ( pratiquement tous ceux que tu cites ) ne sont pas a prendre halaha
    lemaassé et ne pouvait se comprendre que pour celui qui conaissait la situation a Tlemcene pui a Meknes ou la culture francaise menacait les bases du judaisme.

  39. Bonjour,

    Cet article me dérange beaucoup. Je ne trouve pas qu’il représente une vue « orthodoxe' » même si tous les points de vue le sont. Je vais donc endosser le rôle désagréable de « froum de service » et
    essayer de réagir sur quelques points :

    1/ Pssika séfarade / ashkénaze

    Je ne connais pas bien « l’étude de la pssika » donc je ne peux me prononcer qu’en observateur ignorant. D’abord, je n’ai pas ressenti une critique contre le monde ashkénaze dans son ensemble mais
    plus contre un concept que je définis mal = pssika ashkénaze.
    Les trois plus grands décisionnaires de la fin du siècle dernier sont selon moi R. Moshé Feinstein, R. Eliézer Waldenberg(Tsits Eliézer) et R. Ovadia Yossef. Ces Guedolim ont tout à fait saisi le
    principe de l’évolution de la Halakha en fonction des contextes. 2 sont ashkénazes et un séfarade.
    On m’a déjà objecté que R. Feinstein et le T.E ne représentent pas la pssika ashkénaze. Ce n’est pas la bonne réponse. La vérité est qu’il y a beaucoup moins d’uniformité dans la Halakha ashkénaze
    que dans la Halakha séfarade. Ceci pour une raison historique : une majorité de Séfaradim ont considéré que les pssakim évidents du Shoulkhan Aroukh ne peuvent plus être remis en question, alors
    que les A’haronim ashkénazes n’ont jamais eu la même réserve vis à vis du Rama. Peut-être que par la suite une « pssika ashkénaze » s’est formée, mais elle devait sûrement être dépendante d’un
    contexte particulier en Europe de l’est qui a été créateur d’une mentalité , transportée alors en Eretz-Israël. Mais quelqu’un comme R. M.F qui est parti aux USA a eu toute la liberté de mettre en
    place son propre style avec également son lot de heterim.
    Enfin j’approuve le commentaire de E. Cohen. Du côté des Rabbanim séfarades il y avait aussi des grands partisans de la ‘houmra (et pas seulement « quelques-uns »). Qu’allons-nous dire alors, que la
    pssika du Ben Ish ‘Haï est une pssika ashkénaze ?

    2/ Se couvrir la tête

    Il ne s’agit pas d’une autorisation de Rav Y. Messas mais d’un « mélamed z’hout » nous en avons déjà parlé dans les autres commentaires. De plus, ce mélamed z’hout s’applique à un contexte
    particulier qui ne peut pas être transposé partout, comme cela est rappelé de manière générale dans l’introduction de l’article. Aujourd’hui il est obligatoire de se couvrir la tête pour une femme,
    avant de rappeler les cas de force majeure ou autres hétérim il serait bon de rappeler la règle principale = une femme juive mariée doit se couvrir la tête.

    3/ Entendre une femme chantée

    Là aussi la règle est évidente : Il est interdit d’écouter une femme chantée. Il existe quelques autorisations dans des cas particuliers (radio, chorales mixtes, taper « voix de femme » sur cheela
    vous aurez les références en cherchant un peu). MAIS ces autorisations ne sont pas toujours a priori. Encore une fois avant de rappeler les autorisations précisons le comportement correct à adopter
    : Ne pas écouter une femme chanter. J’y reviendrais après.

    3/ L’histoire des soldats qui sont partis de la salle

    Personnellement je trouve qu’ils ont bien fait. On trouve des Grands-Rabbins d’Israël qui restent dans la salle lors de yom hatsmahout alors que des femmes chantent ? Sûrement le font-ils pour des
    raisons diplomatiques de grande importance à l’image de ce Grand-Rabbin français qui a du rentrer dans une Église pour éviter un grave conflit diplomatique. Ce sont des cas de force majeure.
    Et même s’il y a des autorisations qui font que les soldats auraient pu rester en se tournant ou en fermant les yeux etc… rester dans le cadre d’une scène interdite par la Halakha, c’est aussi la
    légitimer. Je vais prendre mon exemple : lorsqu’il y a des Bar-Mitsvot dans la communauté de personnes non pratiquantes qui vont faire une soirée avec danses mixtes, je suis toujours invité. Je
    décline poliment l’invitation en répondant que je viendrais à seulement à l’apéritif (cachère bien entendu)mais pas aux danses. On me répond parfois que je pourrais venir et me placer de manière à
    ne pas voir les femmes danser. Je refuse catégoriquement pour ne pas légitimer les danses mixtes.
    Certes le contexte est différent et je ne connais pas bien la situation israélienne. Mais sur le principe il importe parfois de se monter ma’hmir (strict) justement pour montrer sa désapprobation
    d’attitudes allant à l’encontre de la Halakha.

    4/ S’appuyer sur des avis permissifs (yesh al mi lismokh)

    Il y a des cas dans lesquels il est nécessaire de s’appuyer sur des avis permissifs pour éviter des conflits c’est certain. Mais au delà des avis il y a des compréhensions différentes de thèmes
    talmudiques (sougyhot) par des décisionnaires. On ne peut pas dire qu’un tel est « extrémiste » car il a donné un avis allant dans le sens de la rigueur. Ou bien qu’un autre est laxiste car il va
    dans le sens de l’autorisation. Il s’agit avant tout de deux compréhensions différentes d’une même sougyah. L’idéal serait que chacun soit capable d’étudier la sogyah de A à Z et de suivre l’avis
    qu’il ressent le mieux , non pas par rapport à ses sentiments ou ses envies, mais par rapport à sa propre étude. Pour la majorité qui ne peut pas faire cette démarche il existe un principe qui,
    même s’il n’est pas strictement halakhique, permet d’observer une Halakha cohérente = assé lekha Rav (fais-toi un Rav). Mais du point de vue de l’étude il serait complétement incohérent et
    malhonnête de suivre a priori un avis permissif si on comprend l’inverse de la sougyah.

    5/ Orthodoxie ?

    L’idée de cet article est qu’il est possible de vivre dans la société israélienne en respectant son caractère moderne tout en respectant la Halakha , au moins d’après des avis minoritaires. Dans
    les techouvot massorti si l’on regarde bien, la majorité des avis rapportés proviennent de Rabbanim orthodoxes également. Il y a une attitude « moderne » à laquelle on tend, et on va établir une
    construction halakhique pour aller vers cette modernité, quitte à faire fi de toute cohérence interne. C’est comme ça par exemple que le second jour de Yom Tov en Diaspora a été abrogé dans
    beaucoup de communautés massorti.

    Dès lors, j’ose espérer que cet article ne représente pas la modern-orthodoxie. J’ose espérer que vivre en tant que MO ce n’est pas vivre toujours selon la koula (avis permissif). J’ose espérer
    qu’il reste possible d’être profondément moderne tout en restant cohérent dans la Halakha, et en restant dans le lekhat’hila (a priori) pour la majorité de ses actions.

    6/ Ce que j’aurais déduit de cet article s’il n’y avait la mise en garde du début, et ce que certains ont pu déduire car ça les arrange :

    – Il est autorisé d’écouter une femme chantée
    – Il est autorisée pour une femme mariée de ne pas se couvrir la tête.
    – Il est autorisé de prendre la voiture le Shabbat pour aller faire le kidoush en famille.
    – Une femme a le droit de mettre talith et téfilin à notre époque dans nos communautés (je ne me suis pas étendu sur ce point mais j’aurais pu également le faire, en dehors des avis considérant
    qu’il s’agit du issour doraïta de lo tilbash en se basant sur le targoum Ounkélos , il me semble que la raison principale aujourd’hui est de ne pas faire comme les réformés).
    – Il n’est pas grave de se marier avec un(e) non-juif(ve) car ils pourraient être convertis sans problèmes selon la stricte halakha.

    7/ Mon avis personnel :

    Établir des ponts entre religieux et laïcs, OUI. Rectifier sans arrêt son comportement halakhique pour ne pas froisser les laïcs, c’est de la PROSTITUTION.

    Voilà……… Les premiers temps je précisais tout le respect que j’ai pour ce blog et mon plaisir à le lire malgré ma désapprobation de certains billets…. Dorénavant cette précision me semble
    superflue puisque mon nom apparaît sur certains articles, il y a une ‘hazaka 😉

  40. Personnellement, je pense que l’essentiel de la question qui attise tant de passions se trouve dans la fin de l’article, dans la formule : « judaïsme harmonieux et cohérent. »

    Après, tout cela est très subjectif, l’harmonie pour l’un, ne l’est pas pour l’autre et vice-versa. C’est toute la difficulté de la voie du juste milieu. Celui qui prétendrait définir précisément
    cette voie est selon moi un menteur ou un naïf, tellement ce fameux « juste milieu » est subjectif…
    En fait, je dirais que ce juste milieu ne peut se mesurer qu’à l’aune d’un concept essentiel – et pourtant si souvent galvaudé), à savoir, le respect d’autrui (l’humanisme, diront certains), ou
    pour utiliser la très belle formule du Rav Gilles Bernheim, le « Souci des autres »…

  41. Cher Gabriel,

    le probleme soulevé n’ est pas celui du clivage sefarade/achkenaze , car ces differences de mentalité sont vieille comme le monde ( au moins comme la creation des sefirots de hessed et de
    guevoura…)

    …, mais celui du clivage rabanoute/ »olam hathora » ( Thora appliquée au grand nombre, contre celui que chaque ire chamaim selon son niveau attend de soi meme)

    Dans tous les milieux selon leur niveau, les koulotes sont la et doivent permettre au peuple de ne pas fauter par leurs actes ( sans exagerer bien sur)
    exemple : un erouv, meme si un ire chamaim pourrait prendre sur soi vu les nuances halahiques traitant du erouv de ne pas porter, un erouv est plus que necessaire pour que les juifs portants soient
    tout de meme des chomer chabat.
    on pourra trouver dans un chout ahiezer ue lettre du HAzon ich au rav ernest Weil grand rabbin de france lui disant  » mitsva guedola letaken erouv beparis » , or le hazon ich ne portait jamais
    chabat, meme avec erouv.

    A Meknes, aussi, Rabbi Barouh etait connu pour sa severite et ses  » sermons » tres durs, il incarnanit le  » lehatrila » du ire chamaim , tandis que Rav Yossef Messas etait le Kav aHessed de la ville
    , d’ une conduite irreprochable et pleine de tsidkoute pour lui meme mais trouvant des heterims pour ceux qui sans cela seraient des  » fauteurs »
    pour etre d’ origine de Meknes, et ma famille ayant bien connu ces rabanims, ces deux personalites incarnent parfaitement le probleme soulevé.

    Alors on se pose la question,  » c’ est tres bien comme cela, un judaisme ouvert et simple pour le peuple et la possibilité a ceux qui veulent faire plus de le faire!! ? »

    ce n’ est pas aussi simple, car il existe un lien de cause a effet entre les deux mondes.

    une fois , quelqu’ un demanda au rav de Brisk pourquoi Yom Kippour etait il tellement respecte et craint par les moins religieux alors qu’ il n’ est pas la fete la plus agreable, contrairement a
    chabat par exemple, beaucoup plus sympathique. Celui ci repondit  » le fait que nous soyons a Kippour comme des malhahims a un impact sur ces juifs qui voient donc ce jour sous sa juste valeure. Si
    nous nous comportions en tant que bne Thora comme nous le devrions Chabat, cela aurai aussi un impact sur le peuple ».

    qu’ est ce que cela veut dire?

    que le lehatrila du monde  » froum » faconne le  » bediavad  » et la koula du peuple dans son ensemble.

    tout depend de la ou on place la barre.

    tous les rabanims que tu cites et pour qui j’ ai beaucoup d’ estime represente ce kav hahessed cherchant la koula pour le clal qu’ ils representent ( je peux t ‘ assurer que d’ un point de vue
    personel ils se comportent differement comme par exemple le rav Chlomo Amar qui ne se cache pas personellement de suivre les decisions du Hazon ich concernant la chemita alors que lui meme signe le
    heter mehira) , mais on peut concevoir qu’ ils ne soient pas reference halaha lemaassé pour ceux qui veulent plus.
    ( et encore une fois, il y a un lien entre les dux qui fait qu’ on ne peut pas dire au secont  » fais ce que tu veux pour toi , et laisse nous tranquil »)

  42. Cher Gabriel,
    Vous dites dans votre note explicative que ce n’est pas une étude sociologique. Cependant, il me semble qu’il faut effectuer une recherche tout aussi minutieuse et professionnelle pour affirmer que
    :  » c’est un fait que les décisionnaires séfarades n’aient aucun problème à faire évoluer la Halakha « . Même si je suis prêt à partager votre sensation, personne ne peut vraiment l’affirmer. Rav
    Moché Fenstein et le Tsits Eliezer (pour reprendre les exemples de Yona) sont-ils tellement plus minoritaires que l’est Rav Yossef Messas dans sa mouvance ?

    Par contre je suis beaucoup plus à même de vous suivre sur un point de vue hachkafique. Est-ce que les  » mahmirim  » (raccourci pour aller plus vite) toute mouvance confondue prennent toujours
    compte du prix que cette houmra coutera au tsibour ?
    Si un homme expose personnellement un problème qui pourrait porter atteinte à son couple, au kivoud av, ou engendrer une honte (halbanat panim) à cause d’un des problèmes sur lesquels portent les
    psakim révolutionnaires cités dans votre billet, je suis persuadé que nombreux sont les Rabbanim qui adhèreraient avec certains des psakim.
    Mais lorsque l’on parle à un tsibour tout coute plus cher dans un sens comme dans l’autre et pour cause d’un côté le heter qui est donné à des personnes pas très respectueuse devient rapidement un
    monde efker, et d’autre part donner une houmra met malheureusement certains juifs sur le ban de la société…
    Je suis d’accord avec Mr Cohen le problème est donc surtout le clivage olam hatora et rabanoute. Un Rav a la dure tâche de prendre une décision qui coûte cher.
    Pour ce qui est des problèmes de société qui ont fait les unes des journaux israéliens il faut juste comprendre que la question personnelle qui ne devait pas toucher grand monde devient par les
    médias comme une halakha au tsibour et pas tout le monde n’a la force d’assumer ce rôle.

    Je finirais par une petite histoire qui illustre bien votre billet je l’ai entendu d’un Rav mais je ne connais pas ses sources.
    Le Aroukh Hachoulhan a fait un travail remarquable sur le Choulhan Aroukh. Ce livre est à de nombreux égards autant respectable que le Michna Broura si ce n’est plus puisqu’il a rédigé son
    commentaire sur l’ensemble du Choulhan Aroukh et pas seulement sur Orah Haim. Et pourtant ce commentateur n’est connu que des initiés. Selon la rumeur cette « animosité » envers ce Talmid Hakham
    remonte à sa sortie. Elle est due à un psak révolutionnaire : selon lui il serait permis de lire le chema devant une femme surmontée d’une perruque !!! Quelle honte… Il n’a semblet-il eu que ce
    qu’il méritait…

  43. cette article est choquant et semble tendre facilement vers d’autres cieux encore plus dangereux. il est lié à mes yeux à cette volonte de vouloir faire ressembler la torah à la pensee occidentale
    et soi disant universelle qui n’a en realite aucune ressemblance avec la sainte torah.

  44. interpreter le rambam ou le rav hirsch comme ayant une pensee universelle et moderne represente à mes yeux une erreur profonde. ces deux geants representaient en realite le monde des yeshivots mais
    pronaient dans la mesure du possible une ouverture saine mais toujours dans le cadre d’une orthodoxie rigoureuse.

    concernant les autres rabbanims cites, vous pouvez eventuellement les citer mais leur infleunce concernant la totalité du peuple reste infime et il ne possede pas le statut reconnu de gdol hador(
    phrase que vous ne devez pas trop apprecie). par consequent, ma remarque reste legitime et ne tend pas vers la subjectivité.

    bien evidemment, je ne cherche aucunement à polemiquer dans l’air, j’apprecie votre blog (parfois) et mon unique volonté est d’esssayer de tendre vers la verité.

    cordialement

  45. cher gabriel

    tout d’abord, je ressens pleinement votre soif de verité dans vos paroles. cependant, vous avez une vision tout à fait inexacte de la pensee des guedolim, vous semblez n’en connaitre que les ragots
    de la pensee generale.

    connaissez vous le rav guedalia nadel qui etait un talmid mouvak du hazon ish et qui travaillait??? en passant, il etait egalement plutot ouvert sur les sciences.

    il est vrai que la pensee haredite classique tend vers un classicisme de l’esprit cependant, chacun au plus profond de lui meme mene bien ses propres choix. n’imaginez pas que les guedolims sont
    des personnes fermees et radicaux. c’est une reelle erreur de penser de telles choses.

    cependant, leur optique est à mes yeux reellement lechem chamaim. je ne peux pas decrire leur mode de pensee en quelques lignes mais croyez moi que le rambam aurait ete reconnu aujourd’hui comme le
    rav nadel l’a ete.

    concernant rav hirch, ne me ramenez pas une phrase tire de son contexte pour justifier une position qui semble douteuse. le rav hirsch pronait le monde des yeshivot comme le modele a suivre avec
    une touche de modernite.

    kol touv

  46. concernant le rambam, il me semble que durant les premieres annees, il ne travaillait pas et fonctionnait avec son frere avec le principe de yissahar et zevouloun.

    pour devenir un gadol, il faut passer beaucoup d’annees au kollel et il n’y a aucunement lieu de critiquer les grands rabbanims quant à leur statut, j’imagine qu’ils savent ce qu’ils font.

    pour le rav hirsch, je suis etonné de lire que son ecole possedait selon moi plus d’heures de hol que de kodesh. (reference??)cela m’etonne profondement. à mes yeux, le rav hirsch etait un puit de
    torah surtout et il a su donner au hol une utilisation rouhanit.

    concernant le rav nadel, il y a une grande part de verité dans ce que vous dites, je ne peux pas le nier. cependant, faire des generalites n’est pas forcement une bonne chose. pour l’anecdote, le
    rav shilat est mon voisin.

    pour conclure, j’apprecie votre travail cependant je pense d’une maniere differente de la votre.

  47. la difference entre vous et moi se situe au rapport que vous entretenez avec ces personnes.

    avez vous une fois rencontrer le rav shteinman?? cet homme a 97 ans, c’est un penseur et un savant hors pair, il respire la sainteté et vous croyez que je vais oser remettre en cause le fait qu’il
    ne soit pas pour le travail???

    pour l’anecdote, le rav shteinman que j’admire tant etait diamantaire. c’est le hazon ish qui a l’a envoyé prendre des responsabilites administratives.

    concernant le rav soloveitchik dont j’ai lu quelques livres, l’homme etait peut etre un geant mais il est facile de remarquer que les institutions resultants de son mode de pensee tendent parfois
    vers la limite de l’orthodoxie.

    à mes yeux, malgre les faiblesses de chacun, il n’y a pas à nier l’engagement rigoureux et le strict respect des lois des haredims par rapport aux autres modes de pensee dits « modernes »

    en esperant ne pas vous avoir blesse par mes paroles.

    cordialement

  48. tout d’abord, je ne cherche aucunement à devier le debat de quelque maniere que ce soit. cette interpretation est surement lié à votre imagination.

    il est de notorieté publique que les rabbanims du monde haredi representent les autorites spirituelles de la generation d’une maniere similaire à rabbi yohanan ben zakkai a yavne ou du rambam a
    fostat. il faut savoir admettre certaines choses. quelque soit les milieux, on admet generalement que le hazon ish etait l’autorité spirituelle la plus elevée de la generation precedente.

    ces rabbanims n’ont jamais interdit à qui que ce soit de travailler mais ont simplement encouragé à s’immmiscer le plus possible dans l’etude.

    en passant, il existe egalement dans le milieu haredi une reconnaissance des autres courants contrairement à ce que l’on puisse dire.

    concernant les derives des milieux, au niveau religieux, le milieu haredi reste dans les 4 amot de la halaha à tendance generale, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. il faudrait l’admettre
    egalement.

    je ne nie l’interet et l’attrait d’une pensee moderne en conciliation avec le judaisme mais de la à pretendre qu’il s’agit d’une verité et d’oser critiquer la tradition des sages, il y a un fossé à
    ne pas franchir.

    concernant le rambam ou le rav hirsch, je reste convaincu que l’importance de l’etude et des yeshivot etant la pierre centrale de la tradition, ils auraient aujourd’hui soutenu plus bien que mal le
    monde haredi malgre ses deficiences serieuses.

    pour l’anecdote, je me definis haredi, j’ai servi dans tsahal et j’ai egalenment fait des etudes universitaires, mais en voyant la kedousha vers laquelle un juif orthodoxe peut tendre, je me
    prosterne devant la pensee des sages.

  49. Salut Gabriel !
    Si on lit Rambam, autant tout lire !
    משנה תורה לרמב »ם ספר זרעים הלכות שמיטה ויובל
    הלכות שמיטה ויובל פרק יג
    א שבט לוי–אף על פי שאין להם חלק בארץ, כבר נצטוו ישראל ליתן להם ערים לשבת ומגרשיהם: והערים הם שש ערי המקלט, ועליהן ארבעים ושתיים עיר; וכשמוסיפין ערי מקלט אחרות בימות המשיח, הכול ללויים.

    ב מגרשי הערים, כבר נתפרשו בתורה שהם שלושת אלפים אמה סביב–שנאמר « מקיר העיר וחוצה, אלף אמה סביב » (במדבר לה,ד), ולהלן הוא אומר « ומדותם מחוץ לעיר, את פאת קדמה אלפיים באמה . . . » (במדבר לה,ה): אלף
    הראשונות מגרש, ואלפיים שמודדין חוץ למגרש לשדות וכרמים.

    ג ונותנין לכל עיר, בית קברות חוץ לתחום זה–שאין קוברין מתיהם בתחום עריהם: שנאמר « ומגרשיהם, יהיו לבהמתם ולרכושם, ולכול, חיתם » (במדבר לה,ג)–לחיים ניתנו, לא לקבורה.

    ד אין עושין בערי הלויים עיר מגרש, ולא מגרש עיר, ולא מגרש שדה, ולא שדה מגרש–שנאמר « ושדה מגרש עריהם, לא יימכר » (ויקרא כה,לד); [ה] ומפי השמועה למדו שזה שנאמר « לא יימכר », לא ישונה–אלא השדה והמגרש
    והעיר, כל אחד משלושתן כמות שהוא לעולם.

    ה וכן בשאר ערי ישראל–אין עושין שדה מגרש, ולא מגרש שדה, ולא מגרש עיר, ולא עיר מגרש; [ו] ולא יסתור אדם את ביתו לעשותו גינה, ולא ייטע את חורבתו גינה: שלא יחריבו ארץ ישראל.

    ו [ז] כוהנים ולויים שמכרו שדה משדות עריהם, או בית מבתי ערי חומה שלהן–אינן גואלין כסדר הזה: אלא מוכרין השדות ואפילו סמוך ליובל, וגואלין מיד; ואם הקדישו שדה, גואלין מיד ההקדש לאחר היובל; וגואלין בתי
    ערי חומה כל זמן שירצו, אפילו אחר כמה שנים–שנאמר « גאולת עולם, תהיה ללויים » (ויקרא כה,לב).

    ז [ח] ישראל שירש את אבי אימו לוי–הרי זה גואל כלויים, אף על פי שאינו לוי, הואיל והערים או השדות הן של לויים, גואל לעולם: שדין זה תלוי במקומות אלו, לא בבעלים. [ט] ולוי שירש את אבי אימו ישראל–אינו
    גואל כלויים, אלא כישראל: שלא נאמר « גאולת עולם, תהיה ללויים » (ויקרא כה,לב), אלא בערי הלויים.

    ח [י] כל שבט לוי, מוזהרין שלא ינחלו בארץ כנען, וכן הן מוזהרין שלא ייטלו חלק בביזה, בשעה שכובשין את הערים–שנאמר « לא יהיה לכוהנים הלויים כל שבט לוי, חלק ונחלה–עם ישראל » (דברים יח,א), « חלק » בביזה
    ו »נחלה » בארץ; וכן הוא אומר « בארצם לא תנחל, וחלק, לא יהיה לך בתוכם » (במדבר יח,כ), בביזה. ובן לוי או כוהן שנטל חלק בביזה, לוקה; ואם נטל נחלה בארץ, מעבירין אותה ממנו.

    ט [יא] ייראה לי, שאין הדברים אמורים, אלא בארץ שנכרתה עליה ברית לאברהם ליצחק וליעקוב, וירשוה בניהם ונתחלקה להם; אבל שאר כל הארצות שכובש מלך ממלכי ישראל–הרי הכוהנים והלויים באותן הארצות ובביזתן, ככל
    ישראל.

    י [יב] ולמה לא זכה לוי בנחלת ארץ ישראל ובביזתה עם אחיו: מפני שהובדל לעבוד את ה’ ולשרתו, ולהורות דרכיו הישרים ומשפטיו הצדיקים לרבים–שנאמר « יורו משפטיך ליעקוב, ותורתך לישראל » (דברים לג,י). לפיכך
    הובדלו מדרכי העולם–לא עורכין מלחמה כשאר ישראל, ולא נוחלין, ולא זוכין לעצמן בכוח גופן; אלא הם חיל ה’, שנאמר « ברך ה’ חילו » (דברים לג,יא), והוא ברוך הוא זיכה להם, שנאמר « אני חלקך ונחלתך » (במדבר
    יח,כ).

    יא [יג] ולא שבט לוי בלבד, אלא כל איש ואיש מכל באי העולם אשר נדבה רוחו אותו והבינו מדעו להיבדל לעמוד לפני ה’ לשרתו ולעובדו לדעה את ה’, והלך ישר כמו שעשהו האלוהים, ופרק מעל צווארו עול החשבונות הרבים
    אשר ביקשו בני האדם–הרי זה נתקדש קודש קודשים, ויהיה ה’ חלקו ונחלתו לעולם ולעולמי עולמים; ויזכה לו בעולם הזה דבר המספיק לו, כמו שזיכה לכוהנים וללויים. הרי דויד אומר « ה’, מנת חלקי וכוסי–אתה, תומיך
    גורלי » (תהילים טז,ה).

    Joyeux Noel !

  50. Je ne découvre cet article que maintenant. On pourrait en discuter longuement, mais je me contenterais premièrement de mettre en exergue la remarque qui ressort, il me semble, des propos de R.
    Ghertman, et dont je t’ai déjà souligné l’importance.
    Il faut avoir conscience que la psikka ne peut pas se réduire à la simple lettre écrite. Je m’explique: ce qu’un rabbin a écrit, même récemment, peut évidemment servir de base sur laquelle se
    fonder aujourd’hui. Mais même si disons seulement 40 ans nous séparent de ce psak, chaque rabbin doit faire le calcul qui lui semble juste face à la situation à laquelle il est confronté (ou plutôt
    SERA confronté, suite à sa décision). Je me permets de croire que c’est aussi ce qui ressort des mots du R. Israël Rozen à la fin de ce court article, à propos de l’annonce qui avait été publiée
    dans « שבת בשבתו »:
    http://www.srugim.co.il/21254-%d7%94%d7%a8%d7%91-%d7%99%d7%a9%d7%a8%d7%90%d7%9c-%d7%a8%d7%95%d7%96%d7%9f-%d7%a0%d7%92%d7%93-%d7%a7%d7%99%d7%a6%d7%95%d7%a8-%d7%a9%d7%91%d7%95%d7%a2-%d7%94%d7%a2%d7%91%d7%95%d7%93%d7%94-%d7%95%d7%a1?di=1.
    A savoir, qu’on peut toujours trouver mille et unes façons de permettre ou d’interdir quelque chose, là n’est pas le grand ‘hidoush. Dans ton article, je pense que ce qui a pu choquer des lecteurs
    était plutôt la conviction assez totale que tous les éceuils sont à considérer avec une approche laxiste et compréhensive. Là réside un ‘hidoush déjà plus intéressant. De tes autres publications,
    Gabriel, j’ai le sentiment que tu ne voulais bien sûr pas faire du totalitarisme, mais je crois que cette précision peut accalmer les esprits!
    Si je t’ai mal compris, dis-le moi…

    Seconde remarque: il est à mon sens important de se souvenir qu’une pssika « courageuse » n’est pas forcément celle qui sera plus permissive. En Israël, on entend de plus en plus des phrases du
    style: « Mais où est le rav courageux qui saura arrêter cette rigorisation?? ». Je m’imagine facilement les grands posskim bien réfléchir avant d’émettre un avis rigoureux, et suis convaincu qu’ils
    ont conscience du poids qu’ils imposent alors sur le public, comme pour les décisions que les politiques qualifient de « courageuses » lorsqu’ils font serrer la ceinture au contribuable, par exemple.
    Si l’on est vraiment habité d’un esprit de shli’hout pour la marche de la halakha – et donc du tsibour – le courage est présent aussi bien dans la ‘houmra que dans la koula.

  51. Bigre!j’espere que les citations ne sont pas sorties de leur contexte.Sinon,la vision est décapante et pousse à réflechir;je suis très impressioné aussi par le rav Amsellem et j’aimerai avoir plus
    de rnseignements sur sa démarche , que j’espère desinteressée. A suivre

  52. Shalom !
    Bien nous fasse à tous ce très bon article.
    Ton blog reste une de mes préférences pour me faire réfléchir. Bonne continuation et tous mes vœux cordiaux.

  53. La question n’est pas de savoir ce qui est moutar ou assour per se. La question est concrètement, de manière totalement, absolument, quotidiennement PRAGMATIQUE, quelle doit être la position d’un
    Rav devant ses ouailles qui l’assaillent de questions et attendent une réponse, a défaut une position. La rigueur éthérée d’un Beth Din a t elle sa place dans les souk de l’Ariana ou de Salé, comme
    dans les marchés de Cracovie ou Vilnius ? Franchement je ne crois pas qu’il y ait UNE réponse. La preuve, le monde ashkenaze a majoritairement (mais pas uniquement) choisi l’enclume du codex tandis
    que le monde séfarade (mais pas uniquement ni exclusivement) lui a préféré la plume. Tout cela je pense qu’entre gens biens élevés, on est tous d’accord. Le VRAI problème est de vouloir organiser,
    classifier, pondérer, prioriser ces démarches différentes. Et au final arriver à mépriser, moquer, s’opposer. Mon ami d’enfance m’a raconté qu’à Johannesbourg où il habite, le Rav qui gère la
    communauté Litvak ferme volontairement les yeux sur les personnes qui viennent en voiture le chabbat, vu les distances. Ça m’a choqué. Vraiment. Mais a aucun moment je vais me permettre de dire que
    ce Rav dans sa communauté est un apostat, que sa culture est primaire, qu’il s’oppose à la quintessence du Limoud, qu’il en pervertit les applications. Le débat Sef/Schkeun se base à ce niveau là:
    social et intellectuel. Et ne devrait jamais quitter ce carcan, pour déborder sur les jugements de valeurs halah’ique et conséquemment communautaire. Moi qui ai vécu un peu a Manchester je peux
    témoigner que la chaleur séfarade vaut des milliers de « barbus  » ashkenaze plongé dans leur précieux livres qui ne t’adressent même pas la parole sous prétexte que tu es séfarade (et pire,
    FRANÇAIS! symbole de la décadence et de la znout parisienne). Comme je peux témoigner qu’à Budapest la communauté Harédi organise les chabbaton les plus glauques qui soient pour celles et ceux qui
    n’ont pas l’honneur de parler Yiddish. Mais comme je peux aussi témoigner que le monde orthodoxe mancunien recèle aussi de gens aux cœurs immenses et pourtant aschkenazes. La seule différence est
    que eux seuls ont compris que ces différences de shitot n’impliquerait pas des différences de comportement. Ça fait hyper grenouille de bénitier et mon défaut bisounoursien réapparait: mais c’est
    ce qui manque le plus dans ce débat, le rappel au respect entre les rabbanim et donc entre les communautés. ( Évidemment je n’évoquerai pas volontairement que ce serait criminel de limer un diamant
    de 70 facettes en une minuscule plaque à une face…)

  54. Je pense qu’ il ne faut pas generaliser sur l’ esprit rabbinique sefarade, notamment marocain.
    Si tu cites si souvent Rabi Yossef Messas, il ne faut pas oublier le maroc de Rabi Barouh Toledano ( beaucoup plus strict avant meme qu’ il n’ ai de contact de par ses enfants avec les
    achkenazims). il ne faut pas non plus oublier les rabanims d’ essaouira, tafilalet,… beaucoup plus proches de la Kabala et donc plus mahmirims.
    Le maroc ainsi que la plupart des pays sefarades ont vecus differentes periodes de protectorats dans laquelle le minimum vital de yahdout etait menacé, et on ne peut donc pas baser des reflections
    sur les opinions des rabanims forgees dans ces circonstances.

    Rav Zermati lui meme dans son livre rapportant les psakims du rav Yossef Messas ecrit en hakdama que certains des ses psakims ( pratiquement tous ceux que tu cites ) ne sont pas a prendre halaha
    lemaassé et ne pouvait se comprendre que pour celui qui conaissait la situation a Tlemcene pui a Meknes ou la culture francaise menacait les bases du judaisme.

  55. Bonjour,

    Cet article me dérange beaucoup. Je ne trouve pas qu’il représente une vue « orthodoxe' » même si tous les points de vue le sont. Je vais donc endosser le rôle désagréable de « froum de service » et
    essayer de réagir sur quelques points :

    1/ Pssika séfarade / ashkénaze

    Je ne connais pas bien « l’étude de la pssika » donc je ne peux me prononcer qu’en observateur ignorant. D’abord, je n’ai pas ressenti une critique contre le monde ashkénaze dans son ensemble mais
    plus contre un concept que je définis mal = pssika ashkénaze.
    Les trois plus grands décisionnaires de la fin du siècle dernier sont selon moi R. Moshé Feinstein, R. Eliézer Waldenberg(Tsits Eliézer) et R. Ovadia Yossef. Ces Guedolim ont tout à fait saisi le
    principe de l’évolution de la Halakha en fonction des contextes. 2 sont ashkénazes et un séfarade.
    On m’a déjà objecté que R. Feinstein et le T.E ne représentent pas la pssika ashkénaze. Ce n’est pas la bonne réponse. La vérité est qu’il y a beaucoup moins d’uniformité dans la Halakha ashkénaze
    que dans la Halakha séfarade. Ceci pour une raison historique : une majorité de Séfaradim ont considéré que les pssakim évidents du Shoulkhan Aroukh ne peuvent plus être remis en question, alors
    que les A’haronim ashkénazes n’ont jamais eu la même réserve vis à vis du Rama. Peut-être que par la suite une « pssika ashkénaze » s’est formée, mais elle devait sûrement être dépendante d’un
    contexte particulier en Europe de l’est qui a été créateur d’une mentalité , transportée alors en Eretz-Israël. Mais quelqu’un comme R. M.F qui est parti aux USA a eu toute la liberté de mettre en
    place son propre style avec également son lot de heterim.
    Enfin j’approuve le commentaire de E. Cohen. Du côté des Rabbanim séfarades il y avait aussi des grands partisans de la ‘houmra (et pas seulement « quelques-uns »). Qu’allons-nous dire alors, que la
    pssika du Ben Ish ‘Haï est une pssika ashkénaze ?

    2/ Se couvrir la tête

    Il ne s’agit pas d’une autorisation de Rav Y. Messas mais d’un « mélamed z’hout » nous en avons déjà parlé dans les autres commentaires. De plus, ce mélamed z’hout s’applique à un contexte
    particulier qui ne peut pas être transposé partout, comme cela est rappelé de manière générale dans l’introduction de l’article. Aujourd’hui il est obligatoire de se couvrir la tête pour une femme,
    avant de rappeler les cas de force majeure ou autres hétérim il serait bon de rappeler la règle principale = une femme juive mariée doit se couvrir la tête.

    3/ Entendre une femme chantée

    Là aussi la règle est évidente : Il est interdit d’écouter une femme chantée. Il existe quelques autorisations dans des cas particuliers (radio, chorales mixtes, taper « voix de femme » sur cheela
    vous aurez les références en cherchant un peu). MAIS ces autorisations ne sont pas toujours a priori. Encore une fois avant de rappeler les autorisations précisons le comportement correct à adopter
    : Ne pas écouter une femme chanter. J’y reviendrais après.

    3/ L’histoire des soldats qui sont partis de la salle

    Personnellement je trouve qu’ils ont bien fait. On trouve des Grands-Rabbins d’Israël qui restent dans la salle lors de yom hatsmahout alors que des femmes chantent ? Sûrement le font-ils pour des
    raisons diplomatiques de grande importance à l’image de ce Grand-Rabbin français qui a du rentrer dans une Église pour éviter un grave conflit diplomatique. Ce sont des cas de force majeure.
    Et même s’il y a des autorisations qui font que les soldats auraient pu rester en se tournant ou en fermant les yeux etc… rester dans le cadre d’une scène interdite par la Halakha, c’est aussi la
    légitimer. Je vais prendre mon exemple : lorsqu’il y a des Bar-Mitsvot dans la communauté de personnes non pratiquantes qui vont faire une soirée avec danses mixtes, je suis toujours invité. Je
    décline poliment l’invitation en répondant que je viendrais à seulement à l’apéritif (cachère bien entendu)mais pas aux danses. On me répond parfois que je pourrais venir et me placer de manière à
    ne pas voir les femmes danser. Je refuse catégoriquement pour ne pas légitimer les danses mixtes.
    Certes le contexte est différent et je ne connais pas bien la situation israélienne. Mais sur le principe il importe parfois de se monter ma’hmir (strict) justement pour montrer sa désapprobation
    d’attitudes allant à l’encontre de la Halakha.

    4/ S’appuyer sur des avis permissifs (yesh al mi lismokh)

    Il y a des cas dans lesquels il est nécessaire de s’appuyer sur des avis permissifs pour éviter des conflits c’est certain. Mais au delà des avis il y a des compréhensions différentes de thèmes
    talmudiques (sougyhot) par des décisionnaires. On ne peut pas dire qu’un tel est « extrémiste » car il a donné un avis allant dans le sens de la rigueur. Ou bien qu’un autre est laxiste car il va
    dans le sens de l’autorisation. Il s’agit avant tout de deux compréhensions différentes d’une même sougyah. L’idéal serait que chacun soit capable d’étudier la sogyah de A à Z et de suivre l’avis
    qu’il ressent le mieux , non pas par rapport à ses sentiments ou ses envies, mais par rapport à sa propre étude. Pour la majorité qui ne peut pas faire cette démarche il existe un principe qui,
    même s’il n’est pas strictement halakhique, permet d’observer une Halakha cohérente = assé lekha Rav (fais-toi un Rav). Mais du point de vue de l’étude il serait complétement incohérent et
    malhonnête de suivre a priori un avis permissif si on comprend l’inverse de la sougyah.

    5/ Orthodoxie ?

    L’idée de cet article est qu’il est possible de vivre dans la société israélienne en respectant son caractère moderne tout en respectant la Halakha , au moins d’après des avis minoritaires. Dans
    les techouvot massorti si l’on regarde bien, la majorité des avis rapportés proviennent de Rabbanim orthodoxes également. Il y a une attitude « moderne » à laquelle on tend, et on va établir une
    construction halakhique pour aller vers cette modernité, quitte à faire fi de toute cohérence interne. C’est comme ça par exemple que le second jour de Yom Tov en Diaspora a été abrogé dans
    beaucoup de communautés massorti.

    Dès lors, j’ose espérer que cet article ne représente pas la modern-orthodoxie. J’ose espérer que vivre en tant que MO ce n’est pas vivre toujours selon la koula (avis permissif). J’ose espérer
    qu’il reste possible d’être profondément moderne tout en restant cohérent dans la Halakha, et en restant dans le lekhat’hila (a priori) pour la majorité de ses actions.

    6/ Ce que j’aurais déduit de cet article s’il n’y avait la mise en garde du début, et ce que certains ont pu déduire car ça les arrange :

    – Il est autorisé d’écouter une femme chantée
    – Il est autorisée pour une femme mariée de ne pas se couvrir la tête.
    – Il est autorisé de prendre la voiture le Shabbat pour aller faire le kidoush en famille.
    – Une femme a le droit de mettre talith et téfilin à notre époque dans nos communautés (je ne me suis pas étendu sur ce point mais j’aurais pu également le faire, en dehors des avis considérant
    qu’il s’agit du issour doraïta de lo tilbash en se basant sur le targoum Ounkélos , il me semble que la raison principale aujourd’hui est de ne pas faire comme les réformés).
    – Il n’est pas grave de se marier avec un(e) non-juif(ve) car ils pourraient être convertis sans problèmes selon la stricte halakha.

    7/ Mon avis personnel :

    Établir des ponts entre religieux et laïcs, OUI. Rectifier sans arrêt son comportement halakhique pour ne pas froisser les laïcs, c’est de la PROSTITUTION.

    Voilà……… Les premiers temps je précisais tout le respect que j’ai pour ce blog et mon plaisir à le lire malgré ma désapprobation de certains billets…. Dorénavant cette précision me semble
    superflue puisque mon nom apparaît sur certains articles, il y a une ‘hazaka 😉

  56. Personnellement, je pense que l’essentiel de la question qui attise tant de passions se trouve dans la fin de l’article, dans la formule : « judaïsme harmonieux et cohérent. »

    Après, tout cela est très subjectif, l’harmonie pour l’un, ne l’est pas pour l’autre et vice-versa. C’est toute la difficulté de la voie du juste milieu. Celui qui prétendrait définir précisément
    cette voie est selon moi un menteur ou un naïf, tellement ce fameux « juste milieu » est subjectif…
    En fait, je dirais que ce juste milieu ne peut se mesurer qu’à l’aune d’un concept essentiel – et pourtant si souvent galvaudé), à savoir, le respect d’autrui (l’humanisme, diront certains), ou
    pour utiliser la très belle formule du Rav Gilles Bernheim, le « Souci des autres »…

  57. Cher Gabriel,

    le probleme soulevé n’ est pas celui du clivage sefarade/achkenaze , car ces differences de mentalité sont vieille comme le monde ( au moins comme la creation des sefirots de hessed et de
    guevoura…)

    …, mais celui du clivage rabanoute/ »olam hathora » ( Thora appliquée au grand nombre, contre celui que chaque ire chamaim selon son niveau attend de soi meme)

    Dans tous les milieux selon leur niveau, les koulotes sont la et doivent permettre au peuple de ne pas fauter par leurs actes ( sans exagerer bien sur)
    exemple : un erouv, meme si un ire chamaim pourrait prendre sur soi vu les nuances halahiques traitant du erouv de ne pas porter, un erouv est plus que necessaire pour que les juifs portants soient
    tout de meme des chomer chabat.
    on pourra trouver dans un chout ahiezer ue lettre du HAzon ich au rav ernest Weil grand rabbin de france lui disant  » mitsva guedola letaken erouv beparis » , or le hazon ich ne portait jamais
    chabat, meme avec erouv.

    A Meknes, aussi, Rabbi Barouh etait connu pour sa severite et ses  » sermons » tres durs, il incarnanit le  » lehatrila » du ire chamaim , tandis que Rav Yossef Messas etait le Kav aHessed de la ville
    , d’ une conduite irreprochable et pleine de tsidkoute pour lui meme mais trouvant des heterims pour ceux qui sans cela seraient des  » fauteurs »
    pour etre d’ origine de Meknes, et ma famille ayant bien connu ces rabanims, ces deux personalites incarnent parfaitement le probleme soulevé.

    Alors on se pose la question,  » c’ est tres bien comme cela, un judaisme ouvert et simple pour le peuple et la possibilité a ceux qui veulent faire plus de le faire!! ? »

    ce n’ est pas aussi simple, car il existe un lien de cause a effet entre les deux mondes.

    une fois , quelqu’ un demanda au rav de Brisk pourquoi Yom Kippour etait il tellement respecte et craint par les moins religieux alors qu’ il n’ est pas la fete la plus agreable, contrairement a
    chabat par exemple, beaucoup plus sympathique. Celui ci repondit  » le fait que nous soyons a Kippour comme des malhahims a un impact sur ces juifs qui voient donc ce jour sous sa juste valeure. Si
    nous nous comportions en tant que bne Thora comme nous le devrions Chabat, cela aurai aussi un impact sur le peuple ».

    qu’ est ce que cela veut dire?

    que le lehatrila du monde  » froum » faconne le  » bediavad  » et la koula du peuple dans son ensemble.

    tout depend de la ou on place la barre.

    tous les rabanims que tu cites et pour qui j’ ai beaucoup d’ estime represente ce kav hahessed cherchant la koula pour le clal qu’ ils representent ( je peux t ‘ assurer que d’ un point de vue
    personel ils se comportent differement comme par exemple le rav Chlomo Amar qui ne se cache pas personellement de suivre les decisions du Hazon ich concernant la chemita alors que lui meme signe le
    heter mehira) , mais on peut concevoir qu’ ils ne soient pas reference halaha lemaassé pour ceux qui veulent plus.
    ( et encore une fois, il y a un lien entre les dux qui fait qu’ on ne peut pas dire au secont  » fais ce que tu veux pour toi , et laisse nous tranquil »)

  58. Cher Gabriel,
    Vous dites dans votre note explicative que ce n’est pas une étude sociologique. Cependant, il me semble qu’il faut effectuer une recherche tout aussi minutieuse et professionnelle pour affirmer que
    :  » c’est un fait que les décisionnaires séfarades n’aient aucun problème à faire évoluer la Halakha « . Même si je suis prêt à partager votre sensation, personne ne peut vraiment l’affirmer. Rav
    Moché Fenstein et le Tsits Eliezer (pour reprendre les exemples de Yona) sont-ils tellement plus minoritaires que l’est Rav Yossef Messas dans sa mouvance ?

    Par contre je suis beaucoup plus à même de vous suivre sur un point de vue hachkafique. Est-ce que les  » mahmirim  » (raccourci pour aller plus vite) toute mouvance confondue prennent toujours
    compte du prix que cette houmra coutera au tsibour ?
    Si un homme expose personnellement un problème qui pourrait porter atteinte à son couple, au kivoud av, ou engendrer une honte (halbanat panim) à cause d’un des problèmes sur lesquels portent les
    psakim révolutionnaires cités dans votre billet, je suis persuadé que nombreux sont les Rabbanim qui adhèreraient avec certains des psakim.
    Mais lorsque l’on parle à un tsibour tout coute plus cher dans un sens comme dans l’autre et pour cause d’un côté le heter qui est donné à des personnes pas très respectueuse devient rapidement un
    monde efker, et d’autre part donner une houmra met malheureusement certains juifs sur le ban de la société…
    Je suis d’accord avec Mr Cohen le problème est donc surtout le clivage olam hatora et rabanoute. Un Rav a la dure tâche de prendre une décision qui coûte cher.
    Pour ce qui est des problèmes de société qui ont fait les unes des journaux israéliens il faut juste comprendre que la question personnelle qui ne devait pas toucher grand monde devient par les
    médias comme une halakha au tsibour et pas tout le monde n’a la force d’assumer ce rôle.

    Je finirais par une petite histoire qui illustre bien votre billet je l’ai entendu d’un Rav mais je ne connais pas ses sources.
    Le Aroukh Hachoulhan a fait un travail remarquable sur le Choulhan Aroukh. Ce livre est à de nombreux égards autant respectable que le Michna Broura si ce n’est plus puisqu’il a rédigé son
    commentaire sur l’ensemble du Choulhan Aroukh et pas seulement sur Orah Haim. Et pourtant ce commentateur n’est connu que des initiés. Selon la rumeur cette « animosité » envers ce Talmid Hakham
    remonte à sa sortie. Elle est due à un psak révolutionnaire : selon lui il serait permis de lire le chema devant une femme surmontée d’une perruque !!! Quelle honte… Il n’a semblet-il eu que ce
    qu’il méritait…

  59. cette article est choquant et semble tendre facilement vers d’autres cieux encore plus dangereux. il est lié à mes yeux à cette volonte de vouloir faire ressembler la torah à la pensee occidentale
    et soi disant universelle qui n’a en realite aucune ressemblance avec la sainte torah.

  60. interpreter le rambam ou le rav hirsch comme ayant une pensee universelle et moderne represente à mes yeux une erreur profonde. ces deux geants representaient en realite le monde des yeshivots mais
    pronaient dans la mesure du possible une ouverture saine mais toujours dans le cadre d’une orthodoxie rigoureuse.

    concernant les autres rabbanims cites, vous pouvez eventuellement les citer mais leur infleunce concernant la totalité du peuple reste infime et il ne possede pas le statut reconnu de gdol hador(
    phrase que vous ne devez pas trop apprecie). par consequent, ma remarque reste legitime et ne tend pas vers la subjectivité.

    bien evidemment, je ne cherche aucunement à polemiquer dans l’air, j’apprecie votre blog (parfois) et mon unique volonté est d’esssayer de tendre vers la verité.

    cordialement

  61. cher gabriel

    tout d’abord, je ressens pleinement votre soif de verité dans vos paroles. cependant, vous avez une vision tout à fait inexacte de la pensee des guedolim, vous semblez n’en connaitre que les ragots
    de la pensee generale.

    connaissez vous le rav guedalia nadel qui etait un talmid mouvak du hazon ish et qui travaillait??? en passant, il etait egalement plutot ouvert sur les sciences.

    il est vrai que la pensee haredite classique tend vers un classicisme de l’esprit cependant, chacun au plus profond de lui meme mene bien ses propres choix. n’imaginez pas que les guedolims sont
    des personnes fermees et radicaux. c’est une reelle erreur de penser de telles choses.

    cependant, leur optique est à mes yeux reellement lechem chamaim. je ne peux pas decrire leur mode de pensee en quelques lignes mais croyez moi que le rambam aurait ete reconnu aujourd’hui comme le
    rav nadel l’a ete.

    concernant rav hirch, ne me ramenez pas une phrase tire de son contexte pour justifier une position qui semble douteuse. le rav hirsch pronait le monde des yeshivot comme le modele a suivre avec
    une touche de modernite.

    kol touv

  62. concernant le rambam, il me semble que durant les premieres annees, il ne travaillait pas et fonctionnait avec son frere avec le principe de yissahar et zevouloun.

    pour devenir un gadol, il faut passer beaucoup d’annees au kollel et il n’y a aucunement lieu de critiquer les grands rabbanims quant à leur statut, j’imagine qu’ils savent ce qu’ils font.

    pour le rav hirsch, je suis etonné de lire que son ecole possedait selon moi plus d’heures de hol que de kodesh. (reference??)cela m’etonne profondement. à mes yeux, le rav hirsch etait un puit de
    torah surtout et il a su donner au hol une utilisation rouhanit.

    concernant le rav nadel, il y a une grande part de verité dans ce que vous dites, je ne peux pas le nier. cependant, faire des generalites n’est pas forcement une bonne chose. pour l’anecdote, le
    rav shilat est mon voisin.

    pour conclure, j’apprecie votre travail cependant je pense d’une maniere differente de la votre.

  63. la difference entre vous et moi se situe au rapport que vous entretenez avec ces personnes.

    avez vous une fois rencontrer le rav shteinman?? cet homme a 97 ans, c’est un penseur et un savant hors pair, il respire la sainteté et vous croyez que je vais oser remettre en cause le fait qu’il
    ne soit pas pour le travail???

    pour l’anecdote, le rav shteinman que j’admire tant etait diamantaire. c’est le hazon ish qui a l’a envoyé prendre des responsabilites administratives.

    concernant le rav soloveitchik dont j’ai lu quelques livres, l’homme etait peut etre un geant mais il est facile de remarquer que les institutions resultants de son mode de pensee tendent parfois
    vers la limite de l’orthodoxie.

    à mes yeux, malgre les faiblesses de chacun, il n’y a pas à nier l’engagement rigoureux et le strict respect des lois des haredims par rapport aux autres modes de pensee dits « modernes »

    en esperant ne pas vous avoir blesse par mes paroles.

    cordialement

  64. tout d’abord, je ne cherche aucunement à devier le debat de quelque maniere que ce soit. cette interpretation est surement lié à votre imagination.

    il est de notorieté publique que les rabbanims du monde haredi representent les autorites spirituelles de la generation d’une maniere similaire à rabbi yohanan ben zakkai a yavne ou du rambam a
    fostat. il faut savoir admettre certaines choses. quelque soit les milieux, on admet generalement que le hazon ish etait l’autorité spirituelle la plus elevée de la generation precedente.

    ces rabbanims n’ont jamais interdit à qui que ce soit de travailler mais ont simplement encouragé à s’immmiscer le plus possible dans l’etude.

    en passant, il existe egalement dans le milieu haredi une reconnaissance des autres courants contrairement à ce que l’on puisse dire.

    concernant les derives des milieux, au niveau religieux, le milieu haredi reste dans les 4 amot de la halaha à tendance generale, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. il faudrait l’admettre
    egalement.

    je ne nie l’interet et l’attrait d’une pensee moderne en conciliation avec le judaisme mais de la à pretendre qu’il s’agit d’une verité et d’oser critiquer la tradition des sages, il y a un fossé à
    ne pas franchir.

    concernant le rambam ou le rav hirsch, je reste convaincu que l’importance de l’etude et des yeshivot etant la pierre centrale de la tradition, ils auraient aujourd’hui soutenu plus bien que mal le
    monde haredi malgre ses deficiences serieuses.

    pour l’anecdote, je me definis haredi, j’ai servi dans tsahal et j’ai egalenment fait des etudes universitaires, mais en voyant la kedousha vers laquelle un juif orthodoxe peut tendre, je me
    prosterne devant la pensee des sages.

  65. Salut Gabriel !
    Si on lit Rambam, autant tout lire !
    משנה תורה לרמב »ם ספר זרעים הלכות שמיטה ויובל
    הלכות שמיטה ויובל פרק יג
    א שבט לוי–אף על פי שאין להם חלק בארץ, כבר נצטוו ישראל ליתן להם ערים לשבת ומגרשיהם: והערים הם שש ערי המקלט, ועליהן ארבעים ושתיים עיר; וכשמוסיפין ערי מקלט אחרות בימות המשיח, הכול ללויים.

    ב מגרשי הערים, כבר נתפרשו בתורה שהם שלושת אלפים אמה סביב–שנאמר « מקיר העיר וחוצה, אלף אמה סביב » (במדבר לה,ד), ולהלן הוא אומר « ומדותם מחוץ לעיר, את פאת קדמה אלפיים באמה . . . » (במדבר לה,ה): אלף
    הראשונות מגרש, ואלפיים שמודדין חוץ למגרש לשדות וכרמים.

    ג ונותנין לכל עיר, בית קברות חוץ לתחום זה–שאין קוברין מתיהם בתחום עריהם: שנאמר « ומגרשיהם, יהיו לבהמתם ולרכושם, ולכול, חיתם » (במדבר לה,ג)–לחיים ניתנו, לא לקבורה.

    ד אין עושין בערי הלויים עיר מגרש, ולא מגרש עיר, ולא מגרש שדה, ולא שדה מגרש–שנאמר « ושדה מגרש עריהם, לא יימכר » (ויקרא כה,לד); [ה] ומפי השמועה למדו שזה שנאמר « לא יימכר », לא ישונה–אלא השדה והמגרש
    והעיר, כל אחד משלושתן כמות שהוא לעולם.

    ה וכן בשאר ערי ישראל–אין עושין שדה מגרש, ולא מגרש שדה, ולא מגרש עיר, ולא עיר מגרש; [ו] ולא יסתור אדם את ביתו לעשותו גינה, ולא ייטע את חורבתו גינה: שלא יחריבו ארץ ישראל.

    ו [ז] כוהנים ולויים שמכרו שדה משדות עריהם, או בית מבתי ערי חומה שלהן–אינן גואלין כסדר הזה: אלא מוכרין השדות ואפילו סמוך ליובל, וגואלין מיד; ואם הקדישו שדה, גואלין מיד ההקדש לאחר היובל; וגואלין בתי
    ערי חומה כל זמן שירצו, אפילו אחר כמה שנים–שנאמר « גאולת עולם, תהיה ללויים » (ויקרא כה,לב).

    ז [ח] ישראל שירש את אבי אימו לוי–הרי זה גואל כלויים, אף על פי שאינו לוי, הואיל והערים או השדות הן של לויים, גואל לעולם: שדין זה תלוי במקומות אלו, לא בבעלים. [ט] ולוי שירש את אבי אימו ישראל–אינו
    גואל כלויים, אלא כישראל: שלא נאמר « גאולת עולם, תהיה ללויים » (ויקרא כה,לב), אלא בערי הלויים.

    ח [י] כל שבט לוי, מוזהרין שלא ינחלו בארץ כנען, וכן הן מוזהרין שלא ייטלו חלק בביזה, בשעה שכובשין את הערים–שנאמר « לא יהיה לכוהנים הלויים כל שבט לוי, חלק ונחלה–עם ישראל » (דברים יח,א), « חלק » בביזה
    ו »נחלה » בארץ; וכן הוא אומר « בארצם לא תנחל, וחלק, לא יהיה לך בתוכם » (במדבר יח,כ), בביזה. ובן לוי או כוהן שנטל חלק בביזה, לוקה; ואם נטל נחלה בארץ, מעבירין אותה ממנו.

    ט [יא] ייראה לי, שאין הדברים אמורים, אלא בארץ שנכרתה עליה ברית לאברהם ליצחק וליעקוב, וירשוה בניהם ונתחלקה להם; אבל שאר כל הארצות שכובש מלך ממלכי ישראל–הרי הכוהנים והלויים באותן הארצות ובביזתן, ככל
    ישראל.

    י [יב] ולמה לא זכה לוי בנחלת ארץ ישראל ובביזתה עם אחיו: מפני שהובדל לעבוד את ה’ ולשרתו, ולהורות דרכיו הישרים ומשפטיו הצדיקים לרבים–שנאמר « יורו משפטיך ליעקוב, ותורתך לישראל » (דברים לג,י). לפיכך
    הובדלו מדרכי העולם–לא עורכין מלחמה כשאר ישראל, ולא נוחלין, ולא זוכין לעצמן בכוח גופן; אלא הם חיל ה’, שנאמר « ברך ה’ חילו » (דברים לג,יא), והוא ברוך הוא זיכה להם, שנאמר « אני חלקך ונחלתך » (במדבר
    יח,כ).

    יא [יג] ולא שבט לוי בלבד, אלא כל איש ואיש מכל באי העולם אשר נדבה רוחו אותו והבינו מדעו להיבדל לעמוד לפני ה’ לשרתו ולעובדו לדעה את ה’, והלך ישר כמו שעשהו האלוהים, ופרק מעל צווארו עול החשבונות הרבים
    אשר ביקשו בני האדם–הרי זה נתקדש קודש קודשים, ויהיה ה’ חלקו ונחלתו לעולם ולעולמי עולמים; ויזכה לו בעולם הזה דבר המספיק לו, כמו שזיכה לכוהנים וללויים. הרי דויד אומר « ה’, מנת חלקי וכוסי–אתה, תומיך
    גורלי » (תהילים טז,ה).

    Joyeux Noel !

  66. Je ne découvre cet article que maintenant. On pourrait en discuter longuement, mais je me contenterais premièrement de mettre en exergue la remarque qui ressort, il me semble, des propos de R.
    Ghertman, et dont je t’ai déjà souligné l’importance.
    Il faut avoir conscience que la psikka ne peut pas se réduire à la simple lettre écrite. Je m’explique: ce qu’un rabbin a écrit, même récemment, peut évidemment servir de base sur laquelle se
    fonder aujourd’hui. Mais même si disons seulement 40 ans nous séparent de ce psak, chaque rabbin doit faire le calcul qui lui semble juste face à la situation à laquelle il est confronté (ou plutôt
    SERA confronté, suite à sa décision). Je me permets de croire que c’est aussi ce qui ressort des mots du R. Israël Rozen à la fin de ce court article, à propos de l’annonce qui avait été publiée
    dans « שבת בשבתו »:
    http://www.srugim.co.il/21254-%d7%94%d7%a8%d7%91-%d7%99%d7%a9%d7%a8%d7%90%d7%9c-%d7%a8%d7%95%d7%96%d7%9f-%d7%a0%d7%92%d7%93-%d7%a7%d7%99%d7%a6%d7%95%d7%a8-%d7%a9%d7%91%d7%95%d7%a2-%d7%94%d7%a2%d7%91%d7%95%d7%93%d7%94-%d7%95%d7%a1?di=1.
    A savoir, qu’on peut toujours trouver mille et unes façons de permettre ou d’interdir quelque chose, là n’est pas le grand ‘hidoush. Dans ton article, je pense que ce qui a pu choquer des lecteurs
    était plutôt la conviction assez totale que tous les éceuils sont à considérer avec une approche laxiste et compréhensive. Là réside un ‘hidoush déjà plus intéressant. De tes autres publications,
    Gabriel, j’ai le sentiment que tu ne voulais bien sûr pas faire du totalitarisme, mais je crois que cette précision peut accalmer les esprits!
    Si je t’ai mal compris, dis-le moi…

    Seconde remarque: il est à mon sens important de se souvenir qu’une pssika « courageuse » n’est pas forcément celle qui sera plus permissive. En Israël, on entend de plus en plus des phrases du
    style: « Mais où est le rav courageux qui saura arrêter cette rigorisation?? ». Je m’imagine facilement les grands posskim bien réfléchir avant d’émettre un avis rigoureux, et suis convaincu qu’ils
    ont conscience du poids qu’ils imposent alors sur le public, comme pour les décisions que les politiques qualifient de « courageuses » lorsqu’ils font serrer la ceinture au contribuable, par exemple.
    Si l’on est vraiment habité d’un esprit de shli’hout pour la marche de la halakha – et donc du tsibour – le courage est présent aussi bien dans la ‘houmra que dans la koula.

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