Ni Dieu ni IA : pourquoi le livre de Mathieu Corteel critique profondément notre fascination pour l’intelligence artificielle

Table des matières

L’intelligence artificielle occupe désormais une place centrale dans nos vies.

Des moteurs de recherche aux réseaux sociaux, en passant par ChatGPT, les générateurs d’images ou les algorithmes de recommandation, les IA participent déjà :

  • à notre manière de travailler,
  • de communiquer,
  • de créer,
  • et parfois même de penser.

Face à cette révolution technologique, les discours oscillent souvent entre :

  • fascination,
  • promesses futuristes,
  • et scénarios catastrophes.

Mais le philosophe Mathieu Corteel propose une approche très différente dans son livre :

Ni Dieu ni IA : une philosophie sceptique de l’intelligence artificielle.

Publié en 2025 aux éditions La Découverte, cet essai critique interroge moins la puissance des machines… que notre propre rapport collectif à l’intelligence artificielle.

Pour Corteel, le véritable danger n’est peut-être pas l’émergence d’une IA consciente.

Le risque serait plutôt :

  • l’expropriation progressive de notre intelligence humaine,
  • la délégation massive de nos décisions,
  • et notre dépendance croissante aux systèmes algorithmiques.

Qui est Mathieu Corteel ?

Mathieu Corteel est philosophe et historien des sciences.

Chercheur postdoctoral à Sciences Po et affilié au MIT, il travaille notamment sur :

  • la philosophie de l’intelligence artificielle,
  • l’histoire des statistiques,
  • la santé,
  • et les transformations du capitalisme cognitif.

Avant Ni Dieu ni IA, il avait déjà publié :

Le Hasard et le Pathologique

un ouvrage consacré aux statistiques médicales et aux modèles de prédiction.

Son approche se distingue par une forte dimension philosophique et critique.

Contrairement aux discours purement technophiles ou catastrophistes, Corteel adopte ce qu’il appelle :

Un “scepticisme anthropotechnique”.

Autrement dit :
une manière de questionner les effets concrets des technologies sur les humains et les sociétés.

Que raconte Ni Dieu ni IA ?

Le livre part d’un constat simple :
les intelligences artificielles produisent désormais :

  • des textes,
  • des images,
  • des vidéos,
  • des recommandations,
  • et des décisions automatisées

dans presque tous les domaines de la vie sociale.

Pour Corteel, cette évolution transforme profondément :

  • notre rapport à la connaissance,
  • à la création,
  • au travail,
  • et même à la pensée elle-même.

L’auteur ne cherche pas à démontrer que les machines vont devenir conscientes.

Il critique plutôt :

  • notre tendance à attribuer une pensée aux algorithmes,
  • notre fascination pour les systèmes automatisés,
  • et notre acceptation progressive de leur pouvoir.

“Et si leur développement conduisait non pas à l’émergence d’une machine consciente (…) mais à l’expropriation et à l’exploitation de notre intelligence collective ?”
— Mathieu Corteel

Pourquoi le titre “Ni Dieu ni IA” est important

Le titre du livre n’a pas été choisi au hasard.

Il fait directement écho à certaines critiques philosophiques de la technologie moderne.

Pour Corteel, l’intelligence artificielle tend parfois à devenir :

  • une nouvelle croyance,
  • une forme de solution miracle,
  • voire une quasi-religion technologique.

Dans certains discours contemporains, l’IA apparaît comme :

  • capable de résoudre tous les problèmes,
  • de remplacer certaines capacités humaines,
  • ou même de dépasser l’intelligence humaine.

Cette fascination inquiète l’auteur.

Car elle risque selon lui de transformer les humains en simples exécutants de systèmes algorithmiques.

Le problème ne serait donc pas uniquement technique.

Il deviendrait aussi :

  • politique,
  • philosophique,
  • et culturel.

Les grandes idées du livre

SujetAnalyse de Mathieu Corteel
IA générativeMultiplication des simulations et contenus artificiels
TravailRisque d’expropriation cognitive
Réseaux sociauxCaptation des comportements humains
Capitalisme numériqueExploitation de l’intelligence collective
IA et penséeIllusion d’une machine consciente
SociétéDépendance croissante aux algorithmes

Les “perroquets stochastiques” et l’illusion de l’intelligence

L’un des concepts évoqués dans le livre est celui des :

“Perroquets stochastiques”.

Cette expression devenue célèbre dans les débats sur l’IA décrit les modèles génératifs comme ChatGPT.

L’idée est simple :
les IA ne comprennent pas réellement ce qu’elles disent.

Elles reproduisent statistiquement des structures de langage apprises à partir d’immenses bases de données.

Autrement dit :
une IA peut produire des phrases très convaincantes… sans conscience réelle.

Cette critique rejoint certaines analyses philosophiques déjà connues :

  • chambre chinoise de John Searle,
  • critique du computationnalisme,
  • ou débats autour de la conscience artificielle.

Pour Corteel, le danger principal est que les humains finissent eux-mêmes par :

  • penser comme les machines,
  • simplifier leurs raisonnements,
  • ou déléguer progressivement leur jugement.

Une critique du capitalisme cognitif

Le livre développe également une réflexion importante autour du :

Capitalisme cognitif.

Selon Corteel, les plateformes numériques exploitent désormais :

  • nos données,
  • nos comportements,
  • notre attention,
  • et même notre activité mentale.

Lorsque nous interagissons avec des IA :

  • nous générons des données,
  • nous entraînons les modèles,
  • et nous participons à l’économie algorithmique.

Cette idée rejoint certaines critiques contemporaines des Big Tech.

Le problème ne serait donc pas uniquement :

  • technologique,
  • ou philosophique,

mais aussi :

  • économique,
  • politique,
  • et social.

Pourquoi le livre fascine autant

Ni Dieu ni IA se distingue des essais classiques sur l’intelligence artificielle.

Le livre mélange :

  • philosophie,
  • paradoxes,
  • culture scientifique,
  • littérature,
  • et critique sociale.

Corteel mobilise notamment :

  • Borges,
  • Beckett,
  • Deleuze,
  • Hume,
  • ou encore Alan Turing.

L’ouvrage alterne entre :

  • analyses philosophiques,
  • expériences de pensée,
  • réflexions politiques,
  • et scénarios parfois vertigineux.

Cette approche explique pourquoi le livre divise autant :
certains lecteurs le considèrent brillant, d’autres le trouvent volontairement complexe ou déroutant.

Une réflexion importante sur notre futur numérique

Au-delà de l’intelligence artificielle, le livre pose finalement une question beaucoup plus large :

Que devient l’humanité dans un monde dominé par les algorithmes ?

Cette interrogation traverse aujourd’hui :

  • la politique,
  • l’éducation,
  • les médias,
  • le travail,
  • et les réseaux sociaux.

L’IA ne transforme pas seulement nos outils.

Elle modifie progressivement :

  • nos comportements,
  • nos relations,
  • notre attention,
  • et parfois même notre manière de penser.

C’est précisément cette transformation silencieuse que Mathieu Corteel cherche à rendre visible.

Pourquoi Ni Dieu ni IA mérite d’être lu

Ni Dieu ni IA n’est pas un livre anti-technologie.

Mathieu Corteel ne cherche pas à diaboliser l’intelligence artificielle.

Son objectif est plutôt :

  • de questionner notre fascination collective,
  • de déconstruire certains mythes technologiques,
  • et de rappeler que les humains restent responsables des systèmes qu’ils créent.

L’ouvrage propose une réflexion profonde sur :

  • le pouvoir des algorithmes,
  • la délégation cognitive,
  • la dépendance numérique,
  • et la place de l’humain dans le capitalisme technologique contemporain.

Dans un monde où l’IA devient omniprésente, cette approche sceptique apparaît plus pertinente que jamais.

FAQ — Ni Dieu ni IA

Qui est Mathieu Corteel ?

Mathieu Corteel est philosophe et historien des sciences. Il travaille sur la philosophie de l’IA, les statistiques et les transformations du capitalisme numérique.

De quoi parle le livre Ni Dieu ni IA ?

Le livre critique notre fascination pour l’intelligence artificielle et analyse les conséquences sociales, politiques et philosophiques des technologies algorithmiques.

Pourquoi le livre s’appelle-t-il Ni Dieu ni IA ?

Le titre critique l’idée selon laquelle l’intelligence artificielle deviendrait une forme de croyance ou de solution absolue capable de remplacer certaines capacités humaines.

Que signifie “perroquet stochastique” ?

Cette expression désigne les IA génératives capables de produire du langage sans comprendre réellement le sens de leurs réponses.

Le livre est-il contre l’intelligence artificielle ?

Non. Mathieu Corteel adopte une approche critique et sceptique, mais il ne rejette pas totalement les technologies d’IA.

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