Haine d’autrui: tous coupables ?

Selon un enseignement talmudique bien connu, le Deuxième Temple fut détruit notamment par la faute de la «  gratuite » (שנאת חינם)[1]. A quelques jours de Ticha Be’av, je voudrais proposer ici une nouvelle compréhension de ce concept traditionnel; pour cela, j’associerai certains enseignements des Sages de la Torah avec des découvertes récentes d’une discipline académique fascinante: la sociale. A mon sens, ce dialogue mutuel entre Torah et , qui pour l’instant reste encore largement à amorcer, recèle un potentiel exceptionnellement fécond pour les deux disciplines.

Mauvaise surprise: nous sommes tous beaucoup plus racistes, intolérants et misogynes que nous ne sommes généralement prêts à l’admettre. Même ceux d’entre nous qui professent, en parfaite sincérité, un discours ouvertement antiraciste et inclusif, manifestent le plus souvent au quotidien des pratiques inconscientes de discrimination vis-à-vis de certaines catégories de personnes, parce qu’elles sont d’une autre couleur de peau, d’un autre sexe ou d’une autre religion.

Une telle découverte a de quoi déranger les consciences bienpensantes: selon les scientifiques, la haine gratuite d’autrui, quand bien même nous la bannissons fermement de la partie consciente de notre cerveau, se tapit encore le plus souvent dans les replis secrets de notre inconscient[2].

Ainsi, lors d’entretiens d’embauche simulés, des cobayes blancs (qui jurent pourtant ne pas être racistes) discriminent largement en faveur des candidats blancs au détriment des candidats noirs. De même, des études montrent qu’une victime d’un attentat ou d’un crime a plus de chances d’être secourue si elle est blanche que noire ; par ailleurs, dans les hôpitaux, les malades noirs accèdent à une qualité de soins inférieure, quand bien même les médecins affirment ne faire aucune différence entre les malades dont ils s’occupent. Et ainsi de suite.

Pour ceux qui sont intéressés à tester leurs propres préférences sociales, l’Université de Harvard propose un site Internet (avec version francophone) permettant de vérifier les « associations implicites » liées à différents paramètres tels qu’origine (maghrébin ou français ?), genre, couleur de peau, etc. Voyez ici : https://implicit.harvard.edu/implicit/france/takeatest.html

L’origine de ce racisme inconscient serait inscrite, selon les scientifiques, dans l’évolution de l’espèce humaine et dans la nécessité ancestrale de réagir rapidement à une situation potentiellement dangereuse: la rencontre avec un étranger. Ami ou ennemi ? Quelle décision prendre, quand les informations sont insuffisantes et que le temps manque ?

Il existe ainsi, chez tous les individus, une inclination naturelle à favoriser le groupe social auquel l’on appartient (endogroupe) par rapport aux autres (exogroupes). Sous cet angle, la discrimination d’autrui apparaît comme la tentation de privilégier instinctivement les gens auxquels on s’identifie sur un plan personnel. En réaction, les membres des autres groupes sont alors perçus, dans une logique perverse de justification a posteriori, comme des êtres humains de deuxième catégorie: ils seraient moins intelligents, moins susceptibles de nourrir des émotions complexes comme l’, la honte, la gêne, etc. Bref: les autres seraient moins humains, ce qui justifierait de facto qu’ils reçoivent un traitement de seconde catégorie. L’infrahumanisation inconsciente d’autrui est une conséquence naturelle de l’auto-identification à un groupe social.

Des recherches en neuroimagerie menées sur le cerveau ont ainsi démontré que l’étranger, perçu comme moins humain, suscite moins d’empathie que les membres appartenant au même groupe social que le sujet testé. Sans provoquer la moindre prise de conscience chez le sujet, lequel clame haut et fort ne pas être intolérant envers les autres.

Alors, tous racistes ? Faut-il conclure que le racisme, la misogynie et les autres formes de la haine d’autrui sont inévitables ? Certainement pas. Tout d’abord, parce que le simple fait de prendre conscience de la réalité humaine décrite ci-dessus permet de lutter pour s’en affranchir. Mais aussi parce que nous pouvons ici réaliser une jonction particulièrement prometteuse avec la pensée juive traditionnelle, laquelle possède toute une panoplie « d’outils spirituels » dont le but est d’aider au perfectionnement moral de l’être humain.

Je voudrais en donner ici deux exemples significatifs. Premièrement, les grands Maîtres du , une école de pensée éthique ayant pris son essor dans la Lituanie du 19eme siècle, insistaient fortement sur l’idée qu’une adhésion purement théorique aux bonnes Middot (qualités humaines) est très insuffisant, et qu’un entraînement pratique et concret est également nécessaire si l’on veut que l’être humain perfectionne sa personnalité en internalisant des traits de caractère positifs (générosité, compassion, amour du prochain, etc.).

Le Rav Eliyahou Lopian (1876-1970) affirmait ainsi: « La tête de l’homme et son cœur sont comme deux personnes différentes. La tête pense tout savoir et tout comprendre ; mais le cœur fait en fonction de ce qu’il ressent et de ses envies ». Il définissait par ailleurs le Moussar comme l’art de déplacer une idée sur la longueur d’une « amah » (coudée): de la tête au cœur[3]. Paradoxalement, parcourir cette distance apparemment faible peut se révéler parfois bien difficile.

On sait par ailleurs que le fondateur du Moussar, le rav Israël Lipkin Salanter (1810-1883), qui connaissait les travaux des prédécesseurs de Sigmund Freud, a décrit le subconscient quelques années avant que le concept ne soit popularisé par le célèbre médecin autrichien[4].

Ce premier concept tiré du Moussar permet d’appuyer, dans des catégories juives traditionnelles, le concept d’une haine gratuite produite au quotidien par l’inconscient humain, et d’entreprendre un premier effort pour son éradication.

Le deuxième exemple est celui du célébrissime verset וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ אֲנִי ה’ (“tu aimeras ton prochain comme toi-même – je suis l’Eternel”)[5]. Les commentateurs ultérieurs distinguent entre deux manières d’accomplir cette mitsva.

Pour de nombreuses autorités, dont le Ramban[6] et d’autres, il est quasiment impossible pour un être humain d’étendre à autrui l’amour qu’il porte à sa propre petite personne. Le verset de la Torah ne commande donc pas tant un état émotionnel qu’un comportement pratique: il faut interagir avec autrui comme si on l’aimait autant que soi-même. Dans la même ligne de pensée, l’auteur du « HaKtav ve-haKabbalah »[7] établit une liste d’actions démontrant extérieurement l’amour d’autrui: lui parler franchement et éviter toute hypocrisie ; le traiter avec respect ; s’enquérir de sa santé ; participer à ses chagrins ; etc. En termes psychologiques, on parlerait sans doute ici d’une approche comportementaliste de la mitsva, dans laquelle l’extérieur influence l’intérieur[8].

Mais d’autres commentateurs se révèlent plus ambitieux et affirment la possibilité pour l’individu d’en imposer à ses propres sentiments au point de porter à autrui le même amour qu’à soi-même. L’amour du prochain, enseignait ainsi R. Nathan Tsvi Finkel[9], doit être aussi instinctif et gratuit que l’amour que l’on se porte à soi-même. De nombreux enseignements ‘hassidiques soulignent également cette même idée.

Selon un auteur allemand, R. David Tsvi Hoffmann[10], l’amour d’autrui trouve sa source dans les derniers mots du verset cité ci-dessus (« Je suis l’Eternel »): Dieu, Créateur du Monde, réclame de l’humanité qu’elle perçoive la profonde unité qui la sous-tend toute entière (juifs et non-juifs); selon lui, cette unité s’exprime par une éthique universelle[11] dont l’origine est divine. Dans cette deuxième approche, le combat contre la haine d’autrui se mène avant tout sur le champ de bataille de la cognition.

La liste n’est pas exhaustive mais le message est clair : les leçons développées par les Maîtres de la Torah, utilisées à la lumière de ce que la Science nous révèle de la nature humaine, sont à même de nous permettre d’atteindre une nouvelle dimension dans la lutte contre la haine gratuite d’autrui. Et je voudrais soutenir ici que chacune de ces deux disciplines, prise indépendamment, va moins loin que la conjonction des deux.

Torah et Science, afin d’atteindre, espérons-le, un niveau plus élevé de אהבת חינם – un amour gratuit basé sur la simple constatation d’une humanité partagée. De quoi, peut-être, mériter d’assister à la reconstruction du Troisième Temple ?

 

 

Notes:

[1] Cf. Yoma 9b. Mais d’autres enseignements, éparpillés sur l’ensemble du corpus talmudique, donnent une foule d’autres raisons possibles. Pour un résumé général, voir le lien suivant:

https://www.ou.org/torah/machshava/tzarich-iyun/tzarich_iyun_destruction_of_the_beit_hamikdash/

[2] La revue Science et Vie a notamment consacré un article à ce sujet dans son numéro de juin 2015 (p. 38-41).

[3] Lev Eliyahou, ‘helek 1 vol. 2 maamarim 34-35.

[4] Voir à ce sujet: ענואל אטקס, ר’ ישראל סלנטר וראשיתה של תנועת המוסר, ירושלים, מאגנס, תשמ »ב, עמ’ 335-326.

[5] Vayikra 19:18b.

[6] פירוש הרמב »ן על המקום.

[7] R. Yaakov Tsvi Mecklenburg, 1785 – 1865; ad loc.

[8] Une technique parfois recommandée en thérapie: https://en.wikipedia.org/wiki/Fake_it_till_you_make_it

[9] Le fameux “Alter de Slobodka” (1849-1927) ; voir son livre Or HaTsafoun.

[10] Directeur du séminaire rabbinique de Berlin et auteur des chou”t Melamed Leho’il (1843-1921) ; voir son commentaire sur le Sefer Vayikra.

[11] Pensait-il à la reprise du verset du Lévitique dans l’Evangile selon Saint Matthieu (19:19 et 22:39) ?

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8 thoughts on “Haine d’autrui: tous coupables ?

  1. Très intéressant, et je suis tout à fait d'accord avec cette approche. Finalement cette opposition entre le coeur et la raison qui explique les tensions intérieures de chacun d'entre nous n'est -elle pas une autre manière de parler de l'opposition entre le conscient et l'inconscient? Dans cette optique, l'approche comportementaliste, me parait nettement insuffisante, elle ne traite pas le problème au fond, elle permet de se sortir de façon conjoncturelle d'une situation,mais ne traite pas le fond du problème, c est à dire ce "coeur" ou cet inconscient qui nous conduit à la haine d'autrui. Seule la connaissance de soi peut nous aider à progresser dans le fond me semble t-il. Avez vous aussi des sources dans notre tradition qui vont dans ce sens…

  2. Bravo Emmanuel pour ce très intéressant billet.
    Juste quelques remarques complémentaires.

    1/ S'il y a des recherches surla méfiance, la non-collaboration "inconsciente" avec les exogroupes comme tu le soulignes, il existe aussi un champ de recherches sur nos capacités et nos tendances à la collaboration et l'altruisme, y compris d'un point de vue évolutionniste. Darwin est souvent caricaturé avec le "struggle for life", mais il a aussi parlé de la coopération comme d'un mécanisme favorable pour l'évolution… Les neurosciences mettent également en valeur ce qu'il en est en termes de bienveillance dans notre cerveau.
    Souvent moins mises en valeur, les études sur l'altruisme ont pourtant…de la valeur ! Je conseille à tous les intéressés par la notion d'altruisme l'excellent livre de Mathieu Ricard "Plaidoyer pour l'altruisme", un ouvrage majeur et une revue incroyable de la littérature sur le sujet dans des domaines aussi variés que la psychologie, les neurosciences, l'écologie, l'économie etc.

    2/Il me semble bien que dans la question du temple il est particulièrement question de la haine au sein d'un endogroupe…et pas de "racisme"… (Pour autant, c'est sympa a posteriori de l'étendre à la notion d'humanité, et je ne doute pas de l'universalisme de la Torah hein! ) La Torah et le Talmud ne manquent pas de demander de l'unité du peuple. Cela me rappelle le magnifique Midrash qui dit (dans mes souvenirs) que Dieu ne "pouvait pas" (Kav Yakhol) détruire le monde pour la tour de Bavel (par opposition au déluge), car à Bavel, les hommes étaient unis, tandis que dor ha maboul étaient "méchants".
    Bref, pour éclairer peut-être cette idée du côté psy, il y a des études, aussi fascinantes qu'effrayantes, qui montrent par exemple qu'aux urgences, pour un même problème (je me rappelle d'une étude australienne c'était pour des infarctus), un patient (et sans rapport avec l'ethnie) atteint de schizophrénie reçoit moins de soins qu'un non malade psychique…
    Il y a donc de la réticence en endogroupe aussi…quand on est pas pareil, quand on a l'air bizarre, quand on pense différemment.
    On a ainsi en mémoire des discussions talmudiques qui en venaient quasiment (ou réellement) aux mains pour des décisions halakhiques. Pas besoin d'insister pour trouver des parallèles avec le(s) judaïsme(s) actuel(s).

    3/Mon maître le Rav Guy Spingarn m'a plus d'une fois souligné que la phrase est bien "véahavta LÉréakha kamokha" et non pas "véahavta ÈT réakha kamokha". C'est donc "tu aimeras "pour" ton prochain comme (pour) toi même". On ne peut pas "aimer" tout le monde, mais on peut vouloir pour l'autre ce que l'on voudrait pour soi.
    Mon interprétation personnelle de cette remarque est
    -premièrement, qu'il y a là un lien avec l'altruisme (encore une fois cf Ricard). L'altruisme n'est pas l'empathie. L'empathie serait "ressentir un peu" la souffrance de l'autre. Je ne peux pas forcer mes émotions à ressentir. L'empathie est une capacité extraordinaire de notre cerveau de "saisir" le mouvement, l'émotion ou même la souffrance de l'autre. Mais l'altruisme est son pendant cognitif. Il est en lien avec la perception d'un besoin chez l'autre, et associé à une motivation d'intervenir de façon bienveillante. Pour le Dalaï-Lama, le "besoin ultime" est celui de moins souffrir. C'est la perception de ce besoin qui nous relie à toute l'humanité car c'est une des seules choses que nous avons en commun: le souhait de nous éloigner de la souffrance. La perception consciente de ce besoin chez l'autre (le Dalaï Lama, dans son monde, conseillerait la méditation pour cela !) nous donne une motivation. L'empathie c'est "je sens ce qu'il ressent", l'altruisme c'est "je sais qu'il ressent".
    -deuxièement la remarque me paraît constructionniste: c'est à dire, au niveau psychothérapie, que ce sont nos comportements qui déterminent nos états mentaux, bien plus que l'inverse. Par exemple, beaucoup de patients peuvent penser "lorsque j'irai mieux, je ferai cela", mais une thérapie peut les amener à constater que c'est bien "quand ils feront cela" que ce sera un signe, autant qu'une étape, d'un mieux.

    4/Je partage entièrement l'idée que les disciplines s'enrichissent mutuellement et se complètent, car elles n'ont pas le même horizon. La psychologie ne porte pas en elle-même sa propre éthique il me semble, et ceci est encore plus vrai sur la psychologie dans son sens individuel voire thérapeutique. Juste pour dire peut-être un peu autrement la même chose que toi sur la question de l'inévitable ou non du racisme et de la mysoginie.

    Pour prendre un exemple que je cite dans mon bouquin, supposons un couple chez un thérapeute:
    -je souffre parce qu'il me frappe !
    -je la frappe parce qu'elle me trompe !
    -je le trompe parce qu'il boit !
    -je bois parce qu'elle m'insulte et me rabaisse !
    -je l'insulte parce qu'il (etc.)

    Nous sommes évidemment ici dans un problème interactionnel, dans un "tennis relationnel" ou les deux protagonistes ont à coeur (puisqu'ils sont chez le thérapeute) et du travail pour changer quelque chose à la relation. Le fait que chacun ait sa part de responsabilité dans ce qui leur arrive est fondamental pour permettre d’agir en thérapie, de garder une part de liberté. Mais cela n’enlève rien au caractère intrinsèquement condamnable de la violence et ne peut constituer une excuse valable. La « lecture » psycho d’une situation n’est ni un jugement moral, ni une vérité universelle mais une hypothèse de travail.
    (ou autre exemple en lien avec ma pratique (un peu "spéialisée" sur la question des violences sexuelles), un agresseur sexuel peut avoir été une victime, c'est souvent le cas et ce fait important permet un angle de travail pour l'aider à quitter ses pulsions sordides et à ne plus recommencer (ça c'est pour la psychologie). Mais le fait qu'il y ait là de la souffrance, ne constitue ni une excuse ni une atténuation de sa responabilité face à la souffrance d'une victime et l'illégalité de son acte.)

    Tout cela pour dire qu'on pourrait dire (certains le disent) que ces croyances (mysoginie, racisme, violence…) ne sont pas « que » construites, qu’on pourrait, pour ceux qui le voudraient, justifier d’un déterminisme ontologique, car après tout, me dirait-on, la domination des forts sur les faibles, des mâles sur les femelles, etc. existe même chez les animaux ! (qui pratiquent le meurtre, la guerre, l'esclavage, le viol punitif, l'infanticide etc. voir les ouvrages de D. Desor sur la question), la nature pulsionnelle du mâle qui sert retrospectivement à justifier certaines choses etc., et quand bien même on dirait que ces éléments n’ont été que rationalisés par le langage et le social dans un second temps, mais correspondent à « une sorte de nature au départ » ; cela ne peut encore une fois « servir d’excuse ». L’observation des humains montre qu’il est possible de moduler ces principes. L’Homme en a la capacité, contrairement aux animaux justement, chez qui ce comportement est « permanent », « naturel » et correspond à un instinct de lutte pour la survie ou d’adaptation à l’environnement. Ainsi, et dans tous les cas, rien ne doit être enlevé à la possibilité (voire même au devoir moral) d’échapper à certains discours fatalistes qui nous assignent. Bien sûr l’aspect moral, social ou politique, n’est pas dans le rôle du psy-soignant ; mais l’influence du discours de l’entourage (notamment social) est bien réel et il convient donc de ne pas méconnaître ce phénomène, et je deviens donc ici assez "fan" de psychologie sociale.

    Bref, je m'excuse pour la longueur de ce commentaire (et encore je me suis réfréné!), mais il est vrai qu'on touche là à des questions fascinantes.
    'Erev tov !

  3. Je pense que c'est le défi fondamental de l'humanité abattre les haines et entrer dans une bienveillance mutuel. je reviendrais pour lire ce billet a cette heure ci je ne suis pas assez inteligeant pour tout comprendre 🙂

  4. Chere Janick,

    Merci de votre commentaire. Oui, il existe des sources allant dans le sens que vous mentionnez. Dans le billet, je mentionne rapidement quelques idees des Maitres du Moussar, et je fais reference a des enseignements hassidiques. Si le sujet vous interesse, parlons-en, je pense que vous serez peut-etre interessee a decouvrir les enseignements de la 'hassidout de Kotzk, qui prone la valeur de Emeth (verite) sous toutes ses facettes. Et, en particulier, la connaissance de soi-meme comme base de l'experience religieuse. Amities.

    1. Bonjour Rivka,

      Merci de ce commentaire. La mitsva des tefillin, comme toute autre mitsva, a recu un grand nombre d’explications. L’une d’entre elles est proche de ce que vous notez: les deux tefillin seraient la pour montrer que soumettons aussi bien notre esprit (tefillin chel roch) que nos actions (tefillin chel yad) au Createur de l’Univers.

      Je ne me souviens pas d’une source qui relie la tefillin chel yad au coeur (meme s’il est exact qu’il faut incliner la tefilin vers le coeur quand on l’appose); si vous en avez une, je serais tres heureux que vous donniez la reference.

      De maniere generale, la distinction entre la raison (tete) et les emotions (coeur) est tres ancienne. D’autres aspects de la personnalite humaine etaient associes a d’autres organes, comme le « conseil », lie aux reins dans de nombreux versets et sources talmudiques.

      Mais les emotions, ce n’est encore pas la meme chose que le subconscient. La grande idee du subconscient est que notre raison n’est jamais completement maitresse de notre comportement. Une telle idee n’apparait pour la premiere fois qu’au 19eme siecle chez le rav Salanter. Elle detruit d’un coup tout un pan de la philosophie medievale. Le Rambam ne l’aurait pas beaucoup aimee…

  5. Merci pour cet excellent article , tout en pondération et nuances .
    je serais très interéssé par des articles sur la Hassidout de Kotsk , avec cette recherche de la vérité et de la connaissance de soi ; je pense que ça interésserait beaucoup d’autres personnes sur le blog.
    A bientôt peut être sur ce sujet , et tsom kal si c’est encore le cas

    1. Merci de votre commentaire et heureux que le post vous ait plu. J’ai un ou deux autres billets deja prevus, mais je peux reflechir apres cela a faire quelque chose sur la hassidout de kotzk. Je vais reflechir pour trouver un angle qui corresponde aux thematiques du blog…

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