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, le jour d’indépendance de l’État d’Israël, est une fête qui me touche à bien des égards. Dans ma ville natale, Strasbourg, l’évènement n’était pas vraiment marqué. Tout au plus par une ambiance « israélienne » à l’école juive, encadrée par des professeurs de kodesh peu convaincus et peu convaincants. Je crois qu’il n’y a qu’une synagogue (sur les dizaines que compte la ville) où l’on récite le Hallel, sans bracha et sans réel émotion. Et pour cause, la plupart des sionistes fervents que comptaient cette ville sont passés de la théorie à la pratique depuis bien des années.

J’aurai bien du mal à définir exactement ce qui me plait tant dans cette fête. Une liste de raisons, rationnelles ou mystiques, s’embrouillent dans ma tête. Cependant, une raison surpasse toutes les autres : Après deux milles ans de passivité, le peuple juif prend enfin son destin en main. Alors que depuis la chute de la ville de Beitar (135 de l’ère chrétienne) le peuple juif errait de pays en pays là où une âme charitable (ou pas) l’accepterait, les juifs se sont enfin décidés à ne plus errer, à ne plus dépendre du bon vouloir des nations du monde. C’est bien pour cela qu’à bien des égards, le sionisme représente la fin de l’exil. Ce n’est pas forcément un messianisme, une rédemption où le début de la délivrance – cela, seul Dieu peut le savoir – mais c’est la fin de deux millénaires de mentalité d’exilés, de non-contrôle de son destin, de passivité exacerbée.

De nombreux juifs de Diaspora se plaignent des divisions qui composent la société israélienne. Certes, ces divisions sont regrettables mais je les préfère largement à l’apparente unité des juifs de Diaspora. Cette unité ne provient pas d’un véritable pluralisme juif, elle provient uniquement de ce pragmatisme d’exilés qui comprend rapidement que pour moins souffrir, une minorité à tout intérêt à se regrouper. En Israël, chaque juif à au moins la possibilité de vivre selon ses croyances et sa foi, sans tenir compte d’éléments extérieurs. Le juif de Diaspora est le juif du compromis et des concessions, celui qui doit tenir compte du regard du non-juif, celui qui doit parfois fermer l’œil pour conserver un emploi, celui qui ne sait plus très bien s’il est d’abord juif ou d’abord français, ou s’il est simplement possible d’être à la fois juif et français. Le juif israélien est le juif revenu à son authenticité ; le juif indépendant,tant au niveau politique qu’au niveau intellectuel et religieux ; l’Hébreu d’antan, comme l’avait si bien compris le grand R. Léon Ashkénazi (Manitou).

Pour revenir à ma ville natale, je comprends aisément qu’elle ne puisse fêter Yom Haatsmaout comme il se doit. Fêter Yom Haatsamout en Diaspora, c’est un peu comme fêter le don de la Torah quand on ne pratique pas. On peut adhérer au concept, le soutenir, mais on ne peut pas réellement s’identifier avec lui, on ne peut pas se sentir partie intégrante de la beauté de cette célébration. Et pourtant, en Israël, ce jour est sur bien des aspects plus beau encore que les traditionnelles. Enfin une fête juive qui ne se base pas sur un passé glorieux mais sur un avenir rayonnant.

On peut expliquer rationnellement ou pas le retour des juifs sur leur terre ; on peut voir ou pas la main de Dieu dans l’établissement de l’état d’Israël ; mais on ne peut que se réjouir de cette renaissance juive, de cette indépendance politique, morale et religieuse qui mérite largement l’établissement d’un jour de fête nationale et religieuse.

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